Nice : Sarkozy enfonce le clou « républicain »

Lors de son show niçois dans le cadre de la promotion de Christian Estrosi à Nice, Nicolas Sarkozy a réaffirmé sa volonté de baptiser l’UMP « les Républicains ». Il a même ajouté « Les socialistes sont d’abord socialistes et ensuite républicains. Nous, nous sommes républicains avant d’être gaullistes, libéraux et centristes » et puis dans le cadre de son stand up (nouvelle méthode de communication inspirée du café-théâtre américain, version one man show) il rajoute : « Ce mot, république, j’ai vu que ça ne plaisait pas à la gauche. (…) Va peut-être falloir qu’ils s’habituent », puis ensuite, toujours destiné aux socialistes : « Quand ça fait mal, ils ne devraient pas crier si fort. » (Le tout accentué par un haussement d‘épaule et un sourire narquois).

Pour résumer la France n’est plus une république, mais un état abstrait, sans structure politique, où apparaissent deux partis, qui eux seuls sont républicains, l’UMP et l’UDI. A signaler au passage que les deux risquent, du fait de porter le même nom, de fusionner à nouveau, Borloo étant parti s’occuper de l’Afrique, et madame Yade ne sachant plus où aller.

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Le centre se limite donc à François Bayrou qui, au sujet de ce nouveau titre de la droite, a déclaré : « « Vouloir s’arroger le nom de Républicains, pour un parti, c’est étrange. Il n’y aurait de républicains que dans ce parti-là ? » C’est effectivement tout le problème. Les seuls UMP et UDI se considérant comme républicains et n’étant pas majoritaires dans le pays, ils excluent de la république tous les autres, de l’extrême-gauche aux franges du Front national. Même Alain Juppé s’étonne laissant ses lieutenants déclarer dans Libération : « Les Républicains ? C’est un choix très curieux, et très contestable. A l’UMP, nous sommes des républicains, sans aucun doute. Mais je ne considère pas que nous soyons “les Républicains”. Il me semble qu’un grand nombre d’élus et d’électeurs d’autres partis le sont tout autant. »

Mais Nicolas Sarkozy a deux objectifs : le premier faire oublier la dette de l’UMP, en particulier l’affaire Bygmalion, dont il n’avait jamais entendu parlé, et coller à une idéologie très à droite, à l’image des républicains américains. Il ne faut pas oublier qu’avant 2007, Nicolas Sarkozy a été formé en communication politique, ce qui lui a permis de gagner les élections, par les conseillers de Georges Bush aux USA. Le passage très marqué de Patrick Buisson l’a ancré encore plus dans cette droite extrême et populiste.

En attendant, selon un sondage récent de la société Odoxa, 66% des français n’apprécient pas le changement de nom de l’UMP. Décidément, mis à part les fans inconditionnels et les politiques qui par intérêt ou obligation soutiennent l’ancien président, le retour de Nicolas Sarkozy est une succession de mauvaises bonnes idées. Mais après tout, comme il l’avait déclaré « Mais enfin, si ça vous fait plaisir, franchement, ça coûte pas très cher ». Le problème est que cela ne semble pas faire plaisir à la majorité des français.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

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