Il n’est pas toujours simple d’évoquer les dettes respectives de la ville de Nice et de la métropole Nice-Côte d’Azur. Les seules informations viennent en général des opposants à Christian Estrosi qui siègent dans ces instances et qui votent les budgets. Elles sont en général reprises par la presse. Mais en cette vieille de campagne électorale municipale, elles sont devenues un argument de poids pour les opposants au président-député-maire qui a donc décidé de poursuivre en diffamation ceux qui divulguent les dites informations. Son communiqué est sans appel :
« Ceux qui propagent de fausses informations sur les finances et la dette de la Ville de Nice et de la Métropole Nice Côte d’Azur se rendent coupables de diffamation. En disant cela, ils portent préjudice à Nice, à la Métropole et à l’Etat qui valident ces comptes.
Comme je l’ai annoncé lors de ma conférence de presse du mercredi 23 octobre dernier sur la fiscalité locale, je réaffirme ma volonté de poursuivre à titre personnel les auteurs de ces affirmations mensongères dont les identités ne semblent plus faire de doute.
Par ailleurs, je convoquerai le 15 novembre 2013 un Conseil municipal extraordinaire avec un seul sujet à l’ordre du jour. Je demanderai aux élus, comme la loi l’exige, de m’autoriser au nom de la Ville d’ester en justice contre tous les auteurs qui ont ou divulgueront de fausses informations à ce sujet. »
Que vont faire les opposants ?
Si cette mesure est votée, et elle le sera, des supports comme le Ficanas s’engagent à ne plus publier d’informations sur les finances et la dette. Mais le problème sera les opposants au maire, en campagne électorale, qui eux aussi seront en permanence sous le couperet de la plainte judiciaire du premier magistrat de la ville. Que vont-ils pouvoir dire pour argumenter leurs propos ? Le montant de la dette est d’ailleurs le principal argument de nombre d’entre eux.
Les ragots vont fuser.
Personne n’a véritablement les moyens de salarier des experts pour analyser les comptes de la ville et de la métropole. Le pari de Christian Estrosi est donc de se dire que personne n’aura les moyens de s’offrir les services d’avocats pour se défendre auprès d’un tribunal, tout au moins d’ici les élections de mars prochain. Ce black-out risque par contre d’avoir d’autres conséquences : lorsque rien n’est publiable, tout est dit. Ce sont donc les ragots, les exagérations, les billevesées et les potins qui vont prendre la place des informations. Et Nice, comme toute ville méditerranéenne est friande de ce genre de choses.
Pas de réponse du maire ?
En réalité, le plus simple, quand un maire juge fausse une information émise concernant les finances serait de réclamer un droit de réponse. Cela se faisait lors de la précédente municipalité et les supports publiaient la réponse systématiquement. Ce fut le cas du Ficanas, lors de son premier numéro, au sujet des finances de la ville justement, qui avait publié la réponse de Jacques Peyrat.
De la publicité.
En réalité, les supports qui seront attaqués vont profiter d’une certaine notoriété qu’ils n’espéraient pas. Bien sûr ils seront attaqués légalement et en silence car une procédure en diffamation prend son temps, mais ils risquent également d’en bénéficier et d’alimenter de ce fait les ragots évoqués ci-dessus. L’information risque de devenir souterraine et anonyme, comme au temps de l’Etat français, ou muselée comme au temps de Napoléon III.
Christian Gallo - © Le Ficanas ®