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Billet de blog 27 janv. 2016

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Juppé ratisse large mais le passé va revenir

En ce mois de janvier toute la droite fait sa rentrée. Copé sur un divan, Sarkozy et ses mea culpa et Juppé et son bouquin.

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Et c’est le livre de Juppé qui dérange le plus ; « Pour un Etat fort » propose des mesures que l’Elysée pourrait s’approprier : refus de l’immigration zéro, sanctions contre les sites du djihad, passer un pacte avec les musulmans pour former les imams. Du coup François Bayrou confirme son soutien. Et c’est là que François Hollande commence à se poser des questions : en effet, pour 2017, il compte beaucoup sur l’électorat du centre droit qui le rejoindrait face à Marine Le Pen.

baziz-chibane-sipa © Baziz Chibane SIPA

Mais on ne se retrouve pas au second tour de la présidentielle avec les seules voix du centre. Il faut bien récupérer la droite et même la droite populiste plus proche de l’ancien président. Et là le bouquin apporte des arguments qui vont gêner Nicolas Sarkozy : fixer des quotas d’immigration, rétablir les peines planchers, légaliser la rétention des familles des clandestins et même imposer une durée de séjour aux parents étrangers ayant des enfants nés en France.

Pendant ce temps-là François Hollande a passé son temps à faire des hommages et à proposer sa fameuse déchéance de nationalité. Par ailleurs il essaye de se débarrasser de ces bruits de primaires à gauche.

Alain Juppé flotte très haut dans les sondages et on lui rappelle sans cesse que c’était le cas d’Edouard Balladur alors que Chirac ne grimpait pas. On est loin en effet de la campagne présidentielle et Juppé travaille pour les primaires avant tout. Mais plus il cherche à séduire la droite, plus il risque de perdre de l’électorat centriste. Et puis ses opposants n’ont pas encore sorti les banderilles, mis à part celle de son âge.

Ce qui va le gêner :

De Gaulle avait 68 ans quand il devient président de la République, Alain Juppé en a trois de plus et il promet de ne faire qu’un seul mandat. Mais certains évènements de son passé ne manqueront pas de lui être reprochés. Il soutiendra le « oui » au référendum sur Maastricht ; il cumulera les postes de Premier ministre, maire de Bordeaux et président du RPR ; il virera huit des douze femmes de son gouvernement, les fameuses « jupettes » ; les mouvements de grève de novembre et décembre 1995 sur la défense des acquis sociaux lui seront reprochés ; son gouvernement, alors soutenu par une majorité écrasante, acceptera une dissolution de l’Assemblée nationale qui ouvrira la porte aux socialistes.

En outre deux affaires judiciaires entachent son parcours. Il donne l’ordre aux services de diminuer le loyer de son fils Laurent, logé dans un appartement de la ville de Paris. La prise illégale d’intérêt est alors établie. Mais c’est surtout l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris où il est condamné à 14 mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité. On dit qu’il protégeait Jacques Chirac, mais ce dernier sera condamné à son tour à deux ans de prison avec sursis.

« Le meilleur d’entre nous » n’est qu’au début de son parcours. Mais ses rencontres permanentes à travers la France, méthode qu’avait appliqué François Hollande pendant près de trois ans avant d’être élu, se trouvent contrebalancées par Nicolas Sarkozy qui applique les mêmes. Il est devenu malgré tout le candidat préféré des français dans les sondages, mais les sondages vont-ils tenir leurs promesses ?

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

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