Ça sent pas bon chez Renault-Nissan et ça coûte cher !

Il existe à Amsterdam une entreprise, RNBV, une société néerlandaise bien discrète, qui chapeaute Renault, Nissan et Mitsubishi, le tout dirigé par Carlos Ghosn qui entre et sort de prison à Tokyo en ce moment. Ce serait cette société qui a réglé 10,9 millions d’euros de dépenses personnelles pour le PDG. Mais comment dépenser une telle somme ? 

En 2018, le couple Ghosn a invité huit couples au carnaval de Rio ; coût : 210.000 euros. Le 9 mars 2014 on fait à Versailles une soirée pour fêter les quinze ans de l’Alliance Renault-Nissan avec un dîner mis en œuvre par l’incontournable Alain Ducasse. Cet anniversaire coïncidait avec les 60 ans du patron et il fallait 160 invités, hommes de pouvoir. Coût : 636.000 euros. De 2015 à 2018 il faut être vu avec des amis au festival international du film de Cannes : coût : 1.716.000 euros puisque l’on couche à l’Eden Roc. L’Express révèle que pour se rendre à toutes ces manifestations il a fallu dépenser 5 millions d’euros en jet privé.

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Du coup un audit est en cours et, petit à petit, on constate que la société RNBV dirige bien les montages très opaques créés au profit de Carlos Ghosn. En outre elle a fait bénéficier de ses largesses des consultants : 22 millions en 2015, 19 en 2016, c’est orgiaque. Parmi ceux-là il y en a deux que l’on voit régulièrement sur les plateaux de télévision. Rachida Dati qui a perçu 600.000 euros en tant qu’avocate en 2009 et on ne sait pas pour quelle affaire. Et puis il y a Alain Bauer, conseiller des présidents de la République, ancien grand maître du Grand Orient, conseiller de dizaines de sociétés du CAC 40. On le connait surtout car il apparait comme un spécialiste dans les émissions de télévision. Chaque année Alain Bauer reçoit 200.000 euros. Puis il ne faut pas oublier Claudine Bichara de Oliveira, la sœur de Carlos lui-même ; elle serait chargée, au départ de sa résidence brésilienne, de conseiller le PDG sur les donations du groupe. Elle aurait perçu pour cela, selon la presse nippone, 1,7 millions dollars.

On comprend la timidité du président et du gouvernement français à intervenir pour le PDG au Japon. On a l’impression d’effeuiller un artichaut pourri et à chaque feuille cela sent de plus en plus mauvais. Au fait, ils en pensent quoi les syndicats de Renault ? On ne les entend pas beaucoup…

Christian Gallo - © Le FIcanas ®

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