Nice : il faut raser la villa Paradisio

Patrick Allemand, conseiller municipal d’opposition, s’oppose à la vente par la Ville de la villa Paradisio, ex conservatoire de musique de Nice. Il veut « sauver la villa Paradiso d’acheteurs peu scrupuleux de son histoire et de son architecture. » La Ville vend la villa et son jardin 7,8 millions d’euros. 

paradisio

Esthétiquement ce n’est pas un chef-d’œuvre, c’est même kitch. La DRAC va vérifier si ce bâtiment a une valeur patrimoniale. Mis à part que ce fut un conservatoire, c’est un parallélépipède peint en blanc avec un escalier peu pratique et un immense jardin. Mais la vue sur Nice et la mer est très belle. Un acquéreur va s’empresser de raser tout cela, jardin compris pour pouvoir construire au raz du trottoir du boulevard de Cimiez un bel immeuble de béton et de verre avec de grandes terrasses pour bénéficier de la vue. La ville, pour prouver sa bonne volonté, pourrait d’ailleurs enlever les arbres du boulevard qui incontestablement gâchent le paysage.

Construire serait alors pourvoyeur d’emploi, et vendre augmenterait la part du revenu foncier de la métropole. On pourrait même, à l’arrière, face aux propriétés mitoyennes, construire le fameux 20% social pour le personnel de la future résidence (ça en rez-de-chaussée, à l’arrière, et pour moitié en sous-sol, et dans les étages supérieurs pour quelques amis méritants).

Cette façade arrondie, en verre réfléchissant, serait visible de la mer par les bateaux de croisières et deviendrait un repère brillant symbolisant la ville de Nice, comme le fut en son temps le Château de l’Anglais pour signifier aux marins américains où étaient les putes. En construisant au raz de la propriété on devrait pouvoir installer dans ce méga bâtiment une bonne centaine d’appartements répartis sur sept étages, ou plus si il y a une dérogation. En outre cela ferait un pendant avec le Diamant en construction actuellement sur l’avenue Thiers par l’architecte Daniel Libeskind, le spécialiste des musées juifs dans le monde (Berlin, Copenhague, San Francisco…) Il pourrait d’ailleurs construire la villa Paradisio dans le même style pastiche de Franck Gehry. N’oublions pas que ce bâtiment de l’avenue Thiers existe grâce à l’aval du deus ex machina de la ville de Nice : Jean-Jacques Aillagon.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

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