Agnès Saal, la présidente de l’Institut national de l’audiovisuel, a dépensé plus de 40.000 euros de taxis en 10 mois seulement. Cette brave femme bénéficie à son poste d’une voiture avec chauffeur, mais le week-end l’employé ne travaille pas. Alors pour ses déplacements personnels elle doit bien prendre un taxi car elle n’a pas de permis de conduire. Son fils ne doit pas l’avoir non plus car il a totalisé 6.700 euros de factures. Il va de soit que tout cela est payé par les contribuables…
Jean-Christophe Picard, le président d’Anticor, a menacé de saisir la justice si la présidente de l’INA ne démissionnait pas. Elle a donc été démissionnée par Fleur Pèlerin, la ministre de la culture ; il faut dire que juste après l’affaire Gallet à Radio France, le gouvernement n’a visiblement pas envie de se replonger dans la même situation. Agnès Saal se serait engagée à rembourser ses frais de transport…
Les dépenses des hauts fonctionnaires et des élus n’ont plus de limite. En poste ou élus ils naviguent dans un train de vie sans limite avec l’argent des impôts des français. Transports et voyages, frais de représentation, personnel, vêtements, logement, gardes du corps, tout leur est dû. L’affaire Saal n’est que la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Cette attitude de dépense de l’argent public est généralisée dans le pays. Ce n’est pas l’apanage de la gauche, la droite en a sa part : qui a oublié ce député qui dépêche son chauffeur à Paris, en avion, chaque semaine pour qu’il puisse le transbahuter à l’Assemblée nationale, et cela sur le budget de sa commune ?
Face aux 40.000 euros de Madame Saal, on a en France, selon l’INSEE, 8,8 millions de pauvres, c’est à dire des français qui gagnent moins de 997 € pour une personne seule et moins de 1.466 € pour un couple. Ce sont des citoyens, tout au moins pour une partie d’entre eux, qui ne peuvent se chauffer, recevoir des amis, avoir un logement salubre, qui ont du mal à s’alimenter, à se vêtir. Pourtant la majorité travaille… Dès que les mauvais jours arrivent, ils font la une des journaux télévisés ou, et c’est plus télégénique, quand un immeuble prend feu. Ensuite on oublie…
Face à cette pauvreté on a une Madame Saal, employée de l’Etat, qui dépense 40.000 € de taxis, tout simplement parce qu’elle n’a pas de permis de conduire et qu’elle veut se balader le week-end. Certains pensaient qu’en passant de la droite à la gauche on allait nettoyer les écuries d’Augias des privilèges : il n’en n’ait rien. Et même si demain l’extrême droite arrive au pouvoir on verra, à l’image de son président historique qui planque ses lingots chez HSBC en Suisse, qu’elle profitera du système (ils le font déjà au Parlement européen et dans certaines communes).
En France il y a très peu de travail, donc la pauvreté s’accroit, mais pis encore, ceux qui travaillent et payent des impôts doivent alimenter les frais de transport de Madame Saal. Elle n’est qu’un exemple actuellement, mais quand vous voyez vos élus locaux passer en voiture avec leurs gardes du corps ou les voitures de certains hauts fonctionnaires arrêtées dans les stations-services où ils bénéficient d’un carburant gratuit, vous vous demandez ce que vous allez bien pouvoir mettre comme bulletin électoral dans l’urne lors des prochaines élections.
Dans la nuit du 4 août 1789, le peuple obligea les députés de la Nation à voter l’abolition des privilèges, mais c’était du temps où l’on croyait encore à la République…
Christian Gallo - © Le Ficanas ®