Et si Ciotti soutenait Estrosi ?

Hypothèse dangereuse car chaque fois qu’Eric Ciotti soutient un candidat, il perd… Mais cette fois-ci les résultats sont sans appel, les Alpes-Maritimes sont à l’extrême-droite. Déjà lors de dernières élections présidentielles la majorité des habitants des communes avaient voté en faveur de Marine Le Pen, pratiquement aucunes au premier tour en faveur d’Emmanuel Macron et nombreuses en faveur de François Fillon. 

Mais cette élection européenne a quand même atteint profondément la droite de la ville de Nice : 

Rassemblement national (ex FN) : 28,18 %

La République en marche : 21,83 %

Europe écologie les Verts : 11,87 %

Les républicains : 11,7 %

C’est mieux qu’au niveau national, mais Nice est devenue avec Marseille l’une des deux grandes villes de France enlevée par le Rassemblement national. Pourtant le vote de l’extrême-droite n’a pratiquement pas varié à Nice depuis 2014. C’est donc la droite qui s’est effondrée. Le problème est que les LR ont en leur sein le président du parti pour le département, Eric Ciotti, et le maire de Nice, président de la métropole, Christian Estrosi. Les meilleurs amis du monde étant devenu des ennemis irréductibles, ils risquent de faire basculer la donne politique.

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Il est évident que Christian Estrosi, malgré un flot de dépenses inouï, a un avantage, car son implantation locale est importante et bénéficie à un grand nombre d’électeurs. En outre il est très soutenu par certains médias qui n’hésitent pas à se transformer en bulletins électoraux. Mais si le RN décide d’envoyer une grosse pointure face à lui une candidature de Ciotti peut ouvrir largement la porte à l’extrême-droite. De même, Estrosi s’estime être Macron-compatible, mais le président va-t-il maintenir sa position ?

En effet on constate que l’agrandissement de la métropole niçoise à la dimension du département est partie aux calendes grecques. Manque à gagner important pour Christian Estrosi qui envisageait de diluer ses dépenses. Par ailleurs Eric Ciotti est le président de la puissante fédération des Alpes-Maritimes des LR. Puissante ? L’est-elle encore ? Mais il a toujours essayé de pousser Estrosi dans les bras de Macron en le traitant de « président officieux d’En marche ». 

Devant cette disparition de Les républicains à Nice, il y a deux autres hypothèses : Estrosi va dans le parti présidentiel et Ciotti chez les Le Pen. Utopiste ? Peut-être. Mais Nice s’est souvent satisfaite d’être dans l’opposition, sous certains maires.

Il reste donc dix mois très agités : un maire qui se représente, un député qui ne l’annonce pas et très rapidement une ribambelle de candidats. En effet, c’est l’usage, les candidats sont toujours nombreux pour siéger à la mairie. Estrosi lui-même a été élu lors des deuxièmes tours, à l’issu d’une quadrangulaire et d’une triangulaire. Il a donc intérêt à voir arriver de nombreux candidats pour être élu par une minorité. Maintenant tous deux ne doivent pas oublier que les Niçois ont toujours privilégié un candidat du cru à un parachuté (seul Peyrat n’était pas niçois). Cela devrait les rassurer. 

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

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