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Billet de blog 29 juillet 2015

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4 août : allons-nous fêter le retour des privilèges des Français?

Si on fête traditionnellement le 14 juillet, anniversaire de la prise de la Bastille, on oublie la date la plus importante de la Révolution française, la nuit du 4 août 1789. Ce soir-là, au cours de l’Assemblée constituante, on abolissait tous les droits et privilèges féodaux et également les privilèges des classes, des provinces, des villes et des corporations.

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Si on fête traditionnellement le 14 juillet, anniversaire de la prise de la Bastille, on oublie la date la plus importante de la Révolution française, la nuit du 4 août 1789. Ce soir-là, au cours de l’Assemblée constituante, on abolissait tous les droits et privilèges féodaux et également les privilèges des classes, des provinces, des villes et des corporations.

En effet au même moment tout le pays est agité car les paysans se révoltent contre les droits des seigneurs. L’Assemblée va même y rajouter les droits ecclésiastiques. Le roi sera obligé d’accorder son aval à cette décision, et le 5 octobre suivant les privilèges ont disparu.

La nuit du 4 août 1789

Plus de trois siècles plus tard, on est bien obligé de constater que ces privilèges sont revenus et qu’en réalité ce sont 60 millions de personnes qui en bénéficient. Le problème est que, s’ils sont ridicules pour certains, ils sont très rémunérateurs pour d’autres.

Le privé.

L’objectif est de débaucher chez les concurrents, et en plus de le dire pour attirer les candidats. Alors les avantages en nature, en général non imposables, pleuvent sur les recrutés malgré la surveillance de l’Urssaf. Pourtant les Français ne sont pas très bons à ce petit jeu vis à vis des entreprises étrangères nettement plus généreuses. Attention, ces avantages ne sont pas destinés aux employés de base, mais aux cadres et surtout aux dirigeants qui défraient régulièrement la presse à coup de retraites-chapeaux et d’indemnités de départ.

Le public.

Là c’est plus sensible, car il s’agit de l’argent des contribuables. Du haut en bas de la hiérarchie, et également chez les élus, les avantages règnent en maître. Des primes qui parfois doublent les salaires, des vacances, des voitures de fonction, des logements, des communications téléphoniques, du personnel même sont considérés comme des « avantages acquis » qui sont offerts aux fonctionnaires finissant par considérer cela comme un simple dû. L’ouverture au privé de certaines entreprises publiques n’a fait qu’aggraver la situation.

En fait tout le monde en abuse. Le copinage ne permet-il pas d’obtenir une place en crèche pour le gamin, un logement, un emploi ? Mais l’exemple vient de haut : le piston fonctionne à plein régime, sinon comment obtiendrait-on des permis de construire dans des zones inconstructibles, voire inondables ?

La décision du 4 août 1789 était pleine de bon sens, mais en réalité les privilèges, une fois la Révolution passée, n’ont fait que changer de mains. Aujourd’hui les ors de la République s’accumulent au sommet de l’Etat et se répartissent en onces sur la tête d’un grand nombre de citoyens. D’assainir cette situation, de revenir à une notion simple du travail-salaire, pourrait, outre une juste égalité, faire économiser des fortunes à la Nation.

Mais quel gouvernant oserait prendre une telle décision avec le risque de se mettre sur le dos la quasi-totalité de la population ? Décidément la nuit du 4 août ne sera pas commémorée une fois de plus.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

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