Sarkozy et Les républicains, sont-ils vraiment républicains ?

La République française est une démocratie. Comme toute démocratie elle est dirigée par le peuple qui est régulièrement appelé à voter pour élire ses représentants qui proposent un programme pour se faire élire. Le chef de l’Etat c’est actuellement François Hollande. Même s’il ne satisfait que 24 % des citoyens, il est élu, décide, se retrouve chef des armées et il est chargé de la politique étrangère de la France. Il est de ce fait l’image de la nation à l’étranger et cela jusqu’aux prochaines élections. Si on n’apprécie pas ses initiatives on le lui fera savoir lors de la prochaine élection présidentielle et il partira.

Mais en France, en ce moment certains ne sont pas d’accord avec lui. Le Président a clairement dit que Bachar Al-Assad doit quitter le pouvoir pour régler la crise syrienne. Mais ce n’est pas l’avis de trois députés de l’opposition qui sont partis en voyage rencontrer l’ennemi désigné par la France, Bachar Al-Assad. Véronique Besse (proche de de Villiers) a affirmé sur RMC que «La France soutient des groupes modérés – soi-disant modérés-, mais qui sont proches d’Al-Qaïda et donc proches de Daech». De son côté Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate, affirme «La situation en Syrie, c'est soit Daech soit Assad. La France n'a pas fait de choix clair dans cette alternative . Elle essaie d'inventer une tierce solution qui n'existe pas en disant il faut d'abord qu'Assad s'en aille pour qu'on fasse quelque chose. Je pense qu'il ne partira pas. Bachar al-Assad est au pouvoir, il ne le quittera pas, il n'est pas aux abois, il faut discuter avec lui.» Un troisième larron était du voyage, Xavier Breton, député Les républicains de l’Ain.

Que les députés s’expriment, c’est normal, ils le font régulièrement à l’Assemblée. Mais qu’ils aillent rencontrer l’ennemi désigné, c’est affaiblir l’image de la France dans le monde.

Vladimir Poutine et Nicolas Sarkozy, mercredi, près de Moscou. © Pool New/Reuters

Vladimir Poutine et Nicolas Sarkozy, mercredi, près de Moscou. © Pool New/Reuters

Mais le patron de Xavier Breton, un certain Nicolas Sarkozy, qui n’est ni député, ni sénateur, ni maire, mais simplement un ancien président, va en Russie rencontrer Vladimir Poutine pour dire à ce dernier qu’il est un partenaire «incontournable» pour régler le conflit syrien. Il ajoute même « «L'action de Poutine au-delà de nos désaccords, a été plus positive que négative». Il est vrai que Sarkozy aime les dictateurs. Personne n’a oublié ses rapports avec Bachar al-Assad et surtout feu Mouammar Kadhafi. Mais de là à aller soutenir l’homme qui bombarde l’opposition syrienne pour faire plaisir à al-Assad, c’est tout simplement mépriser la politique étrangère de la France.

L’ex-chef de l’Etat n’est pas parti tout seul à Moscou : il était notamment accompagné des anciens ministres Rachida Dati, aujourd’hui députée européenne, Christian Jacob, président des députés LR, Gérard Longuet, sénateur, et Pierre Lellouche, député et délégué aux affaires internationales du parti. C’est tout un gouvernement en exil qui se déplace chez le copain de Depardieu. Il devrait d’ailleurs y rester peut-être ?

En attendant, de ne pas affirmer sa solidarité avec la République, ces Les républicains là se croient déjà installés dans les salons de l’Elysée. Pendant ce temps l’armée syrienne de Bachar Al-Assad soutenue par Poutine a détruit un hôpital tuant les patients et leurs enfants.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

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