Roosevelt contre les banksters, une histoire contemporaine

Depuis un an, Hélène Desplanques travaille sur le projet de film «Roosevelt, la crise et nous», avec la complicité de Curtis Roosevelt, le petit-fils de Franklin D.Roosevelt, qui, à 82 ans poursuit le combat de son grand-père contre les banksters. Un film qui a besoin de vous.

Depuis un an, Hélène Desplanques travaille sur le projet de film «Roosevelt, la crise et nous», avec la complicité de Curtis Roosevelt, le petit-fils de Franklin D.Roosevelt, qui, à 82 ans poursuit le combat de son grand-père contre les banksters. Un film qui a besoin de vous.


 

L’un des nombreux petits-enfants de Franklin Delano Roosevelt vit dans un petit village du Gard depuis une vingtaine d’années. Ce mois-ci, Curtis, c’est son prénom, publie aux éditions Elytis la version française de ses mémoires. Une plongée dans l’atmosphère enfiévrée de la Maison Blanche où il a grandi entre la grande Dépression économique et la fin de la Deuxième Guerre mondiale…

L’intérêt majeur de ce témoignage, c’est que Curtis Roosevelt se place en héritier (humble mais militant) des positions de son grand-père… Convaincu que les affrontements des années 30 sont d’une brûlante actualité, cet «indigné» de 82 ans prend un plaisir non dissimulé à nous raconter comment le président américain menait bataille contre les «banksters», jugés responsables d’avoir plongé le pays dans la crise. On se souvient des raisins de la colère, mais moins des discours de l’hôte de la Maison Blanche, père du New Deal.

Un exemple, parmi bien d’autres. En 1936, Franklin Roosevelt s’adresse à la foule à Madison Square. « Nous avons dû lutter contre les vieux ennemis de la paix, le monopole industriel et financier, la spéculation, la banque véreuse (…) Nous savons maintenant qu'il est tout aussi dangereux d'être gouverné par l'argent organisé que par le crime organisé. Ils sont unanimes dans leur haine contre moi. Et leur haine me réjouit. »

Des propos qu’oseraient à peine tenir les plus coriaces de la gauche radicale grecque, espagnole ou française aujourd’hui. Curtis, le petit-fils Roosevelt, précise qu’ils sont le fruit de trois longues années de bras de fer contre le monde de la finance… Une guerre qui ne dit pas tout à fait son nom, mais dont les victimes sont légions. D’un côté, la masse immense des ouvriers et des paysans à la rue, sur les routes, mais de l’autre des banquiers menacés de prison et des industriels soumis à un impôt atteignant des niveaux impensables quelques années auparavant (ne parlons pas d’aujourd’hui, sourit Curtis, le petit-fils).

En ce jour de 1936 donc, Franklin Roosvelt met les point sur les i. Il est haï par l’élite… et sait pourquoi. La foule applaudit.

Curtis nous a lu un court extrait d’un autre discours de Franklin Roosevelt, histoire de nous convaincre, si besoin en était, d’aller de l’avant: « Les pratiques des financiers sans scrupules sont mises en accusation au tribunal de l'opinion publique… Ils ne connaissent que les règles d'une génération d'égoïstes. Ils n'ont pas de vision, et là où il n'y a pas de vision, le peuple périt… »

Il est des moments de l’Histoire, comme celui-ci, que l’on a envie d’exhumer. Curtis est catégorique : Franklin Roosevelt n’était pas un homme de gauche (on le savait), mais un homme de cœur, fidèle à son pays, son peuple, sa patrie… Il y a de l’émotion non feinte dans le propos. Curtis confesse son immense déception après l’élection de Barack Obama. Lui qui a repris en chœur, avec des millions d’autres citoyens américains, le désormais légendaire «yes we can», ne comprend pas pourquoi rien n’a été véritablement possible. Pourquoi un monde bancaire exsangue et au ban de la société a pu «infiltrer» la Maison Blanche et envahir à ce point tous les rouages du système politique. Il n’y avait pas de fatalité à cela, pas plus aujourd’hui que dans les années 30…

C’est pourquoi, avec la réalistarice Hélène Desplanque, il m’a semblé essentiel de faire un film… Sur le grand-père Franklin Roosevelt, avec dans le rôle du conteur d’histoire extraordinaire, Curtis, le petit-fils. Ensemble, nous avons eu envie de revisiter le passé pour mieux nous projeter dans l’avenir.

Pendant deux jours et quantité de tasses de thé, Hélène a donc pris des tonnes de notes et commence à rédiger un projet. J’ai pris mon bâton de pélerin-producteur pour tenter de trouver une chaîne de télévision qui pourrait soutenir et diffuser ce film.

Très vite d’ailleurs, des économistes se sont mis à parler du père du New Deal, des journalistes «bien informés» ont prétendu que la lecture des écrits de Franklin Roosevelt avait inspiré François Hollande (avant les élections)… Curtis rejoignait, parmi les tous premiers, «Roosevelt 2012», rencontrait Stéphane Hessel. La réalisatrice était là pour filmer l'échange entre ces deux vétérans de l’indignation permanente.

Nous étions dans l’air du temps, mais sans doute, aussi, à côté de la plaque médiatique. On nous a répondu que le propos n’était pas assez économique ou trop historique, l’inverse aussi souvent. Peu importe après tout, il a fallu nous rendre à l’évidence. Nous allions devoir chercher seuls les moyens matériels de produire ce film. Le déclic viendrait plus tard, sans doute, du moins nous l’espérions…

Hélène Desplanque et Curtis Roosevelt sont partis aux Etats-Unis pour recueillir les propos d’économistes “ de poids ” comme Stiglitz, Prix Nobel d’Economie … mais aussi pour enregistrer la colère des jeunes qui occupaient Wall Street. Dans la foulée, Curtis a ouvert les archives de famille, précieusement conservées à la Fondation Roosevelt. Il y a bien sûr quelques jolies perles oubliées…

Franklin Roosevelt n’est pas un héros et loin de nous l’idée d’en faire une idole des jeunes révoltés d’aujourd’hui. Nous croyons que ses discours détonnent et malmènent les propos hermétiques qui dominent la pensée économique actuelle… Et, en cela bien sûr, ils peuvent apparaître comme subversifs. Ce n’est pas le moindre des intérêts de ce film que de s’appuyer sur un ancien Président des Etats-Unis pour bousculer les dogmes.

Avec Curtis, et bien d’autres, nous pensons qu’il est temps de rafraîchir les mémoires pour les rendre plus vives !

D’où notre appel à soutien pour que ce film puisse exister.

Après tout, il appartient au public, aux citoyens, de dire ce qu’ils ont envie de voir et d’entendre… et de prendre parfois les commandes du petit écran.

Alors, pour rejoindre cette aventure, c’est simple, cliquez ici et retrouvez toutes les informations pour participer au projet. 

Jean Michel Rodrigo

Mécanos Productions

 

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