Pétition en soutien à Jean-Louis Bianco comme président de l'Observatoire de la laïcité

La construction de la France s’est faite avec le fait religieux, fusse en le soutenant comme en l’affrontant.

Henri IV avec l’Edit de Nantes (1598) parvint à faire accepter une coexistence avec les protestants; les Huguenots et leurs talents quittèrent la France, entre autres raisons, lorsqu’avec sa révocation, Louis XIV affirma son absolutisme.

L’Assemblée Constituante instaura (1790) la Constitution civile du clergé; cette constitution permettait à l’église d’exister parmi les principes de « Liberté, Egalité, Fraternité ». La signature du Concordat (1801) réintroduit une part d’autorité au Pape dans la gestion des affaires religieuses de la Nation… à la manœuvre le Premier Consul qui « brillera » par la suite comme restaurateur de la monarchie.
En 1905, entre la position virulente du Vatican et celle visant à la destruction de l’église, c’est la ligne tolérante et laïque d’Aristide Briand qui s’impose avec la loi chérie par tous de séparation des Églises et de l'État.

Dans les confrontations récentes, apparaissent de nouveau des virulences qui cherchent à gommer les traces d’appartenance religieuse de la vie de la Nation. Non, la République n’est pas la négation de la religion, mais la simple neutralité de l’Etat face à toutes les formes de spiritualité qui ont pleinement droit de cité et d’épanouissement.

Ainsi la laïcité s’articule donc sur une dualité :

1) La laïcité doit s'affirmer sans complaisance contre les entraves faites aux pratiquant-e-s qui ont droit à exercer sereinement leur liberté de conscience.

 2) Elle doit de même s'affirmer contre les pressions des religieux-ses, et oui le bât blesse dans certains de nos territoires parfois délaissés aux prosélytes intégristes, en particulier pour les premières victimes que sont souvent les femmes !

Et c'est bien là que les finances et pouvoirs publics (école, collectivités locales, police, justice) ne jouent pas assez leur rôle. Ce paragraphe, page 40 du Rapport annuel de l’Observatoire de la laïcité 2014-2015 (30 juin 2015), le rappelle :

« De façon plus générale, l’Observatoire de la laïcité rappelle que l’effectivité de la laïcité suppose la lutte constante contre toutes les discriminations, qu’elles soient économiques, sociales, scolaires ou urbaines. La puissance publique doit notamment garantir à tous et sur l’ensemble du territoire la possibilité d’accéder à des services publics de qualité. »


Celles et ceux qui chercheraient à instrumentaliser l'une (l'entrave aux religions) pour tenter de cacher leur inaction / inefficacité face à l'autre (pressions des religieux intégristes) se méprennent, ou cherchent à nous méprendre.

Le bon sens, la paix civile et la laïcité d’hier sont aujourd’hui les mieux défendus par la ligne de Jean-Louis Bianco. Ses travaux à la présidence de l’Observatoire de la laïcité sont largement reconnus par les diverses représentations religieuses et institutions de la Nation.


Raison pour laquelle nous, co-signataires, lui apportons notre soutien plein et entier !

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