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Billet de blog 13 avr. 2018

La Sorbonne et Tolbiac ont envoyé un signal fort à la France entière

C’est une fois de plus une soirée extraordinaire qui a agité le centre Pierre-Mendès-France (Tolbiac) de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, mais également le centre Sorbonne ce jeudi soir. Au-delà de simples événements « sortis de l’ordinaire », on a assisté à l’envoi d’un message fort à la France entière, à son gouvernement comme à sa population.

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En fin d'après-midi ce jeudi, sous une forte présence policière, la décision a été prise de fermer la Sorbonne alors que trois cents étudiants se trouvaient à l'intérieur et également autant à l'extérieur. Une Assemblée Générale inter-fac devait y avoir lieu, rien de plus qu'un espace d'échanges et de débats qui a vocation à prendre des décisions concernant la mobilisation contre la loi ORE.
Le rectorat refusant d'ouvrir la Sorbonne, une AG s'est tenue à l'intérieur avec les étudiants déjà présents, et a été votée l'occupation du bâtiment tant que ceux qui se trouvaient à l’extérieur ne pouvaient pas entrer. Cinq heures vont se dérouler avant que l'ordre d'évacuer la Sorbonne ne soit donné et que les CRS investissent les lieux. Mais c’est sans compter sur la ruse que prétendaient mettre en place ceux qui veulent que toute cette « agitation » cesse.

AG à la Sorbonne ce jeudi

Que ce soit prémédité ou non (impossible de l’affirmer), nul doute que les événements de la Sorbonne ont très vite précipité les forces de l’ordre à intervenir sur le site de Tolbiac, place forte de la mobilisation parisienne, et ce, trois quarts d'heure avant l'évacuation de la Sorbonne. Après tout, pourquoi ne pas profiter de l’affluence à la Sorbonne pour venir déloger les occupants de Tolbiac, que l’on suppose par conséquent moins nombreux? C’est ce qui s’est produit.
Profitant de l’appel à l’aide lancé par les mobilisés pour l’occupation de la Sorbonne, des fourgons de CRS arrivent dans le même temps à Tolbiac et se mettent en place pour intervenir, quadrillant les rues adjacentes et le périmètre. Ce qui était certain pour les étudiants, c’est qu’ils n’étaient pas ici pour faire de la figuration. Ce qui ne l’était en revanche pas pour les donneurs d’ordre, c’est de voir arriver dans un laps de temps très court, une masse considérable de personnes venir en soutien aux étudiants mobilisés. Tolbiac, que l’on pensait en situation idéale pour enfin pouvoir la déloger après dix-huit jours d’occupation, voit affluer dans son enceinte et à l’extérieur un millier de personnes, la plupart des étudiants mais aussi des professeurs, des cheminots et d’autres nombreux soutiens de la mobilisation. Face aux matraques prêtes à accomplir leur tâche, la Fanfare Invisible accomplit également la sienne et rend musicaux des événements qui de prime abord ne s’y prêtaient pas.

Etudiants de Tolbiac jeudi soir, alors que la police lève progressivement le camp

Bien que la nuit soit tombée depuis longtemps, comment le gouvernement aurait-il pu laisser se produire des images où les trompettes font face aux matraques, où les banderoles font face aux boucliers, et où les masques font face aux casques? C’est ainsi qu’après plusieurs heures d’immobilité, devant l’ampleur de la solidarité mise en place avec les étudiants mobilisés de Tolbiac, les forces de l’ordre rebroussent chemin, bredouilles.

C’est un signal très fort que les étudiants de la Sorbonne et de Tolbiac viennent d’envoyer ce jeudi soir au gouvernement, mais également à tous les jeunes mobilisés de France. Peu importe si les forces de l’ordre sont appelées à revenir, peu importe s’il faut bloquer ou rebloquer mille fois pour obtenir satisfaction, les étudiants le feront, car il en va de leur avenir et de celui de leurs aînés. Un signal très positif et prometteur donc, comme rarement l’Histoire n’en a reçu : le nombre fait notre force, l’union notre stratégie, et la victoire notre fin.

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