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Billet de blog 5 juil. 2015

Nationalisme de Pauvres, Internationalisme de riches

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De nombreuses thèses contemporaine ont cherché à débattre sur le sort du nationalisme. Le nationalisme est il en voie de disparition ? Si l'on se réfère aux travaux Bénédict Anderson, le concept de Nation que l'on pourrait définir comme une entité imaginaire, imaginé intrinsèquement limité d'un peuple partageant une histoire et une langue commune prolifère de plus en plus au 21éme siècle. Que cela soit l'Ecosse, la Catalogne, Le Pays Basque… Les exemples de peuples revendiquant leurs indépendances sont nombreux. On voit également apparaître dans les élections actuelles de nombreux votes pour les partis nationalistes. Les réthoriques nationalistes sont loin d'avoir disparu avec l'an 2000. L'existance d'une dynamique sociale nationaliste semble difficilement contestable.

Pourtant, au même moment, la construction de supprastructures internationalistes se multiplie comme le décrit le philosophe Jugern Habermas, tout comme la mise en place de marché supranationaux spécifiques . L'Union Européenne en est un très bon exemple. Mais nous pouvons également citer l'Alena ou le Mercosur, l'accord du TAFTA actuellement en négociation. Le nationalisme perd de sa force avec l'apparition d'une société capitaliste reposant sur un marché mondial. Bien que la dynamique populaire soit à la revendication d'une nation unie, d'une nation créée par peuple fier de ses traditions, le marché mondial paraît au dessus de ces attentes. Ce processus qui a commencé à la fin de la révolution française comme l'analyse Karl Polanyi dans son œuvre La Grande Transformation , n'a cessé de se renforcer. Déjà au début du siècle, l'enchainement des alliances mondiales a montré ses effets effroyables lors des deux guerres mondiales. Mais cela n'avait rien d'illogique lorsque l'on étudie l'évolution du marché. Les intérêts économiques des grands empires étaits déjà liés, voilà pourquoi un conflit dans un endroit a donné lieux à une généralisation de la guerre. Pourtant, si l'on prend la thèse d'Habermas, le nationalisme était bien présent à cette époque notamment à cause de l'équilibre des forces et c'est cela qui a poussé les peuples à s'engager dans ces conflits atroces. Cette idées paraît juste, en réalité elle permet d'introduire l'idée clef de cet article. Nationalisme des pauvres, internationalisme des riches. Déjà à cette époque, comme le montre Karl Polanyi, le capitalisme et son marché universelle a commencé à s'emparer d'une grande part des mentalité dans les classes dirigeantes aisées. Que l'on parle de l'étalon d'or ou de toute sorte d'investissement que nos classes dirigeantes faisaient afin d'assoire leurs puissances et leurs richesses. Le nationalisme était excessivement puissant dans les classes populaires, mais les intérêts économiques étaient déjà multinationaux, dispersés au quatres coins du globes.

En réalité, les deux dynamiques démontrées par Habermas et Anderson sont complémentaires. Bien loin de s'opposer, elles sont simplement le reflet du cycle social actuel. Nous pouvons nous référer encore une fois à Karl Polanyi qui a mis en évidence l'apparition de la marchandisation du travail et plus généralement de l'Homme. L'Homme devenue marchandise, la nation devient son étiquette afin de personnaliser le produit. La nation devient également une sphère permettant de le mettre en concurrence. Plus les classes populaires se rattachent à la nation, plus elles verront leurs conditions économiques et sociales se dégrader au bénéfices des classes sociales les plus riches qui elle peuvent vadrouiller partout dans le monde. Le concept de nation donne un handicap non négligeable aux classes populaires. Les classes sociales plus riches se servent de leurs bénéfices pour s'élever au-delà des frontières, multiplier les points d'influences afin de dominer les nations. La nation devient alors pour elles un outil afin de mieux satisfaire ses intérêts. En réalité, le concept de nation nous met dans une situation de dilemme du prisonnier dont les classes riches detiennent toutes les informations, elles sont les gendarmes et nous sommes les prisonniers.

Un bon exemple pour illustrer cette théorie est le problème des taxes ou celui des « charges sociales » ( il est intéressant de remarquer que dans cette expression l'on voit très bien apparaitre l'individu pauvre travailleur comme une marchandise, un bien que l'on entretient en payant des charges). En tant que dirigeant d'une multinationale, je pourrais aisément faire pression sur les dirigeants d'un pays au niveau des taxes. Je peux utiliser le fameux arguments « si vous baissez les taxes, de nombreuses grandes fortunes viendront chez vous ce qui aura un effet paradoxal de rapporter en réalité plus d'argent alors que vous baissez les taxes » . Ne reconnaissez vous donc pas cette situation ? Si l'on dit que l'argent est en réalité des années de prisons. Cela revient au dilemme bien connu, si vous trahissez votre coéquipié, vous n'aurez rien. On retrouve la promesse d'une situation idillyque au niveau individuel contre une trahison. Pourtant, que se passe t'il dans le cas où tous les pays baissent les impôts ? Tous les pays perdent cet argent car ils n'auront pu l'effet attractif que les grandes fortunes leurs ont fait miroiter! Tout comme les prisonniers s'ils se trahissent l'un l'autre, ils arrivent à la situation sous optimale. Voilà le rôle fodamental du nationalisme actuel, vous faire raisonner en tant qu'individu ( ici en tant que Pays) afin de limiter votre raisonnement et vous faire prendre le choix le plus sous optimal qui sera bien entendu le choix le plus optimal pour les classes riches qui s'enrichiront du nouveaux système avec moins de charges sociales.

Maintenant, nous avons mis en lumière toute la dynamique qui forme un cercle. Le nationalisme met en concurrence et étiquette les individus, les rendants toujours plus isolés et plus faibles. Plus les individus des classes pauvres sont faibles, plus les individus des classes riches peuvent s'enrichir. Plus ils s'enrichissent plus leurs pouvoirs est considérable et leur capacité à dominer la nation est importante. N'oublions pas qu'en cas de fortune conséquente l'individu peut aller jusqu'à financer l’État ( exemple avec la Grèce ). Financer l’État revient à diriger l’État. Une fois qu'ils financent l’État où les partis politiques influant, ils demandent une baisse des conditions sociales et une plus grandes mise en concurrence des individus pauvres pour pouvoir s'enrichir, financer les Etat et ainsi de suite. En conclusion, plus il y a du nationalisme de pauvre, plus il y a d'internationalisme de riche. L'internationalisme des grandes fortunes se nourrit du nationalisme des plus démunis. Il est donc grand temps d'en prendre conscience ! Il est temps que nous nous réunissions ensembles. Les immigrés ne sont pas nos ennemis, ils ne sont qu'une population victime d'une exploitation massive de leur richesse. Pour réaliser cette exploitation, les classes fortunés nourrissent la corruption qui réprime sévèrement la population. Les immigrés ne sont pas nos ennemis mais nos alliés. Il faut créer une force internationale des classes démunis afin de sévir contre les exploitations créées dans le monde par les classes dominantes. Ne croyez pas les discours «  c'est pour Tatol* donc c'est pour la France » rappellez vous la situation du dilemme du prisonnier vu précédemment. Tatol ne paye presque pas d'impôt en France et les profits de ses grands groupes ne sont reversés qu'aux individus les plus riches de notre société ainsi qu'à nos politiques qui continueront à maintenir cette situation ou ils prendraient le risque de voir leurs conditions sociales luxueuses disparaître.


La dernière preuve qui valident ce paradigme est le Seasteading Institute. Le Seasteading Institute est une fondation travaillant sur la création d'une île autonome mobile capable de se déplacer en eau internationale. Une fois dans les eaux internationales, l'île ne sera soumise à aucune loi nationale. Les grandes fortunes contribuant à ce projet pourront alors s'extirper totalement des « restrictions » de notre système. Comme il ne paieront plus d'impôts, leurs fortunes deviendra colossale. Ils pourront la redistribuer aux Etats sous condition. Ce qui veut dire s'il on prend du recul, que là où ils devaient payer des impôts dans un but social sans rien avoir au retour. Ils paieront mais cette fois ci en se permettant d'impacter sur le fonctionnement de la nation. L'heure d'une Oligarchie mondial aura sonné où nous n'aurons plus aucun pouvoir. Nous ne pourrons nous regrouper victime d'une mise en concurrence, d'une nationalisation toujours plus forte. L'Internationalisation des classes opprimées devient urgent.


* entreprise fictive servant à illustrer les grandes multinationales exploitant des ressources à l'internationale, mettant au pouvoir des dictateurs et des groupes armés violents afin d'avoir la main mise sur l'objet tant convoité.

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