Filmer le travail - 12ème édition

La 12ème édition du festival international Filmer le travail se tiendra à Poitiers et en ligne, elle aura pour thématique centrale et transversale l’éducation, reliée à la question du travail, de la transmission, de l’émancipation. Autour de ce fil rouge se déclineront de nombreux événements : une occasion unique de découvrir le regard singulier de cinéastes du monde entier sur le travail. 

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Comme elle paraît loin cette édition 2020 où nous nous sommes retrouvés, plus nombreux que jamais, dans les salles de Poitiers pour voir des films, échanger, penser collectivement. Depuis des mois, l’équipe de Filmer le travail a élaboré plusieurs scénarios, espérant jusqu’au bout préserver pour l’édition 2021 quelques séances en “présentiel” comme on dit dorénavant.

Faire ou ne pas faire une édition en ligne ?

Voici une question dont la réponse n’est pas si évidente. Fallait-il tout annuler, par solidarité avec celles et ceux empêchés d’exercer leur métier, en attendant des jours meilleurs ? Ne conserver que la compétition ? Quel impact sur la carrière des films sélectionnés ? Comment créer des espaces de rencontre, chacun.e chez soi devant son écran individuel ?

Dans le contexte actuel, aucune des solutions n’est satisfaisante, alors nous avons pris la décision d’un festival en deux temps, conscient.e.s que la thème de l’éducation mérite plus que jamais d’investir l’espace public.

Si le passage en ligne de cette édition permet à de nouveaux spectateurs de découvrir le festival, nous nous en réjouissons, et nous leur souhaitons la bienvenue. Profitons ensemble de cette belle programmation pour nous redonner un peu de courage et rendez-vous bientôt en vrai à Poitiers pour prolonger cette rencontre entre les spectateurs et les professionnels, entre le cinéma et la recherche, qui reste unique en son genre

Le Festival international Filmer le travail s'adapte et se transforme !

Toujours optimiste, l’équipe du festival a travaillé aussi longtemps que possible sur un événement en salles de cinéma, avec des films sur grand écran, des réalisateurs/trices et des chercheurs/euses présents pour vous rencontrer, des temps conviviaux…

Cette 12ème édition aura donc bien lieu du 19 au 28 février, sous un format inédit ! Nous vous donnerons rendez-vous sur une plateforme dédiée, proposée par Festival Scope et Shift 72, où vous pourrez retrouver les documentaires sélectionnés en compétition internationale, la rétrospective de films en lien avec la thématique centrale, des conférences et rencontres, la programmation jeune public à regarder en classe ou en famille, le journal du festival et quelques surprises…

Nous espérons que cette nouvelle édition, différente de celle que nous aurions aimé vous proposer, restera un moment de découverte, de réflexion, autour d’une programmation concoctée avec amour malgré les circonstances.

Retrouvez la programmation complète : https://filmerletravail.org/filmer-le-travail-edition-2021/

Bande-annonce | Festival Filmer le travail 2021 © Festival international Filmer le travail

  • Festival en ligne : mode d’emploi !

COMMENT ACCÉDER À LA PLATEFORME DU FESTIVAL EN LIGNE ? 

Le festival se tient exceptionnellement en ligne cette année. La programmation est à retrouver gratuitement sur la plateforme suivante : enligne.filmerletravail.org

Pour regarder un film, suivez le mode d'emploi : https://filmerletravail.org/festival-en-ligne-mode-demploi/

  • Les films sélectionnés en compétition internationale !

C’est avec grand plaisir que nous vous présentons les 17 films qui concourent cette année aux prix de la compétition internationale : le Grand prix Filmer le travail, le Prix restitution du travail contemporain, le Prix valorisation de la recherche, le Prix spécial du public.

Des documentaires récents sur le travail qui nous emmèneront de la France au Nigeria en passant par l’Espagne, la Tunisie ou le Brésil. Cueilleur de chenilles, vendeuse de journaux, bergère, agent de sécurité, arbitre, apprentis journalistes, travailleuse domestique/youtubeuse... un panorama fascinant où chaque cinéaste exerce un regard singulier sur le travail.

COMPÉTITION INTERNATIONALE 2021

Clean with me after dark

Un film de Gabrielle Stemmer

Documentaire / France / 21' / 2019 / Eliott Khayat, La Fémis

Sur Youtube, des centaines de femmes se filment en train de faire le ménage chez elles. Bien plus que de simples tutos et derrière l’épanouissement familial affiché, ces vidéos dévoilent des détresses et solitudes vertigineuses. 


Curtir a pele

Un film de Inês Gil

Documentaire / Portugal / 76' / 2019 / C.R.I.M

Curtir a pele dresse le portrait d'une tannerie dans la campagne portugaise et de ses ouvriers. Le film suit Carla et Lucia, deux seules ouvrières restantes après le départ de Patricia, dont la disparition alimente de nombreuses conversations. Son départ est devenu comme une métaphore du destin de l'usine après la crise économique qui s'est abattue sur le pays.


Das spiel

Un film de Roman Hodel

Documentaire / Suisse / 17' / 2020 / Ensemble Film GmbH, SRF / Square Eyes

Un coup de sifflet. Les gradins du stade deviennent bruyants. Les joueurs protestent avec colère. Les présentateurs suivent l’action sur le terrain. Au milieu de celui-ci, l’arbitre. Le stade tout entier le regarde. Maintenant, il doit prendre une décision et diriger l’énergie de tout un stade.


El año del descubrimiento

Un film de Luis López Carrasco

Documentaire / Espagne, Suisse / 200' / 2019 / ECAM, Lacima Producciones, Alina Film

En 1992, dix ans après la victoire du parti ouvrier de Felipe Gonzalez, l’Espagne donne l’image d’un pays civilisé, moderne et dynamique. Cependant, dans la ville de Carthagène, située dans le sud-est du pays, émeutes et manifestations s’achèvent par l’incendie de la préfecture régionale à l’aide de cocktails molotov.

El Medestansi

Un film de Hamza Ouni

Documentaire / France, Tunisie, Qatar / 114' / 2020 / La Huit, Henia Production

Tourné à Mohammedia, en Tunisie, le film retrace douze années de la vie de Mehrez. Danseur et comédien doué, mais aussi dépendant aux jeux d’argent et aux courses de chevaux, il se bat contre lui-même et contre les contradictions désarmantes de son pays. Dans son inlassable quête d’émotions sincères, Mehrez défie toutes les règles établies.

En formation

Un film de Sébastien Magnier, Julien Meunier

Documentaire / France / 74' / 2020 / Guillaume Massart, Triptyque Films, Quilombo Films, viàGrandParis, ProArti

Une année scolaire auprès d’une jeune promotion du Centre de Formation des Journalistes (CFJ), à Paris, au fil des cours magistraux et des travaux pratiques. Se forme-t-on au journalisme, ou bien s’y conforme-t-on ?

Jour après jour

Un film de Bai Long

Documentaire / France / 26' / 2020 / Ardèche images association, Université Grenoble

Pour survivre, ces personnes n’ont pas le choix, elles doivent habiter et travailler ensemble en même temps dans un lieu exigu.

La casa dell'amore

Un film de Luca Ferri

Documentaire / France / 76' / 2020 / EffendemFilm, Lab 80 Film / Taskovski Films / déconseillé aux -16 ans

La casa dell’amore suit le quotidien d’une prostituée trans de trente-neuf ans dans le logement milanais où elle vit et reçoit ses clients. Un lieu magique permettant à ses hôtes de se montrer au monde comme ils sont vraiment, d’abandonner tout masque et de se soustraire aux contraintes sociales.


La fabrique des monstres

Un film de Malak Maatoug

Documentaire / France, Portugal / 26' / 2020 / Malak Maatoug

Dans une fonderie, des ouvriers fabriquent de manière quasi artisanale des pièces pour l’industrie maritime. La nuit, sur la place d’un village, des potiers fabriquent librement des monstres. Dans l’usine, la fille du patron s’aventure, dans le village, enfants et adultes font ensemble.

Le Kiosque

Un film de Alexandra Pianelli

Documentaire / France / 78' / 2019 / Quentin Laurent, Les Films de l’œil sauvage, Ad Libitum, viàGrandParis

Le kiosque est le journal filmé d’Alexandra, jeune plasticienne venue prêter main forte à sa mère, vendeuse de journaux dans un quartier chic de Paris. De la découverte du métier à la complicité qui se noue avec la clientèle, la réalisatrice joue à la marchande, comme dans un vieux rêve d’enfant. Derrière la caisse, où se succèdent depuis un siècle les membres de sa famille, Alexandra s’amuse à enregistrer le monde comme il va avec son téléphone. Mais la presse papier est en crise et ce petit jeu s’avère finalement plus compliqué que prévu…

Le veilleur

Un film de Lou du Pontavice

Documentaire / Belgique, Chine / 22' / 2019 / INSAS, LUCA, Beijing Film Academy

De son poste de gardien aux portes du conservatoire de musique, Guangdong veille nuit et jour sur son fils de 14 ans, joueur de cor d’harmonie. Il rêve que l'enfant parte étudier à l'étranger. Mais en attendant, la maison familiale a été rasée. Père et fils vivent entre les murs du conservatoire...

Makongo

Un film de Elvis Sabin Ngaïbino

Documentaire / Centrafrique, Argentine, Italie / 72' / 2019 / Makongo Films

Au cœur de la forêt tropicale humide du bassin du Congo, la vie des peuples de chasseurs cueilleurs, qualifiés avec mépris de Pygmées par les populations voisines, suit tranquillement son cours. Une fois par an seulement, leur quotidien est troublé par ce qu’ils appellent le M’vinsu, la saison de la récolte des chenilles. Les œufs de papillons de nuit éclosent pour faire naître des millions de chenilles de la taille de la paume d’une main et qui représentent une source nutritive importante pour les habitants de la forêt. Mais la population urbaine considère également les chenilles comme un mets délicat ; leur vente rapporte aux populations sylvestres de gros revenus. Avec l’argent récolté, André et Albert, qui sont les deux seules personnes scolarisées de leur village, souhaitent permettre à d’autres enfants de pouvoir aller à l’école.

Na china

Un film de Marie Voignier

Documentaire / France / 71' / 2019 / Les films du bilboquet

L'implantation de commerçant.e.s africain.e.s à Canton est un phénomène récent, dont Marie Voignier rend compte à travers les portraits croisés de Jackie, Julie, Shanny venues monter leur commerce sur place. Au milieu de l'accumulation monstrueuse des marchandises sur les marchés sans fin de la mégapole, le film suit ces entrepreneuses africaines aux prises avec l'économie globalisée chinoise.

Nous la mangerons, c'est la moindre des choses

Un film de Elsa Maury

Documentaire / Belgique / 67' / 2020 / Kim Vanvolsom, Centre Vidéo de Bruxelles, Gsara, Chuck Productions

Nathalie, bergère dans le Piémont Cévenol, apprend à tuer ses bêtes. Le film suit les gestes d’une éleveuse qui aime et qui mange ses moutons avec attention. Elle est prise sans relâche dans une interrogation à propos des manières de bien mourir pour ces êtres qui nous font vivre. Quel goût à la tendresse ?

Pour votre confort et votre sécurité

Un film de Frédéric Mainçon

Documentaire / France / 59' / 2020 / Entre2prises

Au Palais de Tokyo, grand centre d’art contemporain à Paris, les agents de sécurité surveillent les œuvres, fouillent et filtrent le public. Qu’observent-ils, que pensent-ils ?

Rio de vozes

Un film de Andrea Santana

Documentaire / Brésil / 90' / 2020 / Santa Luzia Filmes Bernard

Le Rio São Francisco baigne les terres semiarides du Sertão brésilien. Il est aujourd’hui très affaibli par la déforestation de ses berges et la surexploitation d’une agriculture intensive. La vie de ceux qui habitent ses rives est en grand péril.

Trouble sleep

Un film de Alain Kassanda

Documentaire / France / 40' / 2020 / Autoproduction

Fred, diplômé sans emploi comme beaucoup de jeunes Nigerians, démarre un nouveau travail de taximan. Akin, lui, taxe les véhicules commerciaux pour le syndicat national des transports. Tous deux évoluent dans le riche paysage urbain d'Ibadan, dont la caméra d'Alain Kassanda chorégraphie le quotidien et les multiples rapports de force qui s'y jouent.

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  • Rétrospective éducation

Comment le cinéma a-t-il mis en image et en son le processus éducatif, la travail de formation, et l’institution-école ?

Les films que nous avons choisis pour cette rétrospective en ligne ne sont qu’un échantillon du vaste corpus autour de ces motifs et de cet imaginaire. Selon le principe de l’iceberg, il y a toute une panoplie d’œuvres « underground » qu’on ne peut montrer à cause de la question des droits, des sous-titrages, de la disponibilité des copies numérique, etc.

Et donc des choix par constellation se sont imposés.

Il s’agit d’un jeu combinatoire auquel on se livre dans l’après-coup, une fois que la figure dans le tapis de la programmation s’est révélée à nous et que parentèle et homologies nous apparaissent avec clarté.Le refus. L’école n’est pas le seul lieu où l’on se forme, et au contraire, elle est devenue souvent la cible des cinéastes qui font de la figure du refus et de la révolte contre les institutions leur forme de vie.

Pour Édouard Luntz (Bon pour le service, 1963) le service militaire n’est qu’une machine à broyer les corps, un formatage terrifiant qui décervelle les individus jusqu’à les transformer en chair à canon. Avec la force de leur mise-en-scène impitoyable, Danièle Huillet et Jean-Marie Straub (et Marguerite Duras, auteur du texte de départ) démasquent l’imposture d’un maitre et de la didactique institutionnelle, en nous livrant un manifeste de pédagogie socratique subversive (En rachâchant, 1982).

Le petit René de Rentrée des classes (1956) de Jacques Rozier est le frère cadet des ados de Luntz, sa charge rebelle et son regard enchanté en font une créature « naturelle », pré-culturelle. Les filles désobéissantes et indociles filmées et dirigées par Vera Chytilová (Pytel blech [Un sac de puces], 1962) nous montrent l’échec de l’hypocrite volonté de bien faire du socialisme d’État, et l’impossibilité de gommer les singularités au nom d’un égalitarisme de façade.rétrospective de films thématique centrale et transversale : l’éducation

Le langage. La résistance à une école castratrice de toute créativité et individualité, est à l’œuvre dans une série de films qui font de l’irréductible subjectivité du langage leur force.

Si Peter Nestler se voit refuser la diffusion de son Aufsätze (1963), c’est justement parce qu’il tient radicalement à l’accent du terroir et aux tâtonnements dans la diction des enfants qui filme avec pudeur et justesse. Régis Sauder (Nous, princesses de Clèves, 2011) filme avec invention et prouesse l’appropriation de la culture classique par des adolescents prolétaires et issus des immigrations, en posant toutes les bonnes questions sur l’émancipation intellectuelle et l’égalité des intelligences.

Roberto, l’instituteur lunaire et libertaire de Pipicacadodo (1979) de Marco Ferreri ne supporte plus la langue de bois des ses livres de pédagogie, ni celle des autorités, ni même la langue courante : l’être le plus proche de lui est un enfant qui refuse de parler, qui crache en quelque sorte sur le contrat social en s’écartant du monde pour chercher un autre monde, un régression contre notre civilisation abrutissante.

Et notre civilisation est aussi la cible majeure de la révolte exprimée par le rap, le slam, la poésie des jumeaux quasi-zadistes filmés avec sensualité et douceur par Vincent Pouplard (Pas comme des loups, 2016).L’institution. Le sujet le plus brûlant donne les écritures les plus diverses et étonnantes.

Patricia Mazuy innove le genre du film d’histoire avec son récit flamboyant (Saint-Cyr, 2000), ses questionnement féministes très contemporains, sa mise-en-scène d’héritage rossellinien qui balaie d’un coup tous les Vatels et Marquises des années 90 : les contradictions insolubles de l’institution sont déjà dans cette histoire matricielle, et la réalisatrice de Travolta et moi en est bien consciente.

De même Ahmed Lallem pointe avec une forme fébrile et un esprit libre et dialectique (Elles, 1966) les paradoxes d’une société qui se veut à fois la dernière arrivée dans le monde socialiste et l’héritière millénaire de l’Islam, prisonnière dans la rhétorique de la libération des mœurs et dans la réalité de la séparation des sexes.

Le cinéma direct de Fred Wiseman (High School, 1968) et celui de François-Xavier Drouet (La Chasse au Snark, 2013) ne peuvent pas être les plus éloignés : l’américain cherche les constantes et les répétitions (mais aussi les ambiguïtés), pour démasquer l’idéologie néfaste sous-jacente au système de son pays, le français vise les singularités et les ruptures (sans irénisme), en choisissant comme lieu de vie une institution qui n’en est pas vraiment une, le Snark.

Le métier. Les grands absents du puissant film Examen d’État (2014) de Dieudo Hamadi sont les instituteurs : on sait qu’ils sont mal payés et qu’ils se sont transformés en commerçants et businessmen. L’univers kafkaïen du Congo d’Hamadi, qui frôle au film d’horreur, joue sur cette lacune, ce trou dans l’État qui dit toute son absence et sa profonde distance du peuple.

Le déclassement est aussi un des thèmes du gogolien Il maestro di Vigevano (1963) de Elio Petri : cette fable amère nous plonge dans une Italie provinciale grotesque, victime du boom économique, de la standardisation des goûts, du renoncement à la culture au nom de l’enrichissement. Si dans ce film le peuple semble se dissoudre sans espoir dans une monstrueuse petite bourgeoisie universelle, il réapparaît avec toute sa puissance d’émancipation dans le sublime Diario di un maestro (1973) de Vittorio De Seta.

Dans ce film-phare, le réalisateur implique dans le processus de création les enfants, leur famille, les habitants du quartier, les acteurs, appliquant ainsi à la fabrication de l’œuvre les principes d’enseignement anti-autoritaires issus de 1968, et réconciliant les élèves avec la nouvelle école. L’instituteur est un saint, un missionnaire, une figure évangélique qui met en contradiction l’école, en y demeurant jusqu’à l’épuisement pour la changer de l’intérieur.La transmission.

Comment peut-on s’ouvrir à l’avenir, dans cette époque de désoeuvrement et de passions tristes ?

La victoire dans la course du jeune Mimi, filmée d’une manière si anti-rhétorique et si sobre par Luigi Comencini (Un ragazzo di Calabria, 1987), est une émouvante leçon d’éthique, qui nous vaccine contre toute idéologie de la réussite et de la distinction. L’entraîneur athlétique de Mimi (interprété magnifiquement par Gian Maria Volonté) a dans sa chambre une affiche sur laquelle figure le visage d’Antonio Gramsci : pour le grand philosophe sarde, le seul et vrai maître n’est pas celui qui transmet des notions, des connaissances et des contenus abstraits, mais celui qui enseigne à interpréter la réalité sociale et à devenir des citoyens autonomes.

Cet héritage, on le retrouve aussi dans le contexte nord-irlandais filmé par Alessandra Celesia (Le Libraire de Belfast, 2012) : John Clancy, libraire sans librairie, est un père sans enfants, un homme blessé mais doux à la recherche d’une arche où embarquer sa collection de livres rares et surtout ses jeunes amis, un peu perdus mais tous passionnés.

Son seul but est de protéger leur flamme du déluge qui arrive et de nourrir leur désir, cette soif désespérée et émouvante de formation permanente.Federico Rossin Historien du cinéma, conférencier et passeur d’images. Depuis 2007 il travaille comme programmateur indépendant pour de nombreux festivals et cinémathèques en Europe. Il intervient aussi comme formateur dans des réseaux d’éducation populaire et dans des cadres universitaires.

Retrouvez la programmation complète de la rétrospective Éducation : https://filmerletravail.org/retrospective-education/

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