Les gardiens du nouveau monde

Le 4 septembre, Mediapart diffusera le film Les gardiens du nouveau monde, de Flo Laval. Un documentaire où convergent cyberculture et militantisme autour de cette question : sommes-nous devant une nouvelle manière d’aborder notre relation au politique et à la démocratie représentative ? La veille, le 3 septembre, un événement sera organisé autour du film à la Bellevilloise, à Paris. “La Prairie des Hackers” vous permettra de rencontrer ces « gardiens du nouveau monde » et vous initiera aux pratiques et  problématiques liées au hacking et à la protection des droits de l’Homme.

Extrait Film Documentaire "Les gardiens du nouveau monde" de Flo Laval © LES FILMS D'UN JOUR

Le 4 septembre, Mediapart diffusera le film Les gardiens du nouveau monde, de Flo Laval. Un documentaire où convergent cyberculture et militantisme autour de cette question : sommes-nous devant une nouvelle manière d’aborder notre relation au politique et à la démocratie représentative ? La veille, le 3 septembre, un événement sera organisé autour du film à la Bellevilloise, à Paris. “La Prairie des Hackers” vous permettra de rencontrer ces « gardiens du nouveau monde » et vous initiera aux pratiques et  problématiques liées au hacking et à la protection des droits de l’Homme.

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Les révolutions au Moyen Orient, comme les mouvements d’indignés en Europe ou Amérique du Nord, ont mis en lumière ces dernières années une nouvelle génération de militants et de nouveaux outils de communication et de résistance. 

Blogueurs, journalistes indépendants, pirates informatiques, défenseurs des droits de l’Homme… leurs univers sont parfois éloignés. Mais tous sont réunis autour de valeurs communes (liberté d’expression, d’information) et d’un outil et moyen d’expression devenu aussi indispensable qu’intuitif : internet et tous ses réseaux sociaux qui y prospèrent.

Pour toute cette nouvelle génération de militants, Internet a enrichit les manières de pratiquer la démocratie et de défendre les Droits de l’Homme. Après s’être mondialisé, les usages du web se sont  « massifiés ». L’exemple du documentaire Kony 2012 réalisé par l’ONG Invisible Children, dénonçant les exactions de milices armées en Ouganda, en est une illustration. Le film a été vu presque 100 millions de fois sur Youtube (malgré toute la polémique autour de la crédibilité de son réalisateur et de son propos). Le site internet Avaaz.org représente une autre illustration significative : spécialisé dans le lancement de pétition pour la défense des droits de l’Homme et de l’écologie, la plateforme web revendique près de 14 millions de membres à travers le monde.

C’est dans ce contexte que les mouvements de protestations et de révolution (de l’Iran à la Chine, du Québec au Mexique en passant par l’Espagne) se sont ainsi rapprochés des collectifs de hackers et de pirates informatiques. Ensemble ils ont lutté pour la liberté d’information et la sécurité des militants. Dans son rapport annuel, l’ONG Amnesty y voit une grande source d’espoir pour les combats à venir : « 2010-2012 pourrait bien être un moment charnière où les activistes et les journalistes se sont mis à utiliser de nouvelles technologies pour défendre les droits de l'Homme. Mais il s’agit également d’un moment où les gouvernements répressifs ont réalisé qu’ils devraient désormais faire face à des menaces qu’ils doivent prendre très au sérieux ». 

En effet, s'il y a bien des éléments culturels communs entre l’univers des militants des droits de l’Homme et les mouvement de hackers (comme par exemple la liberté de circulation de l’information, le partage des connaissances, la transparence des pouvoirs, le travail collaboratif…), ces deux univers doivent aussi et surtout faire face à des périls similaires.

D’une part, il s’agit de savoir se protéger de l’espionnage et de la répression des régimes autoritaires (dont les nouvelles armes technologiques sont souvent fournies par des sociétés originaires de pays démocratiques).  D’autre part, la protection de la vie privée et de l’anonymat sur internet est une problématique vitale pour la continuation de leurs activités souvent clandestines. D’autant plus qu’un parallèle inquiétant peut être réalisé entre la volonté du gouvernement chinois de lever l’anonymat sur internet et les déclarations de Mark Zuckerberg qui annonce la fin de la vie privée sur les réseaux sociaux. Enfin, pour tous ces mouvements et réseaux participatifs qui revendiquent leur peu de hiérarchisation, il s’agit de trouver de nouvelles formes de structuration, indépendants de toute influence de la réalpolitique internationale. On pense alors aux déclarations de soutien de la secrétaire d’Etat des Etats Unis Hilary Clinton envers les dissidents chinois ou iraniens, mais qui se garde bien de soutenir tout mouvement de protestation issus de pays autoritaires mais alliés des USA.

Enfin, il est permis d’interroger cette convergence à l’épreuve du temps : est ce que le rapprochement entre activiste du « réel » et du « virtuel » est une tendance profonde ou un effet de mode ? L’innovation technologique n’a-t-elle pas depuis tout temps suscité d’utopiques espoirs de révolution, de monde meilleur ? Le cyber combat ne doit il pas trouver sa traduction dans le monde réel ? La cyber révolution peut elle se connecter à une révolution bien plus large, c’est à dire sociale, culturel et démographique ?

Le Parti Pirate est un parti politique issu de cette culture du cyber activisme. Ses premiers résultats encourageants lors d’élections démocratiques en Europe (en particulier en Suède, en Allemagne, et dans une moindre mesure en France) représente peut être une tentative de structurer politiquement les idées portées par les cybermilitants. Parfois au grand dam de certains cybermilitants qui y voit une « trahison » de l’esprit hacker.

Le film Les gardiens du nouveau monde, de Flo Laval, propose une immersion au sein de cette convergence entre cyberculture et militantisme, à la recherche d’une réponse à une question pleine d’espoir : sommes nous devant une nouvelle manière d’aborder notre relation au politique et à la démocratie représentative ? Ce documentaire sera en ligne sur Mediapart à partir du 4 septembre.

Un événement est également organisé autour du film à la Bellevilloise le 3 septembre prochain, “la Prairie des Hackers”, pendant lequel vous pourrez venir rencontrer ces « gardiens du nouveau monde » et vous faire initier aux pratiques et aux problématiques liées au hacking et à la protection des droits de l’Homme.

La prairie des hackers

Mercredi 3 septembre, de 18h à 00h, à la Grrrrrande Prairie (La Bellevilloise)

Au programme : ateliers crypto, projection-débat, et apéro-mix

Pour tout savoir sur cet événement en plein cœur de l'actualité, nous vous invitons à lire ici, le communauté de presse.

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