Vous pouvez jouer, mais pas trop !

L'addiction est un signifiant-maitre. Au passage, il permet de formuler une injonction de nature répressive

Le paradigme dominant actuel en psychiatrie est le suivant: excès de quelque chose par rapport à une norme imaginaire = abus et dépendance = défaut de contrôle de soi. C’est une sorte de dogme. Si vous n’êtes pas d’accord avec ce syllogisme, vous avez tords.

Et voilà que les jeux font l’objet d’un rapport d’expertise de l’INSERM. A leur tour, dirions-nous, après les troubles de conduite chez l’enfant et le suicide, il était étonnant que le jeu n’y soit pas encore passé. 

C'est un rapport qui fait autorité, forcément, pensez-donc, il est “collectif” donc incontestable.

Même si ce rapport range le loto et internet dans un sac commun.

Même si ce rapport n’est pas une étude scientifique mais, une lecture orientée des travaux des autres (travaux anglo-saxons pour la plupart).

Même si, finalement, les “experts” n’ont aucune idée de l’étendue de ce qu’ils appellent : “le jeu pathologique” en France.

Même si à nouveau, ce rapport déplace une question “sociale” (”pauvreté, surendettement, problème familiaux, divorce, délits ou suicide”, excusez du peu !) dans un champ “psychiatrique” qui n’est pas nécessairement le sien.

C’est ainsi que l’INSERM amalgame drogue, alcool, tabac, jeux, délinquance et suicide....

 

 

 

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