Intervention lors du dernier Conseil National du Parti Socialiste du 06/02/2016

Chers Camarades,

 

Nous fêtons aujourd’hui deux funestes anniversaires :

Le 6 février 1934 la manifestation antiparlementaire qui secoua la France de la troisième République et annonçait déjà les bouleversements qui allaient secouer la planète quelques années plus tard.

et

Le 6 février 1956, journée au cours de laquelle Guy Mollet chef du gouvernement fut accueilli à Alger par une manifestation d’ultras aux cris « d’Algérie Française ».

 

Ces événements nous rappellent que la République et la démocratie sont des combats  permanents, que les Républiques sont fragiles, que les Républiques sont mortelles…

 

En septembre dernier, dans une lettre ouverte, tu invitais, Jean Christophe,  la Gauche et les Ecologistes à surmonter leur fragmentation et leur dispersion et, face à ce que tu appelais « le bloc réactionnaire », tu proposais de bâtir une « grande alliance ».

 

Ce choix, nous le partageons à la Motion C.

Comme toi, nous souhaitons ardemment une "éco démocratie populaire" un vaste rassemblement des forces de progrès, pour faire gagner la France en 2017.  

Il convient de bâtir collectivement dans les mois qui viennent, un rassemblement d’autant plus large qu’il doit faire face aux menaces qui remettent en cause les fondements même de notre démocratie.

 

Nous devons, à notre pays une ambition bien plus grande que ce que nous avons construit  jusqu’à présent !

 

La situation n’est plus la même.  Nous vivons dans un autre monde qu’il faut appréhender sans tarder.

 

Nous souhaitons que le Parti Socialiste puisse se dépasser,  mais se dépasser vraiment en ne refermant pas les portes et les fenêtres dès que la victoire est acquise.

 

Nous prenons le pari de croire que c’est ce qui est en préparation dans cette  « belle alliance » : une formation intégrant tous ceux qui veulent faire avancer la France dans le sens du progrès.

 

Nous devons garder à l’esprit la chose suivante : face aux réactionnaires et aux conservatismes nous ne sommes jamais trop.

Chaque citoyen doit pouvoir trouver et avoir sa place dans cette « Alliance populaire. »

Nous croyons qu’il est temps de travailler à l’élaboration d’un rassemblement inédit, véritable « recours démocratique » largement ouvert aux sensibilités républicaines dans un champ politique qui dépasse les frontières des clivages traditionnels,

Un rassemblement dans la proximité du pays réel.

Un rassemblement des forces allant des femmes et des hommes attachés à la transformation sociale jusqu’à celles se reconnaissant dans un réformisme radical moderne.

 

 Sans hégémonie d’une organisation sur une autre ou d’un courant sur un autre.

 

Ces femmes et ces hommes des années 30 dont je parlais au début de mon intervention, « subirent une catastrophe en 1939 non pour ne l’avoir pas anticipée mais pour avoir été prisonniers de leur passé… » Nous dit l’historien Henry Rousso.

Il est de notre responsabilité, dans la situation actuelle  de  proposer aux citoyens une alternative crédible et particulièrement aux millions d’abstentionnistes qui ont choisi d’exprimer leur déception, leur désarroi pour ne pas dire davantage en boudant les urnes.

Face aux idéologies nauséabondes nous devons porter haut le rassemblement pour tirer la France vers la paix et la prospérité.

 

Il est temps de construire  un rassemblement nouveau de la gauche, des écologistes et des démocrates dont nous avons ardemment besoin.

Le rassemblement de toutes les énergies, dans toute  leur diversité citoyenne, dans une belle alliance pour le progrès humain et l’écologie.

 

C’est à cette construction que nous entendons apporter le meilleur de nous-mêmes pour relever les défis majeurs de notre époque par la lutte contre les inégalités sociales, la défense de l’écologie et la recherche de la paix.

 

Nous sommes disponibles et ouverts pour participer à ce travail et nous appelons toutes celles et tous ceux qui le veulent à contribuer à l’élaboration de cette belle alliance qui met l’homme/ la femme au cœur de notre projet.

Je voudrais finir en citant les propos d’un grand serviteur de l’Etat. Il y a 18 ans jour pour jour, un  6 février, le préfet ERIGNAC tombait sous les balles d’individus sans foi, ni loi.

Et voici ce qu’il disait en 1991 (lors d’une remise de la médaille des Justes parmi les nations  à Nancy) : « Dans l’Histoire des hommes et des nations, de tous les hommes et de toutes les nations, nous savons bien que des monstres existent.

Mais nous savons aussi qu’ils sont trop peu nombreux pour être véritablement dangereux et que le danger vient en réalité des hommes et des femmes ordinaires, de chacun d’entre nous, prêts à croire et à obéir sans discuter.

Nous devons donc nous méfier de ceux qui cherchent à nous convaincre autrement que par la raison. Et puisqu’il est difficile de distinguer les vrais et  les faux prophètes, ne suivons pas les prophètes. »

 

 

 

 

 

 

 

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