Une petite ville est née ...

Solidarité !

Une petite ville est née. Des centaines de cabanes ont été construites par des associations et des bénévoles d’une vigueur inlassable. Plusieurs milliers de personnes, hommes, femmes et enfants vivent là. Seuls, environ 700 d’entre eux ont accepté de dormir la nuit dans les containers-prisons, installés par l’Etat  – surtout parce qu’ils avaient des enfants ou parce qu’ils souffraient trop. Des abris ont été déménagés lors de la dévastation d’une bande de 100 mètres, - no man’s land sinistre bordant deux côtés du Forum Land, écrasé par les bulldozers de la préfecture. Peu après, épargnés dans un premier temps, sans le moindre avertissement, une église et une mosquée situées dans cette bande ont été détruites à leur tour. Dans l’église une grande partie des partitions ont été détruites. Aujourd’hui c’est l’Ecole laïque, qui est menacée de destruction, malgré les démentis peu fiables de la préfecture. C’est aussi le Good Chance Theater, l’école d’art, Jungle books, l’église copte des Erythréens et Ethiopiens, les mosquées – lieu de recueillement, de prières, de chants religieux. Un centre juridique, la « maison bleue » d’Alpha, des centres de vaccination, des lieux de consultation médicale, une infirmerie. Des restaurants, des boutiques. Des centres d’information. Des espaces où vivre. Où les réfugiés vivent, bravant le froid et les menaces. Remplis de leur courage, de leur volonté de vivre à tout prix. De leur imagination, de leur inventivité, de leur créativité.

A Alep, les bourreaux continuent leurs basses œuvres ; la Russie bombarde les hôpitaux sans relâche. « Ils tuent tout ce qui est vivant », disait ce lundi 15 février un médecin syrien (Arte, infos du 15/02/2016). Dans le même temps, les femmes manifestaient leur indignation et leur colère, leur indignation. La Russie, alliée de la France et de l’Angleterre dans cette machine de mort insatiable.

A Calais, les néo-fascistes et d’anciens militaires annoncent pour le 20 février une manifestation de soutien au général Piquemal - ancien patron de la légion étrangère, meneur de la manifestation interdite le 6 février.Cette manifestation, si elle a lieu, risque d’être composée en bonne partie des milices néo-nazies qui tabassent presque jusqu’à la mort les réfugiés à Calais, à Dunkerque. Ils ont pour la plupart participé à la manifestation de Pegida à Calais le 6 février. Le général Tauzin, qui est intervenu au Rwanda entre 1992 et 1994, et qui  a notamment conduit l’opération Chimère, en 1993,  « félicite vivement le Général Piquemal » et lui dit tout son  « respect ».Dans un ouvrage, il avait déclaré : « Nous acquérons ainsi la certitude que le FPR procède à une véritable épuration ethnique parfaitement organisée donc préalablement planifiée, et magistralement conduite. Les Hutu doivent disparaitre des territoires conquis ». Pire que la thèse du double génocide, il s’agit de négationnisme, et d’affirmer le prétendu génocide des Hutu par les Tutsi. Une honte absolue.

Professeurs, enseignants, artistes – Ernest Pignon Ernest, Jordi Savall -, journalistes, médecins, architectes, amis, ne fermez pas les yeux, rejoignez la pétition internationale lancée par Avaaz. https://secure.avaaz.org/fr/petition/Premier_Ministre_Valls_Ministre_de_lInterieur_Cazeneuve_Prefete_Buccio_Arretez_la_destruction_de_la_Jungle_de_Calais/?nHtLjfb

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