Non-assistance à personnes et mineurs en danger

A Calais l'inhumanité est à son comble. Mineurs errant sans protection. Destruction de deux lieux de vie et d'hospitalité : L'Ecole laïque du Chemin des Dunes et l'église érythréenne.

 

« Redonnez-leur ce qui n’est plus présent en eux,

Ils reverront le grain de la moisson s’enfermer dans l’épi et s’agiter sur l’herbe.

Apprenez-leur, de la chute à l’essor, les douze mois de leurs visages,

 

Ils chériront le vide de leur cœur jusqu’au désir suivant ;

 

Car rien ne fait naufrage ou ne se plaît aux cendres ;

 

Et qui sait voir la terre aboutir à des fruits,

 

Point ne l’émeut l’échec quoiqu’il ait tout perdu. »

 

René Char

 

Ce matin nous avons publié sur change.org le texte de la pétition ci-dessous. En quelques heures elle a rassemblé plus de 380 signatures.

Juste après nous avons appris que les avocats étaient mobilisés pour accompagner les enfants et mineurs dans la défense de leurs droits et dans les recours possibles. Un numéro de portable Infomie 07 62 48 22 07 est à la disposition des mineurs partant en CAOMIE : envoyer un sms en donnant leur nom, le lieu où ils se trouvent. Infomie va les rappeler directement pour avoir des infos et les mettre en lien avec les avocats mobilisés partout en France pour les aider.

Quelque temps après, la venue d’un bus était annoncée pour la mise à l’abri des mineurs. Une cinquantaine d’enfants l’auraient pris. Il en reste au moins autant errant sur la lande ou aux alentours, sans protection. Apeurés. Affamés. Transis de froid. Ils n’ont rien à manger. La police les arrête, les pourchasse. Que vont-ils devenir ? Qu’allons-nous devenir face à tant de haine ? Tant de phobie de la vie et de l’humain ? Tant de mépris de l’enfance ? Tant de destruction de l’espoir ? Tant d’incompréhension face à celles et ceux qui sont venus là, à Calais, non pas pour Calais, mais parce que cette ville était à leurs yeux la porte d’entrée vers l’Angleterre. Calais, c’était l’espoir ultime qui les a conduits tout au long de la traversée des déserts hostiles et les traversées en mer agitée, qui les a fait « naviguer vers leur espoir ». Tant de forces policières, de barrières hérissées et de murs construits pour interdire le passage, la rencontre, l’accueil, l’hospitalité ?

Un peu plus tard nous avons su que l’église érythréenne, lieu magnifique, apaisant et empli de sérénité était détruite. Et quelques instants plus tard c’était l’Ecole laïque du Chemin des Dunes qui l’était à son tour. Deux lieux de vie hautement symboliques, fréquentés par des centaines d’enfants et d’adultes qui se savaient accueillis là et respectés.

Toutes mes pensées, mon affection, mon admiration pour le courage inlassable de celles et ceux qui pendant une année chaque jour par tous les temps ont diffusé leur amour et leur respect des enfants et des adultes venus là où battait le cœur de la jungle. Personne ne l'oubliera. Merci Virginie Tiberghien, merci Nathalie Janssens, merci Zimako. Merci à toutes et tous les bénévoles. De tout cœur avec vous et beaucoup de larmes dans mes yeux.

 

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