L’ambassade du Tchad à Paris attaquée par des immigrés clandestins

Le 26 mars, l’ambassade du Tchad à Paris a été attaquée par une vingtaine d’immigrés clandestins, affirmant être Tchadiens.

Ceux-ci ont diffusé une vidéo de leurs méfaits sur les réseaux sociaux, montrant le rez-de-chaussée de la représentation tchadienne à Paris dévastée. Le personnel diplomatique et consulaire a passé plusieurs heures dans la peur, réfugié dans un étage du bâtiment. La police française a fini par intervenir, avec le consentement du gouvernement d’Idriss Déby de pénétrer dans l’enceinte diplomatique, territoire souverain du Tchad par convention. 21 personnes ont été arrêtées. Il s’agirait en majorité de clandestins dont certains affirment être arrivés par la mer. Ils se revendiquent Tchadiens, mais pourraient être Soudanais.

Des slogans contre le président tchadien ont été entendus lors du saccage de l’ambassade. Mais le motif de cette attaque pourrait être d’une tout autre nature : ceux qui l’ont perpétré sont tous des clandestins dont les demandes d’asile ont été rejetées par la France. En dépit du bon sens, ils se seraient mis en tête d’obtenir des passeports tchadiens, par la force si nécessaire.

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Les autorités tchadiennes ont condamné cette attaque. Face à l’accusation de certains casseurs affirmant que l’ambassade refusait de leur délivrer un passeport pour rentrer au Tchad, un porte-parole de la diplomatie tchadienne a précisé que non seulement les passeports tchadiens ne sont plus délivrés en ambassade, quelle que soit la situation, mais que tout Tchadien souhaitant rentrer au pays peut se voir délivrer un laisser-passer temporaire, en vertu de la politique de main tendue d’Idriss Déby qui vise à favoriser autant que possible le retour des exilés.

Certains opposants liés aux rebelles ont tenté de maquiller cette attaque désespérée en acte politique. A les croire, l’objectif des vandales était de condamner l’intervention française contre des rebelles qui menaçaient N’Djamena, en février dernier. Une récupération qui ne convainc pas l’opposition démocratique, ni la société civile, dont de nombreux représentants ont condamné l’attaque. A l’image du président de la Coalition des associations de la société civile pour l’action citoyenne (CASAC), Mahmoud Ali Seid, qui a déclaré le jour même « condamner avec la dernière énergie ce qui vient de se passer à Paris », et demandant « aux autorités françaises de traduire ces personnes devant la justice pour qu’ils répondent de leurs actes». De la même manière, le président du Réseau des associations pour la paix et la cohabitation pacifique du Logone occidental (RAPCP), Moussa Alkali Moussa a appelé le 25 mars dans un communiqué à ce que les auteurs soient poursuivis par la justice française. Ces différents mouvements ont également exprimé leur soutien au gouvernement tchadien, et en particulier au président Déby.

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