Idriss Déby met les chefferies traditionnelles au cœur du développement rural

Le 25 septembre, Idriss Déby a réuni l’ensemble des autorités locales traditionnelles au palais du 15 janvier à N’Djamena pour participer à une grande conférence sur la place et le rôle des chefs traditionnels au Tchad.

Deux cents Sultans, Chefs de canton et autres chefs coutumiers ont débattu pendant deux jours aux côtés d’autorités nationales, sous le patronage du chef de l’Etat.

Les chefs traditionnels au Tchad sont avant tout les gardiens des us et coutumes, des valeurs culturelles et des traditions. À ce titre, ils jouent un rôle non négligeable dans la construction et le maintien de la concorde civile et de l’unité nationale. C’est une responsabilité de premier plan dans un État aux diverses ethnies, religions et croyances. Et c’est pour Idriss Déby un aspect fondamental, en particulier à l’heure ou le Sahel est traversé par des tensions identitaires et parfois la tentation fondamentaliste. C’est pourquoi le président tchadien a souhaité codifier le rôle spécifique des chefs traditionnels dans la constitution de la IVème République.

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Mais Idriss Déby voit plus loin. Dans son allocution de clôture, il a utilisé une métaphore footballistique pour esquisser le rôle nouveau qu’il envisage pour les chefs traditionnels : « Les gardiens de la tradition sont aussi devenus des attaquants de pointe du développement à la base et de l’émergence de la nation toute entière. Cette reconstruction de rôles s’inscrit dans la dynamique participative de l’ère nouvelle qui en appelle à une mobilisation plus accrue de toute la société pour la bataille du développement. Dans ce contexte nouveau, il est impérieux de changer  le prisme sous lequel l’on perçoit la fonction d’autorité traditionnelle et coutumière.»

Pour le président tchadien, les chefs traditionnels doivent donc devenir le premier échelon du développement local. C’est dans cette optique que le Haut conseil des collectivités autonomes et des chefferies traditionnelles a été créé, et associé aux dispositif institutionnels de développement. En d’autres termes, Idriss Déby confirme là à la fois la dimension décentralisée de la IVème République et une nouvelle approche du développement dans laquelle l’initiative locale doit pouvoir peser mais aussi bénéficier de l’appui des institutions centrales.

 

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