Idriss Déby continue de mener la vie dure aux prévaricateurs

La lutte contre la corruption et l’appropriation illicite des ressources de l’Etat tchadien a toujours constitué une priorité politique majeure pour Idriss Déby.

Il l’a régulièrement répété lors de ses allocutions, et il n’a jamais hésité à joindre le geste à la parole, sanctionnant les fonctionnaires reconnus coupables de ce genre d’agissements. Le président tchadien avait même provoqué la stupeur cet été, en procédant à plusieurs inspections surprises qui avaient à chaque fois abouti à des sanctions lourdes pour ceux qui avaient fauté. Cette méthode avait d’ailleurs inspiré plusieurs de ses ministres à suivre l’exemple d’Idriss Déby auprès de leurs administrations, avec des résultats similaires.

C’est le cas encore cette semaine avec la mise à pied de sept fonctionnaires du ministère des Finances. Chargés du contrôle des régies financières dans les régions du Logone occidental et du Mandoul, ils se sont rendus coupables de divers manquements, dont des malversations et des tentatives de corruption. Une première sanction a été immédiatement prise par le ministre des Finances et du Budget, Mahamat Allali Abakar, sous la forme d’une mise à pied des fonctionnaires corrompus. Mais il ne s’en tiendra pas là, a-t-il averti dans un communiqué, en indiquant qu’il compte prendre « d’autres mesures conséquentes » une fois que l’ensemble de malversations aura été exploré.

Une chose en particulier doit être notée tant elle illustre bien l’approche d’Idriss Déby en matière de lutte contre la corruption. Si quatre des sept mis en cause sont de simples vérificateurs et autres spécialistes de la fiscalité, les trois autres sont de hauts cadres de l’administration fiscale. Il s’agit de l’inspecteur général des Finances Dillah Koulamaye et des inspecteurs des Finances Mogode Dijmansgar et Ngaryanmal Morkenmagar. Le fait que la punition et les poursuites à venir ne touchent pas simplement les exécutants mais remontent au plus de la chaîne de responsabilité est un bon exemple de la politique de tolérance zéro que fait appliquer Idriss Déby en matière de lutte contre la corruption au Tchad.

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