Idriss Déby a fait du Tchad un modèle d’accueil et d’intégration des réfugiés

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Le Tchad connaît son lot de difficultés. Le pays sort à peine d’une crise financière, provoquée par l’effondrement des prix du pétrole et qui a mis l’économie à genoux. L’environnement régional est extrêmement volatile, entre l’instabilité chronique en Libye, l’insurrection de Boko Haram au Nigéria, ou encore la rémanence du danger jihadiste au Mali et au Niger. A ces menaces conjoncturelles s’ajoutent des difficultés structurelles, notamment liées au climat.

Ce cadre difficile n’empêche pas le Tchad d’accueillir
de nombreux réfugiés en provenance de différents pays du Sahel. Idriss Déby a toujours eu de ce point de vue une politique généreuse : il connaît trop bien les difficultés de la région pour simplement fermer la porte à ceux qui sont chassés par le désespoir. C’est notamment le cas des Centrafricains, dont un nouveau contingent est récemment arrivé dans le Sud du pays.

Cette politique du président tchadien permet d’envisager l’accueil des réfugiés de manière plus inclusive et surtout plus efficace. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR) et l’agence d’aide humanitaire de l’Union européenne (Echo) mènent au Tchad une expérimentation visant à installer les nouveaux arrivants non pas dans des camps de tentes au milieu de nulle part, mais au sein-même de villages tchadiens. Et les résultats sont probants : nombre des cultivateurs centrafricains arrivés ces dernières années ont pu se remettre au travail du côté tchadien de la frontière et sortir rapidement de la dépendance vis-à-vis de l’aide humanitaire, pourtant si consubstantielle au statut de réfugié.

A ce propos, le chef du bureau de l’Echo déclarait récemment : « L’autre point positif est l’attitude des autorités tchadiennes. Ce pays, l’un des plus pauvres du monde, a accueilli ces dernières années des centaines de milliers de personnes du Darfour, du Nigeria, de Centrafrique, sans que jamais leur arrivée n’ait été instrumentalisée sur le plan politique. Contrairement à ce que l’on redoutait, l’accès à la terre a été relativement aisé car des consignes nationales ont été données ». Une attitude confirmée par le préfet de région : « Idriss Déby Itno n’a jamais cessé de nous protéger depuis vingt-huit ans. (…) Nous n’avons pas attendu les humanitaires : les autochtones ont vidé leurs greniers pour partager avec les Centrafricains dès le premier jour. »

Cet accueil pour le moins extraordinaire repose également sur l’absence totale de conflit ethnico-religieux au sein de la population, malgré la grande diversité du Tchad. Cette notion fondamentale favorise grandement l’accueil et l’installation des réfugiés. C’est là encore un résultat de la politique d’Idriss Déby, qui tranche nettement avec le contexte régional : ce sont précisément ces conflits qui ont contraint tant de Centrafricains, de Soudanais ou de Nigérians à fuir leurs villages pour trouver refuge au Tchad.

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