Au sommet du FOCAC : Idriss Déby mise sur le pragmatisme au service du développement

Les 3 et 4 septembre derniers, 54 chefs d’Etat africains se sont retrouvés à Pékin à l’invitation du président chinois Xi Jinping pour participer à la réunion trisannuelle du Forum sur la coopération Chine-Afrique. Cet événement, qui cette année a pris le statut de sommet, marque toute l’importance que la Chine accorde à son positionnement sur le continent.

Devant ses homologues africains, le président chinois a rappelé les fondements de son approche lors de son allocution : « La Chine soutient les pays africains dans la construction conjointe de "la Ceinture et la Route", afin de partager les réalisations gagnant-gagnant ». "La Ceinture et la Route" fait référence à l’ensemble des initiatives chinoises qui visent à connecter le monde par voie terrestre et maritime pour favoriser les échanges et stimuler localement des opportunités de coopération économique.

Cette approche chinoise du développement est résolument novatrice. Elle repose sur la création de partenariats entre Etats mais implique systématiquement des entreprises, avec des bénéfices partagés. Une approche qui correspond parfaitement à la vision pragmatique d’Idriss Déby. Un exemple concret en est la raffinerie de Djermaya, mise en service en 2011, qui a permis de sortir le Tchad de sa dépendance aux importations d’hydrocarbures raffinés alors qu’il exporte son pétrole. Ce projet a été porté à 60% par l’entreprise chinoise China National Petroleum Corporation et à 40% par l’Etat tchadien. Il a bénéficié d’un financement de l’entreprise chinoise, qui a pu être rapidement remboursé sur les bénéfices de la raffinerie. Aujourd’hui, la raffinerie de Djeramaya est la plus moderne de la région, et permet au Tchad non seulement de couvrir ses besoins en carburants (essence, diesel, mais aussi Jet A1 pour l’aviation) mais également d’être exportateur net de produits pétroliers raffinés. Et cela tout en ayant créé des emplois qualifiés localement.

En clôture du sommet, Xi Jinping a annoncé que la Chine entend consacrer 60 milliards de dollars d’investissement à l’Afrique. Cette enveloppe doit être mobilisée pour des projets d’infrastructure ou de modernisation de l’économie des différents pays membres du FOCAC. Mais c’est loin d’être un chèque en blanc. Car c’est le même pragmatisme qui gouverne la sélection des projets, qui sera basée sur la fiabilité des partenaires et la pertinence des modèles économiques. C’est notamment pour cette raison que la totalité de l’enveloppe prévue lors de la dernière réunion du FOCAC en 2015 n’a pas été utilisée, la Chine refusant de financer des éléphants blancs.

En cela, le Tchad est clairement avantagé par le sérieux de la gestion d’Idriss Déby. Le président tchadien a en effet à son actif un certain nombre de projets majeurs qui sont aujourd’hui de grandes réussites. Et la communauté de vue qui existe entre lui et Xi Jinping ne manquera pas d’être un autre avantage déterminant pour N’Djamena dans la mobilisation de ce fonds.  

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