Après sa première opération, la force conjointe du G5 Sahel débriefe à N’Djamena

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La force conjointe du G5 Sahel (FC-G5S) a conduit sa première opération sur le terrain pendant neuf jours entre octobre et novembre derniers, aux confins des frontières du Mali, du Niger et du Burkina Faso. Si elle n’a pas donné lieu à des combats contre les différents groupes jihadistes ciblés par la FC-G5S, elle aura permis de marquer le début de son action, aussi bien auprès des populations de la région que des partenaires internationaux des États du Sahel.

Le Comité de défense et de sécurité du G5 Sahel, organe qui oriente et coordonne l’action de ses membres, s’est réuni les 9 et 10 novembre à N’Djamena pour faire le point sur cette première opération et définir les priorités pour les mois à venir. Étaient présents les chefs d’État-major du Tchad, de la Mauritanie, du Mali, du Burkina Faso et du Niger.

Cette réunion s’est tenue dans un climat politique particulier. Si la FC-G5S a effectivement pu démarrer ses activités, son financement global n’est pas encore finalisé, et le président tchadien Idriss Déby n’a pas mâché ses mots ces derniers mois pour alerter à ce sujet, faisant craindre à certains observateurs que le Tchad ne finisse par se retirer du dispositif, alors que son armée en est la clé de voûte. Le chef d’État major de l’armée tchadienne, le général Brahim Seid Mahamat, s’est montré rassurant, assurant à ses homologues que le Tchad continuerait de prendre sa pleine part dans la lutte contre le terrorisme dans la région, et proposant de faire bénéficier les forces de la région de l’expérience de l’armée tchadienne : « Après que nous aurons arrêté les stratégies de la sécurisation de nos frontières respectives, l’armée tchadienne est disposée à mettre son expérience au bénéfice des autres contingents des pays membres pour qu’il y ait une harmonisation des tactiques et des manœuvres au sein de la force G5 Sahel » a-t-il notamment déclaré. Cette proposition n’est pas anodine, alors que le premier retour d’expérience opérationnel de la FC-G5S évoque des différences notables dans la pratique des armées impliquées.

Le haut gradé tchadien a poursuivi sur ce thème : « Le Tchad ne faillira pas. Le président Idriss Deby Itno a toujours placé les questions sécuritaires au cœur de sa politique. Il est persuadé qu’il ne peut y avoir développement sans sécurité ». Si nul ne peut douter aujourd’hui de la volonté du président Déby ni de son bilan, la question de la pérennité de la FC-G5S restera posée tant que les partenaires internationaux ne contribueront pas pleinement à son nécessaire financement.

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