L’offensive rebelle s’effondre, les redditions se multiplient

La première semaine de février, l’Union des forces de la résistance (UFR), un des groupes rebelles tchadiens réfugiés en Libye depuis de nombreuses années, a tenté un coup de force.

Plusieurs colonnes de pick-ups lourdement armés ont pénétré au Tchad avec l’intention manifeste de prendre le pouvoir par la violence. L’armée tchadienne a pu réagir rapidement et mettre en déroute les assaillants, appuyée par des éléments de l’armée de l’air française. Idriss Déby a en effet rapidement sollicité l’aide de la France pour faire face à cette agression venue de la Libye voisine.

Cette offensive a été préparée à la hâte, sous la pression sécuritaire et judiciaire qu’Idriss Déby a réussi à faire peser sur les rebelles réfugiés en Libye, à travers les bonnes relations qu’il a su tisser avec les principaux centres de gravité du pouvoir de ce pays. Le résultat pour les rebelles est à la hauteur de l’entreprise : une débâcle complète. Un porte-parole de l’armée tchadienne dressait un premier bilan des opérations, le 9 février : « Plus d’une quarantaine de véhicules tout-terrain détruits. 18 véhicules récupérés, dont 16 équipés d’armes lourdes. Des centaines d’armes légères saisies. Plus de 250 terroristes capturés, dont quatre principaux chefs ».

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A cet inventaire de la déroute des rebelles s’est ajouté un autre motif de satisfaction : « Côté forces de défense et de sécurité : aucune perte en vie humaine et en matériel enregistrée. » La solidité de l’armée tchadienne face à cette menace illustre le fait que cette attaque rebelle est avant tout un anachronisme. Si les rébellions ont été nombreuses au Tchad, la politique d’Idriss Déby de fermeté face aux transgresseurs mais de clémence face à ceux qui choisissent d’abandonner la lutte armée semble avoir profondément modifié l’état d’esprit général. De leur propre aveu, les chefs rebelles espéraient susciter des défections au sein de l’armée tchadienne, en jouant sur les solidarités ethniques ou régionales, comme cela avait été le cas en 2008. Il n’en a rien été, probablement en premier lieu parce que ceux qui auraient pu être tentés de rejoindre les rebelles ont bien compris que c’était une voie sans issue.

Une leçon que pourra méditer Ousmane Tegeun, qui dirigeait la colonne rebelle, et a fini par se rendre avec ce qui restait de ses hommes. Il aurait probablement été plus sage d’accepter la main tendue d’Idriss Déby.

 

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