Idriss Déby, rempart face à la menace de l’Etat islamique

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L’organisation terroriste qui se fait appeler Etat islamique, plus connue au Moyen-Orient sous l’acronyme Daesh, est en passe de perdre l’ensemble des territoires qu’elle a occupés en Irak et en Syrie. Ces succès militaires de la coalition ne devraient pas pour autant laisser croire que l’organisation va simplement disparaître : depuis plusieurs mois, cadres et activistes fuient la pression militaire au Levant. Si certains ont gagné l’Afghanistan ou ont retrouvé leur pays d’origine, beaucoup ont opté pour une autre terre d’élection pour continuer leur combat : le Sahel.

Dans la région, la menace jihadiste était jusqu'ici principalement incarnée par la secte Boko Haram, qui depuis le Nigéria sévit jusqu’au Niger, au Cameroun, et plus rarement à l’extrême-sud du Tchad. L’arrivée diffuse mais continue de membres de l’Etat islamique risque d’ouvrir un nouveau front dans la lutte des Etats de la région contre le terrorisme.

Pour Idriss Déby, il n’y a pas de réelle différence entre Boko Haram et le soi-disant Etat islamique d’Afrique de l’Ouest (EIAO). Et le président tchadien réserve à ces nouveaux venus du jihad le même sort qu’ont connu les militants nigérians jusqu’ici : un combat sans merci mené par l’armée tchadienne. Ayant dès 2015 volé à la rescousse du Niger, du Cameroun et du Nigéria, en y attaquant Boko Haram dans leurs frontières, les forces tchadiennes ont permis de sanctuariser le territoire national contre cette menace.

Selon différents experts, l’EIAO serait en train de se renforcer dans au moins deux Etats limitrophes du Tchad. En faisant souche parmi la population et en limitant leurs exactions, ces nouveaux venus cherchent à faire tâche d’huile, prenant progressivement le contrôle de localités à travers tout le bassin du lac Tchad. C’est pourquoi, aujourd’hui encore, le verrou que représente la volonté farouche d’Idriss Déby couplé à la redoutable efficacité de l’armée tchadienne sont plus que jamais nécessaires.

Alors que le Tchad entre dans une nouvelle ère politique, dont la stabilité est renforcée par l’adoption de la nouvelle constitution et l’entrée dans la IVème République, cette menace reste probablement l’une des plus sérieuses. Le Tchad y fera face, grâce à la vigilance d’Idriss Déby et à la confiance de l’armée en son chef.

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