Fesses-aimant

Qui n’a jamais été attiré par des fesses ? Le postérieur, le fessier, le fondement ? Attiré par ces rondeurs évocatrices, ces douceurs sur jambes ?

Qui n’a jamais été attiré par des fesses ? Le postérieur, le fessier, le fondement ? Attiré par ces rondeurs évocatrices, ces douceurs sur jambes ?

 

Personne ne pourra vous croire si vous répondez non. Alors, ce matin, mes yeux ont suivi des fesses.Qu'on ne se méprenne pas, j’ai toujours à l’esprit que, derrière les fesses, il y a une personne, un caractère, des sentiments ; je n’ai pas l’habitude d’être attiré à ce point par le popotin. Mais ce matin, je suis scotché, je suis des fesses.

 

Mon corps fait mine de ne pas copier strictement le même itinéraire, pour ne pas attirer l’attention. Par intermittences, il faut se détacher de l’aimant : pour regarder ses propres pas et éviter de trébucher – puisque tel est mon habitude. J’ai donc suivi des fesses des yeux, sans vraiment tenir compte de la personne à qui appartenaient ces rondeurs symétriques, ces deux hémisphères de la sensualité, ces collines de la douceur. Esthétiques, plastiques, fantastiques.

 

Beaucoup vous disent qu’il ne faut pas regarder seulement ces parties. Oui, bien sûr, mais elles sont tout de même un aimant de l’amour (parmi d’autres). Quand les fesses vous indiffèrent, où est le piment ?

Il vient forcément le moment où la personne dont vous avez analysé, quasiment soupesé, contemplé le derrière, le siège, le fondement, finit par se retourner. C’est fatal, c’est le jeu. Vous découvrez alors les yeux, le visage, l’allure, l’état d’esprit. Il est temps de faire un choix sensé : détourner le regard ou fixer toujours des yeux. Il n’y a pas de notice, ça se sent, ça se voit, ça se vit. Soit l’épisode romantique de la contemplation prend fin. Soit un volet sensuel s’ouvre, peut-être. Le premier cas, le plus fréquent, a le charme de la rencontre éclair, achevée alors qu’elle est inachevée, celle qui par le mystère éveille les rêveries, pour ne pas dire fantasmes.

 

Il s’agirait de se réveiller ! Je suis assis sur mon derrière, devant mon ordinateur, et j’écris ces mots. Les fesses de ce matin sont tout un souvenir.

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