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Billet de blog 1 novembre 2024

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Fraude sociale : un déséquilibre qui interroge

La fraude, entre mythe et réalité

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Fraude sociale : un déséquilibre qui interroge

La fraude aux cotisations sociales, souvent moins médiatisée que celle aux prestations sociales, représente pourtant un enjeu de taille pour les finances publiques. Selon les estimations disponibles, la fraude patronale aux cotisations sociales oscille entre 8 et 10 milliards d’euros par an. En comparaison, la fraude aux prestations sociales, qui concerne les allocataires des aides publiques, est estimée entre 2,5 et 3,2 milliards d’euros.
Cela met en lumière un rapport frappant : les montants liés à la fraude patronale sont environ trois fois supérieurs à ceux de la fraude aux prestations. En d'autres termes, pour chaque euro fraudé par un allocataire, les entreprises frauderaient trois euros. Ce ratio de 3:1 souligne une réalité qui est souvent trop ignoré dans le débat public.

Un discours stigmatisant

Malgré ces chiffres, le discours dominant tend à stigmatiser les bénéficiaires des aides sociales. Les allocataires sont fréquemment accusés de profiter du système ou d’être des « assistés », alors même que les montants en jeu dans la fraude aux prestations sont bien inférieurs à ceux de la fraude patronale. Ce paradoxe soulève des questions sur la perception publique et le traitement médiatique de ces deux types de fraudes.
Les entreprises qui ne déclarent pas correctement leurs cotisations sociales privent ainsi l’État de ressources importantes, nécessaires au financement du système de protection sociale. Pourtant, ce sont souvent ces mêmes acteurs économiques qui dénoncent le coût des aides sociales et pointent du doigt ceux qui en bénéficient.

Cette situation pose un défi pour les pouvoirs publics : comment rééquilibrer le discours et les actions afin de lutter efficacement contre toutes les formes de fraudes, qu’elles soient commises par des individus ou des entreprises ? La réponse à cette question est essentielle pour garantir l’équité et la justice sociale dans le financement de notre modèle de protection sociale.

La fraude sociale n’est pas l’apanage des allocataires. Les chiffres montrent clairement que la fraude patronale pèse bien plus lourd sur les finances publiques. Il est donc nécessaire de repenser le débat public autour de ces questions pour éviter une stigmatisation injustifiée des bénéficiaires d’aides sociales et concentrer davantage d’efforts sur la lutte contre toutes les formes de fraudes.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.