Où sont les gardiens de la paix?

À l'heure où l'Etat français ne cesse d'imposer une politique de plus en plus liberticide, laissant les policiers prédateurs et autres xénophobes agir, j'ai la nausée. L'envie d'écrire pour m'apaiser. Halte au racisme. Halte au déni.

J’avais des rêves d’enfant. J’étais naïf et souriant. Jusqu’à mon premier fait divers. Un dimanche à l’aube en plein hiver. J’avais des rêves d’enfant. J’étais naïf et confiant. Jusqu’à la gueule de Jean-Marie. Un dimanche de printemps à 17 ans. Quatre ans plus tôt sur le toit du monde. Le magicien Zidane sur les ondes. France métisse et fière de l’être. C’était seulement demain peut-être. 20 ans plus tard, ils nous divisent. La rhétorique de l’extrême droite dans les valises. Ils nous surveillent et nous haïssent. Ces soi-disant Républicains qui stigmatisent. Aveugles face aux violences policières. La marque d’une vision suprémaciste et autoritaire pleine d’arrogance qui prolifère. Chronique d’une ère mortifère.

Manifestation contre le racisme et les violences policières, place de la République à Paris, le 13 juin 2020. © Florian Dacheux Manifestation contre le racisme et les violences policières, place de la République à Paris, le 13 juin 2020. © Florian Dacheux


Le vivre ensemble restera un concept tant que ce pays sera adepte des devises mensongères. Tant que la France refusera de regarder son racisme en face. Tant que la France refusera d’assumer son colonial passé. Chaque communauté racontera alors son histoire sans lien avec notre pluralité.

Pendant ce temps-là, les médias préfèrent donner la parole à des personnages immondes et terrifiants qui ne vivent qu’à travers la haine et le déni. Des millions, dans leur fauteuil, gobent les stéréotypes véhiculés au journal télévisé aussi vite que la bolo qui leur reste pour cerveau. Il est 20 heures, la France prend sa dose de somnifères. Faire semblant et nier l’évidence, c’est tellement plus confortable. Il ne faudrait pas qu’ils perdent leurs privilèges. Pourquoi prendre du recul sur soi-même quand on peut rejeter la faute aux "migrants", aux non-Blancs et aux musulmans.

Il y a de quoi devenir fou au cœur de la foule qui refait puis refait toujours les mêmes erreurs. Sans prendre en compte le passé. Sans aucune gêne. L’humain perd sa mémoire et compile des guerres figées à l’école de faux bouquins d’histoire. Les écrits restent. Les cerveaux baissent. L’intensité des faux semblants synthétisent les pensées de types égocentrés dans leurs sténopés qui n'ont jamais su s'écouter.

Qu’attendons-nous ? Qu’attendons-nous à l’heure où la France sombre chaque jour un peu plus dans sa pratique malsaine et sournoise d’un racisme ordinaire bien ancré dans les mentalités depuis le temps des colonies. Liberté, égalité, fraternité ? Quelle utopie. Où sont les gardiens de la paix ?

Halte au racisme. Halte au déni.

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