formationprojet
Abonné·e de Mediapart

15 Billets

0 Édition

Billet de blog 3 janv. 2022

La reconversion du bon Docteur Fouad Abou Nader

Zemmour, de Villiers et d’autres, comme pèlerin en Arménie, défendent les « valeurs » chrétiennes. Le temps d’une pêche électorale. Le bon docteur Fouad Abou Nader, ex dirigeant de milices chrétiennes, a depuis longtemps entonné l’hymne des chrétiens d'Orient pour le transformer en fonds de commerce. Retour sur un aspect méconnu, discret et efficace, d’une opération de reconversion.

formationprojet
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Éric Zemmour, Philippe de Villiers et autres Valérie Pecresse, Bruno Retailleau ou Michel Barnier, comme pèlerin en Arménie, défendent les « valeurs » chrétiennes, dans ce lointain Caucase. Le temps d’une pêche électorale[1]. Fouad Abou Nader, ancien dirigeant de milices chrétiennes, abondé financièrement tant par Dassault que par Laurent Vauquiez et reçu au Sénat et à l’Élysée, a depuis longtemps entonné l’hymne des chrétiens d'Orient et l’a transformé en un fonds de commerce, par la grâce de son humanisme très personnel.

Retour sur un aspect méconnu, discret et efficace, d’une opération de reconversion du bon docteur Fouad Abou Nader : petit-fils de Pierre Gemayel, fondateur du parti phalangiste mais surtout neveu et collaborateur de son redoutable oncle Béchir Gemayel, fondateur des Forces libanaises et autocrate des forces chrétiennes au Liban après l’élimination de ses rivaux.

Le souffle divin

La reconnaissance publique et privée sourit depuis quelque temps au Docteur Fouad Abou Nader.


Un palier est franchi en ce mois de décembre 2020, avec la remise en main propre, par le PDG de Dassault Aviation, d’un chèque de cent cinquante mille euros. Il est destiné à son association Nawraj qui participe à la remise en état de l’équipement médical de l’hôpital des Sœurs du Rosaire de Beyrouth, endommagé par l’explosion du Port de Beyrouth en août 2020.

Un geste que la société Dassault commente ainsi[2] :

« Dassault Aviation entretient une amitié de longue date avec le Liban, dont l’armée de l’air fut équipée de Mirage III et dont plusieurs ressortissants sont de fidèles clients Falcon. Nous avons répondu immédiatement au mouvement de solidarité lancé par le président de la République française, M. Emmanuel Macron. Trois mois plus tard, comme prévu, nous apportons notre contribution en soutenant le personnel soignant de l’hôpital des Sœurs du Rosaire, dont l’engagement quotidien au cœur du drame force l’admiration ».


Le directeur des affaires publiques et sûreté (sic), immortalisé par le quotidien L’Orient-Le Jour, se rendra sur place pour vérifier la destination du don, accompagné de Gwendall Rouillard, député LREM du Morbihan. Point de ruine, chantier ou matériel médical visibles sur la photo. Remarquons, au côté du bon docteur Abou Nader, la présence de Rachid Mtaini, mentionné comme membre fondateur de Nawraj et absent de la liste des fondateurs sur le site de l’association. La sœur Nicolas sur la photo ne se targue d'aucun titre pour signaler ses responsabilités au sein de l’établissement.

La relation entre le chasseur Mirage III, le jet privé Falcon et l’équipement médical du communiqué, dans le contexte de destruction et de dénuement entraîné par l’explosion, est peu évidente. La générosité du leader de l’aéronautique militaire et civile laisse perplexe.

Le montant du chèque est difficilement monnayable pour l’achat de matériel médical et encore moins pour l’équipement d’un hôpital complet, en partie détruit. Les coûts avoisinent plusieurs centaines de milliers d’euros ou de dollars, voire plusieurs millions au regard des sites interrogés[3]. Quelle portée réelle aura ce don pour le bon fonctionnement d’un hôpital et l’association Nawraj ?

Le communiqué précise que ce geste s’accomplit sur une demande du chef de l’État. La société Dassault ne dispose-t-elle pas suffisamment d’autonomie et de moyens pour assurer le montant de ses dons et leur destination ? Il est question de soutenir le personnel soignant. Où se situe le soutien humain, psychologique ou matériel de ce don ?

Il y a plus d’un demi-siècle, Dassault vendait une douzaine de Mirages III au gouvernement libanais. Ces avions connurent une utilisation très restreinte au début des années soixante-dix. Ils restèrent sous cocon pendant la guerre civile et les dix restants furent vendus quasiment… neufs en l’an 2000 au Pakistan[4], non sans avoir déclenché une affaire d’espionnage entre l’URSS et le Liban[5]. L’armée libanaise fit usage d’un seul Falcon 20, retiré du service depuis[6]. Les clients auxquels fait allusion le communiqué sont-ils ceux des différentes évacuations discrètes de personnalités libanaises par des Falcon [7]durant la guerre civile ? La portée de ce bilan et cette « longue amitié » échappe au lecteur.

L’entrepreneur

En consultant les différents éléments biographiques du bon docteur Fouad Abou Nader, d’autres hypothèses se dessinent. Le bon docteur Fouad porte plus d’une casquette, reflet de son dynamisme au service de la cause humanitaire.

Le bon docteur Fouad s’est d’abord assuré de ne pas manquer de ressources personnelles. Il est classé, comme millionnaire[8] dans son pays natal. L’actuel Premier ministre, Najib Mikati, donne l’exemple. Il est l’homme le plus riche du pays[9]. Pour assurer ses arrières, son épouse est tout aussi dévouée aux affaires qu’aux… arts[10]. Madame Sandra Ghosn, épouse Abou Nader, dirige un projet des plus ambitieux pour le développement immobilier[11] au Liban, un projet « ouvert à tous les Libanais » parmi lesquels nous retrouvons Carlos Ghosn, l’ex-PDG de Renault… recherché par Interpol depuis sa fuite du Japon.

Le ruissellement n’est pas hasardeux dans ce pays. Le bon docteur Fouad pressentant les opportunités de l’après-guerre civile fonde, en 1987, une société enregistrée sous le nom de Tanit[12], spécialisée dans la vente d’équipements médicaux. Il continue en parallèle à assurer ses responsabilités au sein des Forces libanaises. La source des capitaux investis dans la société reste inconnue. Une guerre civile n’est-elle pas la source de revenus les plus improbables ?

La chronologie du site de l’entreprise indique une diversification des activités à partir de 2003 en direction du Nigéria ! Rien n’indique leur ampleur, en matière d’investissements, de chiffres d’affaires ou de bénéfices, pourtant essentiels aux investisseurs ! Tanit développe son activité en direction de l’industrie pharmaceutique en 2010, du conseil en 2015 et depuis 2017, elle s’offre même des compétences en génie civil. Ces orientations ont une curieuse ressemblance avec les activités de l’association humanitaire Nawraj, née en 2010.

La mise en œuvre de passerelles entre le monde humanitaire et celui du marché, émet le signal d’un respect irréprochable des règles éthiques. Elles pourraient se résumer par cette phrase, traduite de l’anglais, et mise en exergue sur le site de Tanit : « La technologie et la créativité se rencontrent pour des solutions modernes des soins de santé ».

Pour mémoire et selon le site de la société, le président en fonction de Tanit est un certain Anthony Abou Nader[13] dont la filiation avec le bon docteur Fouad Abou Nader tient de l’amour paternel. Et pour consolider la direction de l’entreprise, Madame Sandra Abou Nader, détient la direction de Tanit International : des atouts supplémentaires pour un mécénat réussi.

Le mécène

Le bon docteur Fouad fonde Nawraj, en 2010, en compagnie d’Augustin Tegho, Nazar Najarian et Iskandar Saba. L’association « au service du Liban » compte, selon son site[14], 70 volontaires et assiste 25 000 familles avec 7,2 % de coûts opérationnels. Ses ressources proviendraient de donations privées ou individuelles, de fondations, de communautés d’origine religieuses, de paroisses, d’églises et de responsables régionaux de l’étranger (!). Ses projets humanistes visent le social, l’agriculture, la santé et l’assistance médicale, l’éducation et la culture ainsi que les infrastructures. Les activités et le montant des projets sont valorisés en pourcentage sur le site de l’association, mais quid des montants réels ?

Les photos, très avenantes, des pères fondateurs de Nawraj, serait-elle une occasion de mieux connaître les protagonistes d’une aventure humanitaire au service des maux de la société libanaise ?

Nazar Najarian, marqué d’une croix sur sa photo, est décédé. L’explosion du port de Beyrouth le surprit dans le quartier général des Forces libanaises situé à proximité. « Nazo », surnom amical de son entourage, est un affable citoyen canado-libanais, dirigeant d’une société d’import-export de produits de luxe. Il fut l’un des bras droits de Béchir Gemayel et collaborateur d’Israël, lors de l’occupation du Liban, en 1982. Ses échecs retentissants, dans la région du Chouf et Saïda, accompagnent les exactions de l’occupation. Blasé, Nazo se reconvertit dans une société de gardiennage au service de l’émir de Sharjah. Sa trésorerie renflouée, le Canada le naturalise, reconverti en homme d’affaires. Sami Gemayel, neveu de son ancien patron Béchir, le rappelle pour « réformer » le parti, mais l’explosion l’éteignit avant terme. Le sort voulut qu’il décède à proximité du port, qu’il pilla avec son parti durant la guerre civile en 1976 : des dommages chiffrés à deux milliards de dollars à l’époque[15].

Augustin Tegho, dit «Tito », est un modeste « héros » et l’un des dirigeants de la bataille de Zahlé, livrée contre l’armée syrienne en 1981, par les Forces libanaises, sous protection israélienne. Iskandar Saba reste d’une discrétion de violette.

Et le bon docteur Fouad Abou Nader ?

Dans l’immédiat, il faut évoquer son modeste rôle joué durant une période de guerre civile. Neveu de Béchir Gemayel et petit-fils du fondateur des Kataebs, devenus depuis les Forces libanaises, notre bon docteur est l’un des dirigeants militaires du parti au moment des massacres de Sabra et Chatila[16]. Absent de Beyrouth, selon ses dires, au moment du massacre, il ne souhaite pas endosser la responsabilité d’un crime de guerre dont les protagonistes sont pourtant ses propres hommes. Mais qui donc commandait ces hommes ? Il hérite de la direction du parti à la mort de son oncle en septembre 1982 et n’exerce plus le métier de médecin depuis lors mais en garde le titre.

C’est véritablement un élan du cœur et des esprits qui pousse ces ex-miliciens et grands pécheurs, touchés par la grâce de l’humanisme, à fonder Nawraj en 2010.

Le bon docteur Fouad n’est pas encore au bout de sa croisade humaniste. Il fonde, toujours en cette année de grâce 2010, puis la coordonne, l’Assemblée des chrétiens d’Orient : une assemblée œcuménique des quatorze églises du Moyen-Orient. Elle veut « consolider la présence chrétienne aux frontières (sic) ». De quelles frontières s’agit-il ?

Les muses et l'auteur

Chez le bon docteur Fouad, l’humanisme déclenche un désir irrépressible de convaincre de sa geste. Il doit assurer sa communication. Il publie, mais ne faudrait-il pas dire « Elles publient », un ouvrage autobiographique ? Le bon docteur Fouad s’est laissé accompagner par les quatre mains de muses inspirées pour nous dérouler leur prose dans un ouvrage intitulé : Liban : les défis de la liberté, paru aux éditions de l’Observatoire en juin 2021.

Les muses sont les journalistes Nathalie Duplan et Valérie Raulin[17], « Grand(e)s reporters spécialistes du Liban ».

Les productions littéraires et chroniques occasionnelles de ces muses nous orientent vers des causes spirituelles ou religieuses, des partis ou des associations, dont l’humanisme n’est pas toujours détectable. L’hagiographie en deux volumes de la défunte milicienne kataeb Jocelyne Khoueiry en est le plus bel exemple. Cette « dame » serait un « ange protecteur » et « indomptable », disent-elles, mais pour qui ?[18]

Le choix d’accompagner l’ex-chef de milice Fouad Abou Nader et responsable de « l’ange protecteur » peut passer pour un heureux concours de circonstances afin de magnifier l’humanisme débordant de notre docteur. La lecture de quelques passages de cet ouvrage permet de comprendre le périmètre humanitaire un peu particulier qui guide notre trio. Quelques rappels historiques, malencontreusement oubliés dans l’ouvrage, ne donneront que plus de magnificence aux faits.

La consécration humaniste

Fouad est né dans le Metn Nord, à Baskinta en juin 1956, sous les meilleurs auspices : Pierre Gemayel est son grand-père, les fils de ce dernier, Béchir et Amine, ses oncles.

Pierre fonde le parti Kataeb après son retour des Jeux olympiques de Berlin en 1936, comme arbitre de football. Pharmacien de métier près des quartiers chauds de Beyrouth, il est envoûté par la magie du verbe hitlérien. Il créera les chemises brunes au Liban, les habillera de bleu avec des casques coloniaux en leur donnant le nom de Kataebs[19].

Pierre quitte alors la blouse du pharmacien pour endosser celle du costume du politicien libanais, toujours tiré à quatre épingles.

Le fils Béchir, avocat de formation, passé par la formation confessionnelle habituelle, prend en main l’entraînement militaire des troupes paternelles à la fin des années 60. Féru d’« indépendance », Béchir aura été trop jeune pour guerroyer en 1958 contre la montée du nationalisme arabe et nassérien.

Sous le patronage de William Haoui, autre fondateur du parti, la troupe se spécialise dans la lutte contre le mouvement national palestinien, le mouvement ouvrier et le communisme. Des courants qui gagnaient la sympathie de la population libanaise, toutes confessions confondues. Comme l’explique le bon docteur Fouad Abou Nader, on aime bien les Palestiniens, mais pas trop, s’ils remettent en cause le Liban : sans préciser de quel Liban il s’agissait.

Le bac et la guerre civile

Au cours de la première année de guerre civile en 1975, Fouad passe son baccalauréat et se laisse pousser la moustache. L’histoire reste muette sur ses mentions. Mais point de regrets, Fouad est un pur produit de la formation confessionnelle du pays : les Jésuites puis les frères du Mont-La-Salle puis à nouveau les Jésuites à l’université. Une formation intellectuelle et sociale, complétée par des entraînements paramilitaires déguisés en jamborees scouts.

Fouad montre un engagement hors normes pour les entraînements. Il dit avoir payé de sa poche les munitions. Pour cela, il se prive de cinéma et de spectacles. Pourtant, fournisseurs et mécènes des kataebs ne manquaient pas au début des années soixante-dix. On y retrouve le célébrissime Sarkis Soghanalian[20] et le roi Hussein de Jordanie lui-même[21].

L’oncle Béchir s’occupe de la formation d’une garde prétorienne au sein des kataebs, à partir de 1973, en créant les B. G., avec les conseils d’un instructeur parachutiste français[22].

Le carabin des tranchées

Fouad est admis à la faculté de médecine de l’Université Saint-Joseph des Jésuites et continue à parfaire sa formation chez les B. G. de l’oncle Béchir.

Chez les B.G., ne sont acceptés que de futurs universitaires, la crème intellectuelle chrétienne, une douzaine de personnes tout au plus.

Cette élite, compte parmi elle les futurs dirigeants et « héros » des Forces libanaises : Fadi Freim (vaincu au cours de la Bataille de la montagne), Jo Eddé ( e sauveur décoré de Zahlé) ou encore le bel Elie Hobeika dit HK (l’un des responsables du massacre de Sabra et Chatila et liquidé par les Israéliens, pour éviter tout témoignage compromettant).

Cette élite se complète par un autre petit-fils de Pierre Gemayel, Amine Assouad (décédé en 1976 avant d’accomplir son rêve à HEC), sans oublier le bien nommé Poussy (feu Massoud al-Achkar, défenseur d’Achrafieh, qui ne résistera pas au Covid).

Le ratio victoires/revers militaires de la troupe n’est pas franchement honorable. Des sections moins prestigieuses du parti furent plus opérationnelles.[23]

Promis, juré, Fouad aura réalisé tous les stages de médecine et passé tous les examens, avec… la complicité du doyen de la faculté, durant la guerre civile, jusqu’en septembre 1982. Malgré ses responsabilités au parti, les révisions seront réalisées dans les tranchées pendant les tours de garde.

Il découvre avec émerveillement, au cours de cette studieuse période, l'opportune nécessité d’une trousse médicale dans le sac du combattant.

Première offensive à Kantari

Les Kataebs lancent la première véritable offensive de la guerre civile vers la fin octobre 1975. Les B.G. en sont le fer de lance.

Jusque-là, la guerre civile se limitait à de simples échanges d’artillerie, à des tireurs embusqués et des enlèvements. Les kataebs et leurs alliés s’en prennent maintenant directement à un quartier aisé à l’ouest de Beyrouth, épargné par la guerre, avec une population cosmopolite et plutôt avenante.

La horde, en grande partie masquée, envahit le quartier. Un certain anonymat, disait-on, était leur garant dans le Liban de demain.

Mais nos combattants anonymes sentirent très vite le vent du boulet. Leur fougue à prendre, la tour el-Murr, la Banque du Liban et la volonté de contrôler le ministère de la Communication, finit en débandade.

La réaction des quartiers populaires adjacents au quartier de Kantari, soutenus par les milices « progressistes », les envoya littéralement à l’eau en quelques jours.

Des zodiacs, venus en renfort du port de Jounieh, évacuèrent in extremis les survivants. Fouad, un peu cachotier, n'évoque pas cet évènement dans l’ouvrage. Était-il parmi les évacués avec son oncle Béchir ?

Ce bref intermède guerrier vaudra au quartier quelques assassinats, des pillages à grande échelle, dont celui d’une école et d’une université arménienne. Doit-on y rajouter l’incendie d’un restaurant autrichien, des hôtels Holiday Inn et du mémorable Saint Georges, ainsi que de nombreux dégâts aux infrastructures ?

Fouad monte tout de même en grade. Est-ce par sa valeur militaire ou ses liens familiaux ? Toujours modeste, il explique, avec force détails, que tout le monde ignorait qu’il était petits-fils et neveu des chefs.

Il participe aux « grandes » batailles du moment, dont la conquête du bidonville de la Quarantaine au début 1976 qu'il désigne comme un camp palestinien, sans modération de ses muses. Le bidonville sera rasé après un siège et un débarquement naval digne de la «bataille de Normandie». Les massacres qui s’en suivent ne sont que fausses informations biaisées par les médias internationaux d’après lui.

Fait-il allusion aux miliciens armés, instruments de musique à la main, qui posent fièrement devant des cadavres suppliciés et des décombres fumants, tout en souriant au photographe Don McCullin, primé pour ses photographies au Vietnam ?

Le bon docteur Fouad commente plutôt les supplications d’une femme devant un milicien. Une photo prise par Françoise Demulder qui, reçut le prix le plus prestigieux du photojournalisme : le World Press Photo de 1977.

Cette photo est, selon lui, qu’« erreurs de communication » et une « interprétation malveillante » des médias. De fait, cette dame suppliante cherche un arrêt de bus proche, pour être évacuée. Le milicien masqué lui indique gentiment ce point de rassemblement, fusil à la main, avec des maisons en flamme en plan de fond.

Mieux.

Fouad nous révèle dans son livre pourquoi le milicien est cagoulé. « Il portait une cagoule parce que nous étions en janvier et qu’il faisait froid!» Pourtant plusieurs personnes sur la photo sont pieds nus ou en sandalettes !

Fouad nous livre le nom du « bienveillant » milicien masqué : Alex Mteini dit « Scorpio »[24]. On retrouvera cet homme, si frileux, deux années plus tard sous uniforme israélien, sans cagoule, en grande conversation, et serviable à souhait, avec de bonnes sœurs, durant la bataille des Cent-Jours d’Achrafieh. Il décèdera deux ans plus tard, dans le même quartier, dans des circonstances non précisées.

Les bouteilles de champagne et son cousin Amine Assouad, rigolard et casqué après la bataille, ne sont que de jeunes gens « heureux d’avoir fait sauter le verrou de la Quarantaine qui bloquait l’accès à Beyrouth, et d’avoir neutralisé les snipers palestiniens responsables de la mort de nombreux civils. Nos camarades étaient satisfaits de pouvoir enfin retourner chez eux. C’est tout ! ».

Une telle abnégation force le respect. Les terrains de la Quarantaine, dit-on, appartiendraient à l’Église maronite. En somme, une bénédiction urbi et orbi pour un « nettoyage » de 1 000 à 1 500 morts.

Responsabilités

Fouad élargit alors son expertise à une autre échelle. Les SOS de l’éminence grise des kataebs, Karim Pakradouni, ont porté leurs fruits à Damas. Le président syrien Hafez El Assad est convaincu que l’armée syrienne doit calmer les velléités du camp « progressiste » au Liban.

Le pays « chrétien » est au bord de l’effondrement militaire au début de l’année 1976. Le renversement d’alliance est l’occasion de « nettoyer » le camp de réfugiés palestiniens de Tall el Zaatar. Il est depuis longtemps dans la mire des miliciens chrétiens, cette fois soutenue par l’armée syrienne.

Situé dans la zone industrielle de Dekwaneh, enclavé dans le pays chrétien, le camp ne tarde pas à payer le prix de cette nouvelle alliance. Encerclé et assiégé, il capitule en août 1976, sur promesse d’une évacuation, sous égide de la Croix rouge, de la population du camp et même des miliciens vers Beyrouth Ouest. Bien peu y arrivèrent.

Point de « gentils garçons » ici pour orienter les évacués vers les camions prévus à cet effet. La victoire fut sobre, sans champagne ni sourires en public, mais quelque 2 000 personnes périrent au cours du siège et de son évacuation.

Fouad est maintenant le bras droit de son oncle et préside directement aux décisions qui conduisirent aux massacres et lynchages des évacués.

Mais ces réfugiés ne mettaient-ils pas en cause l’indépendance du Liban, si chèrement acquise grâce par son grand-père Pierre Gemayel et le parti?

Pierre Gemayel perd au cours du siège, son ami William Hawi. Une balle de franc-tireur met fin à ses visites au front. Béchir est sans chaperon. La fin de l’année 1976 conclut le premier « round » de la guerre civile.

La pax syrianna est cautionnée par les grandes puissances, Israël et les gouvernements arabes. Le statu quo ne règle rien.

Peu fidèles à leur nouvel allié, le dictateur Assad, à qui ils doivent leur survie militaire et politique, les kataebs et leurs partisans accélèrent la collaboration avec Israël, Béchir, en tête. La politique de la « Bonne frontière » avait déjà débuté au Liban Sud durant le premier round.

Elle prend maintenant une autre dimension. Fouad Abou Nader parle de « l’indépendance et la défense de l’intégrité territoriale du Liban ». À l’ombre, du drapeau israélien ?

Le bref triomphe de l’oncle Béchir

Les livraisons d’armes se succèdent et l’entraînement des « braves garçons » bat son plein en Israël. L’affrontement avec les troupes syriennes ne tarde pas. Il va durer de février 1978 à juin 1982. Fouad sera au côté de son oncle, jusqu’à son assassinat comme président de la République libanaise.

Béchir Gemayel a bénéficié d’un puissant appui pour sa campagne électorale : la présence rassurante des chars israéliens autour du Parlement libanais après l’invasion du pays, en juin 1982, pour en chasser l’OLP.

L’argumentaire convainc les parlementaires. Ils seront ramenés, parfois de force, pour l’élire triomphalement. Il ne savourera que quelques jours sa victoire. Une bombe dans son quartier général, placée par quelques ennemis mal intentionnés, mit fin à son rêve.

Fouad ne bénéficiera pas d’un maroquin ministériel, mais se contentera de devenir chef des Forces libanaises vite évincé par les concurrents politiques de son propre parti. Tous n’ont pas le même regard sur les alliances politiques et militaires.

La guerre civile se termine avec un camp chrétien affaibli et des Forces libanaises divisées.


 Fouad est opposé aux accords de Taïf qui mettent fin à la guerre et soutient le général Aoun. Mauvaise pioche. La Syrie restera encore maître à bord pendant une quinzaine d’années sans remettre en cause la bonne marche des affaires au Liban.

Vers l’après-guerre et l’œcuménisme

Fouad « entre en résistance », modestement, au côté d’étudiants kataebs, tout ayant assuré son avenir dès 1987. Il crée la société Tanit, spécialisée dans le négoce et la distribution de matériel médical.

Avec le départ des troupes syriennes en 2005, Fouad prend son envol sur l’œcuménisme libanais. Il veut se rapprocher et se réconcilier avec les « ennemis » d’hier : notables sunnites et druzes du féodal progressiste Walid Joumblatt.

Il ira assister à l’enterrement du responsable militaire druze, son alter ego durant la guerre civile qui avait évincé les Forces libanaises du Chouf durant la période 1983-1985.

Le discours de Fouad est un modèle d’opportunisme conciliateur, mais en définitive bien reçu par les milieux politiques libanais en recherche de nouvelle alliance dans le marécage libanais.

Les miracles de 2010

Le bon docteur Fouad  fonde donc, en cette année de grâce 2010, d’une part Nawraj et de l’autre créer puis présider le Rassemblement des chrétiens d’Orient, définitivement débarrassé de sa moustache et de son treillis militaire. L’homme d’affaires est maintenant en costume trois pièces sur mesure.

La protection des minorités chrétiennes dans le monde arabe est en vogue. La montée en puissance des partis d’extrême droite, depuis les crises économiques de 2008 puis celle du Covid, facilite la démarche. Le bon docteur Fouad l’a compris.

Il se fait inviter à l’Élysée, pensant à une réception présidentielle. Un simple secrétaire le reçoit. Il obtient cependant la médaille d’honneur du Sénat en octobre 2018, pour services rendus contre « le totalitarisme islamique et pour la défense de la démocratie et de la liberté qui sont les valeurs de la France ». La couverture médiatique est assurée par LCI.

L’explosion du port de Beyrouth en août 2020 lui permet de consolider l’approche en frappant à diverses portes. Il surfe entre l’humanisme et l’aide à la population libanaise en détresse.

Le rôle de nombre d’ONG dans le pays revient à maintenir le contrôle de la situation sociale du pays, en pleine déliquescence et sans pouvoir étatique réel. Des populations en détresse qui rejettent la classe politique, inapte à résoudre ses problèmes quotidiens, se tournent vers des associations humanitaires. Tous les partis en profitent.

Nawraj recevra une subvention en deux parties de la part de Laurent Wauquiez, président de la région Rhône-Alpes Auvergne, malgré les protestations des élus et la presse qui dénoncent l’effet vase communicant entre Nawraj et les associations religieuses[25]. Mais s’agit-il seulement de cela ? Les sommes en jeu semblent avoir moins d’effet que les leviers politiques et les perspectives qu’ouvrent ces dernières à notre bon docteur.

Retour d’expérience

Quand ses proches s’étonnent de voir le patriarche « se comporter en pirate du lundi au samedi et en grenouille de bénitier le dimanche », courbé sur son prie-Dieu aux messes, qu’il ne manque jamais, Bolloré père répond sans fard : « La religion catholique est formidable : je pèche, je me confesse, je recommence »[26].

La bonne fortune du docteur Fouad Abou-Nader en suit scrupuleusement l’ordre :

  1. Il péche comme ex-responsable d’une milice d’extrême droite au Liban. Il péche toujours par son entreprise Tanit, spécialisée dans le matériel médical, les produits pharmaceutiques et le génie civil.
  2. Il se confesse publiquement par interviews interposés ou des écrits fantaisistes. Le tout, sur un air révisionniste, assisté par des journalistes complices.
  3. Il recommence comme président d’une association humanitaire Nawraj, soutenue par un arc-en-ciel d’organisations, de la droite jusqu’aux catholiques traditionalistes. À l’occasion, il trouve matière sonnante et trébuchante chez de gros industriels comme Dassault Aviation ou un Laurent Wauquiez, président de la région Rhône-Alpes qui lui offre une caution morale et politique au côté de Gwendall Rouillard, député LREM du Morbihan.

Fouad Abou Nader est un des phénix de la guerre civile libanaise. Potentiel client d’un tribunal pour crime de guerre et contre l’humanité, il bénéficie de l’amnistie très généreuse décrétée par les autorités libanaises pour tous les actes commis au cours de la guerre civile.

Les autorités françaises cautionnent cette amnistie en offrant gîte, honneur, caution morale et prébendes au bon docteur Fouad Abou Nader. Un bel exemple de démocratie partagée, et circulaire, entre l’ancienne colonie et sa métropole.

En sera-t-il toujours ainsi ?

Michael Maschek est l’auteur de Myrtom House Building, un quartier de Beyrouth en guerre civile en 2016 et Comprendre le Liban 2019-2020 en 2020, édités chez L’Harmattan. Chroniqueur occasionnel sur le Liban, sur divers sites, il se consacre à la formation et au conseil en management et gestion de projet. Il pratique avec passion la photo et sa version aérienne au drone.

Sources iconographiques

Les photos de la guerre civile sont empruntées à l’ouvrage du journaliste de l’Orient-Le Jour, Joseph G.Chami, Days of Tragedy. Jours de misère. 75-76, édité à compte d’auteur en 1978 ou aux des sites des milices présentes durant la guerre civile.

Une photo est au crédit de l’auteur : celle d’Alex Mteini en compagnie d’une bonne sœur, prise en octobre 1978.

Notes

[1] https://www.jean-jaures.org/publication/du-liban-a-larmenie-le-sort-des-chretiens-dorient-comme-enjeu-electoral-pour-la-droite-francaise/

[2] Le « Kit de presse » en français et anglais, de la société Dassault, donne un aperçu complet de cette geste humanitaire. Communiqué de presse de Dassault Aviation, 23 décembre 2020 : https://www.dassault-aviation.com/fr/groupe/presse/press-kits/dassault-aviation-et-nawraj-pour-le-liban/.

[3] https://french.alibaba.com/product-detail/hospital-medical-1-5t-mri-scanner-scan-machine-equipment-price-with-mri-film-for-sale-60627107536.html

[4] https://www.techno-science.net/glossaire-definition/Dassault-Mirage-III-page-2.html

[5] https://magazine.com.lb/2013/05/23/laffaire-des-mirage-un-complot-sovietique-dejoue-au-liban-2/

[6] https://fr.wikipedia.org/wiki/Forces_a%C3%A9riennes_libanaises

[7] http://www.pionnair-ge.com/spip1/spip.php?article418

[8] https://allfamousbirthday.com/fouad-abou-nader/

[9] https://www.lesechos.fr/monde/afrique-moyen-orient/najib-mikati-le-slalomeur-du-liban-1335087

[10] http://www.apeal-lb.org

[11]http :/magazine.com.lb/…/18036-le-projet-cedrar-un-message-d’attachement-au-pays-et-de-foi-en-sa-pérennité?issue_id=264 ainsi que https://www.lecommercedulevant.com/article/27775-sandra-abou-nader-cedrar-va-dynamiser-la-region-des-cedres

[12] Tanit : http://www.tanitgroup.com/

[13] https://nawraj.org/nawraj-by-numbers-2/

[14] https://nawraj.org/nawraj-by-numbers-2/

[15] https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_Liban

[16] Fouad Abou Nader, Nathalie Duplan, Valérie Raullin, Liban : les défis de la liberté. Le combat d'un chrétien d'Orient, Paris, Editions de l'Observatoire, 2021

[17] Auteures selon le site d’Amazon en ligne de : Confidence d’un exorciste, Les grandes heures de Solesmes, Le cèdre et la croix, Jocelyne Khoueiry l’indomptable, Le Camp oublié de Dbayeh, Un café à Beyrouth et le petit dernier Liban : les défis de la liberté.

[18] La consultation du quotidien arabophone Al-Nahar durant la période fin octobre à la mi-novembre 1975, permet d’apprécier au plus près les "charmes" de Jocelyne Saab en pose avec ses filles cagoulées.

[19] Jonathan Randal, The tragedy of Lebanon, Just World Books, Charlottesville, 2012 et les Wikipedia: Kataeb Party et Phalanges libanaises.

[20] Dont certains « exploits » sont repris dans le film The Lord of War avec Nicolas Cage.

[21] Anthony Sampson, The Arms Bazaar: From Lebanon to Lockheed, Bantam Books, 1978. Voir également les articles et les YouTube sur Sarkis Soghanalian.

[22] Ibidem Jonathan Randal

[23] Military Operations in Selected Lebanese Built-Up Areas, 1975 – 1978. https://apps.dtic.mil/sti/citations/ADB040213

[24] A la recherche du Liban perdu, Nahida Nakad, Calman Levy, 2008. L’auteur, voisine d’avant-guerre de ce milicien dans le quartier de la galerie Semaan, doute sur le devenir de son ancien camarade de jeu et interview sa mère, quelques années après le décès de son fils. Le « brave garçon » du bon docteur Abou Nader en prend pour son grade. Remarquons que le dénommé Rachid Mteiny, cité plus en compagnie du représentant de Dassault lors de sa visite à Beyrouth, pourrait indiquer un lien de parenté avec Alex Mteiny. Les voies de l’humanitaire sont insondables. Un site lui est même dédié, jouant de la gâchette et du cigare : https://www.alexmteiny.com/the-man-we-call-scorpio

[25] Laurent Wauquiez subventionne un ancien milicien libanais, Lucie Delaport et Ariane Lavrilleux, Mediapart, 29 septembre 2020. Voir également Faute de pouvoir subventionner SOS Chrétiens d’Orient, la Région finance son partenaire, 29 septembre 2020. http://aurassemblement-elus.fr/faute-de-pouvoir-subventionner-sos-chretiens-dorient-region-finance-partenaire/

[26] https://www.lemonde.fr/series-d-ete/article/2021/07/25/cyrille-yannick-et-les-autres-les-heritiers-bollore-a-l-ombre-du-patriarche_6089499_3451060.html

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — France
Le documentaire « Media Crash » de retour sur Mediapart
Après quelque 150 projections-débats dans des cinémas partout en France, « Media Crash » est désormais disponible sur Mediapart, avec des bonus. Le film a suscité l’inquiétude des dizaines de milliers de spectateurs qui l’ont déjà vu, face à la mainmise sur l’information de quelques propriétaires milliardaires, aux censures qu’il révèle et à la fin annoncée de la redevance.
par Valentine Oberti et Luc Hermann (Premières lignes)
Journal — Exécutif
Macron, la gauche Majax
Pour la majorité présidentielle et certains commentateurs zélés, Emmanuel Macron a adressé un « signal à la gauche » en nommant Élisabeth Borne à Matignon. Un tour de passe-passe qui prêterait à sourire s’il ne révélait pas la décomposition du champ politique orchestrée par le chef de l’État.
par Ellen Salvi
Journal
Élisabeth Borne à Matignon : le président choisit la facilité
Trois semaines après sa réélection, Emmanuel Macron a décidé de nommer Élisabeth Borne comme première ministre. À défaut d’élan ou de signal politique, le chef de l’État a opté pour un profil loyal, technique et discret, dans la veine de son premier quinquennat.
par Dan Israel et Ilyes Ramdani
Journal
Orange, nouvel exemple de la gouvernance à la française
L’assemblée générale du groupe de télécommunications doit approuver le 19 mai la nomination de Jacques Aschenbroich comme président d’Orange. Choisi par l’Élysée, le président de Valeo ne connaît pas le monde des télécoms. Tout cela au moment où cette industrie est en pleine révolution.
par Martine Orange

La sélection du Club

Billet de blog
La Méditerranée pour tombeau, pièce journalistique n°1
Changer la compréhension du monde par le partage d’enquêtes sur le terrain. À La Commune CDN d'Aubervilliers, la pièce d'actualité n°17 est aussi la pièce journalistique n°1. Etienne Huver et Jean-Baptiste Renaud ont enquêté sur la route migratoire la plus dangereuse du monde. À l’heure de la solidarité ukrainienne, la Méditerranée n’en finit pas de tuer et nous regardons ailleurs.
par guillaume lasserre
Billet de blog
« Grand remplacement » : un fantasme raciste qui vient de loin
La peur d’un « grand remplacement » des « Blancs chrétiens » est très ancienne en France. Elle a connu une véritable explosion à l’ère coloniale, face à la présence, pourtant quantitavement faible, des travailleurs africains en métropole. Alain Ruscio montre ici que ce fantasme raciste fut un filon politique et un calcul abondamment exploités du XIXe siècle à nos jours.
par Histoire coloniale et postcoloniale
Billet de blog
Le radeau de la Méduse ou le naufrage du vieux monde
[Rediffusion] Les connivences du pouvoir politique et financier aux affaires du vieux monde témoignent chaque jour de leur mépris pour les populations et la démocratie. Partout la nostalgie impérialiste de la domination s'impose comme sauvetage de la mondialisation sauvage. Ne laissons pas le saccage et la peur nous plonger en eaux troubles et relisons plutôt Le radeau de la Méduse du génial Géricault.
par jean noviel
Billet de blog
L'UE a dépensé plus de 340 millions d’I.A. pour le contrôle des frontières
Comme l'écrit Statewatch depuis 2007 l'UE a dépensé plus de 340 millions pour la recherche sur les technologies de l’Intelligence Artificielle (I.A.) destinée au contrôle des frontières, des demandeurs d’asile, de l’immigration, alors que la proposition de loi en la matière actuellement en discussion ne fournit pas les sauvegardes contre les emplois dommageables de ces technologies.
par salvatore palidda