SI ÇA SE TROUVE, NOUS SOMMES DES MILLIONS…

 © René Yoshi © René Yoshi
Je sais que, parce que je mange de la viande, des animaux endurent une vie de misère et meurent dans d'intolérables souffrances.

Je sais que, parce que je mange de la viande, des hommes et des femmes en paient le prix fort dans les abattoirs.

Je sais que, parce que je mange de la viande, la forêt amazonienne est dévastée.

Je sais que, parce que je mange de la viande, des petits paysans sont expulsés et acculés à la misère.

Je sais que, parce que je mange de la viande, des gens meurent de faim dans le monde.

Je sais que, parce que je mange de la viande, je participe étroitement au réchauffement climatique.

Je sais que, parce que je mange de la viande, je contribue activement à la pollution des sols et des milieux aquatiques.

Je sais que, parce que je mange de la viande, je prépare le terrain aux futures pandémies.

 

Seulement voilà, je manque de courage pour arrêter.

J’ai peur que mes amis, mes connaissances, mes relations se moquent de moi.

Si je deviens végétalien·ne, voire végane, je serai en quelque sorte exclu·e de la société, car elle ne me permet pas de m’épanouir sereinement.

Ma différence sera un handicap.

Je n’ai pas la force de supporter les quolibets, les railleries, les sarcasmes.

Je devrai sans cesse justifier mon refus de la violence envers les autres animaux comme si c’était un péché, comme s’il était normal, juste, moral de les maltraiter, de les entraver, de les mutiler, de les entasser, de les massacrer…

 

Si ça se trouve nous sommes des millions à être sensibles à ce que subissent les autres animaux pour finir dans nos assiettes.

Des millions qui n’osent pas.

Des millions qui, s’ils osaient, changeraient peut-être ce monde…

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