Ode à une sirène

De battre, son cœur s’est arrêté ; Ses doigts ne façonneront plus le bronze. Une moto en a décidé autrement un sombre jour d’octobre 2016

© Roland Neveu© Roland Neveu

Valérie Goutard n’est plus. Elle a emporté Val avec elle.

Et Val c’est celle qui nous inspirait tous, une artiste accomplie, une femme magnifique.

Val est à l’origine d’un univers fait de bronze et d’hommes perdus dans un paradis qui ne leur correspond pas.

Seuls ou parfois en couple, ses petits hommes semblent régner sur un royaume étranger.

Alors on les voit partir, loin de leurs bases, jusqu’au bout de cet univers qu’ils ne comprennent pas. 

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Majestés débonnaires, dubitatifs, on les entend réflechir au bord du précipice :

Warum bin ich ich und warum nicht du?
Warum bin ich hier und warum nicht dort?
Wann begann die Zeit und wo endet der Raum?

Et jamais, on ne les voit effectuer ce pas en avant qui les libèrerait. 

Car si le monde de Val semble absurde, il n’est jamais triste.

Et comme elle déborde d’amour, Val ne s’est pas résignée à voir les hommes tomber.

Alors elle a transposé tout son monde au fond de l’Océan pour leur faciliter ce pas avant au bord du precipice. Portés par les eaux, à l’origine de toute vie, ses petits hommes ne craindraient plus l’attraction terrestre.

© Roland Neveu© Roland Neveu

Hors de tout danger, oseront-ils enfin advancer ? On ne le saura jamais

Val a emporté son secret avec elle.

Il nous suffit d’imaginer ses hommes heureux.  

© 4AD

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