La France mérite mieux que ça !

Le cauchemar de Qanbar commence après s'être opposé à la lapidation à mort de sa sœur. Cela lui vaut des menaces de mort. Il fuit son pays, débarque en Norvège où il se voit refuser le droit d'asile. Menacé d'être expulsé, Qanbar rallie la France, mais le règlement Dublin s'applique : il est incarcéré et doit retourner en Norvège. Sans intervention, il sera expulsé en Afghanistan incessamment.

Il y a deux ans, le cauchemar de notre ami Qanbar* commence, lorsqu’il assiste à la lapidation à mort de sa sœur. Elle paye de sa vie d'avoir été accompagnée chez le médecin par son fiancé qui n'était alors pas encore son époux.

Dans cette zone de non droit d’Afghanistan, le simple fait pour Qanbar de s'opposer à l'autorité du Mollah lui vaut des menaces de mort. Il est poursuivi par la Police, et c'est pour sauver sa vie qu'il quitte seul sa province natale à 20 ans.

Son périple le conduit à débarquer en Norvège où il se voit refuser le droit d'asile, comme une grande majorité de ses compatriotes pour lesquels la Norvège oppose un refus. Le Norwegian Directorate of Immigration donne le chiffre de 25,2% d’accords (contre 80,6% en France)**.

Menacé d'être expulsé vers son pays, Qanbar rallie la France, mais cette dernière applique mécaniquement le règlement Dublin : Qanbar est arrivé par la Norvège qui lui a refusé l'asile, il repartira vers la Norvège pour être renvoyé vers son pays.

La France déroule la règle : tout réfugié doit faire sa demande d'asile dans le pays où il a donné ses empreintes pour la première fois.

Application mécanique, puisqu'elle va jusqu'à se charger de l'incarcérer avant de l'expulser, et depuis 20 jours, notre ami Qanbar est retenu dans un centre de rétention administrative et vit dans l'angoisse constante de son expulsion et des multiples périls qui l'attendent en Afghanistan.

 Qanbar a tenté de mettre fin à ses jours le vendredi 28 avril, tant son désespoir est immense. Mais que dire à Qanbar pour le réconforter? Si nous nous mettons en marche contre l'obscurantisme, comment accepter que de telles situations soient possibles ?

Où est passé la grandeur de la France ? Où est passé son discernement ?

La France renvoie Qanbar et reconnaît officiellement dans le même temps que son pays natal est si dangereux qu’il est impossible d’y renvoyer directement quiconque.

 

Alors la France mérite mieux que ça !

 

Elle est un grand pays qui dans sa constitution, affirme son pouvoir de protéger ceux qui sont menacés, L'article 53-1 précise que :

« les autorités de la République ont toujours le droit de donner asile à tout étranger persécuté en raison de son action en faveur de la liberté ou qui sollicite la protection de la France pour un autre motif. »

Jusque dans le règlement Dublin, l'article 17 permet de garder cette prérogative essentielle :

« Il importe que tout État membre puisse déroger aux critères de responsabilité, notamment  pour des motifs humanitaires et de compassion, (,,,) et examiner une demande de protection internationale introduite sur son territoire ou sur le territoire d’un autre État membre, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères obligatoires fixés dans le présent règlement. »

 

Nous alertons ici l'opinion et demandons solennellement aux autorités d'annuler l'expulsion de Qanbar. La France doit examiner sa demande d'asile, et faire la démonstration que l'accueil des réfugiés sur son territoire permet de garantir leur sécurité, et d’offrir des perspectives d’avenir.

  

Français  Langue d’Accueil

Réseau Etudes Supérieures et Orientation des Migrant.e.s et Exilé.e.s

Roya Citoyenne

ATTAC 19/20

NPA

Paris d'Exil

Jeunes Radicaux de Gauche

Act Up-Paris

THOT

 

 

Signez la pétition 

Contact : liberonsqanbar@gmail.com

 

Un travail de recensement des problèmes rencontrés avec ce règlement a été réalisé et est disponible ici : www.stopdublin.fr .

 

*le prénom afghan a été changé

 **https://www.udi.no/en/statistics-and-analysis/statistics/asylum-decisions-by-citizenship-and-outcome-2016/

  http://www.lacimade.org/cartographie-de-la-demande-dasile-en-2016/

 

 

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