FRANCE-CORSE
Abonné·e de Mediapart

49 Billets

0 Édition

Billet de blog 22 oct. 2015

Corse : Schizophrénie socialiste

FRANCE-CORSE
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Emmanuelle de Gentili a reçu, de la direction nationale du PS, « l’investiture pour conduire une liste autour du Parti socialiste lors de l’élection territoriale en Corse de décembre prochain ».

Il faut rappeler que la candidate investie a défendu, et continuera donc de défendre sans doute, deux projets adoptés par la majorité de l’Assemblée de Corse – la « coofficialité » et le « statut de résident » – qui ont fait l’objet d’un refus poli mais ferme du gouvernement au motif qu’ils portent atteinte à certains principes fondamentaux de la République comme l’unité de la nation et l’égalité des citoyens devant la loi.

On est donc dans cette situation ubuesque : une liste se réclamant du PS s’apprête, si certains de ses membres sont élus, à mener le combat contre un gouvernement socialiste, dans la mesure où on sait parfaitement que les nationalistes vont exiger que les deux délibérations soient reprises et défendues, même au prix d’un affrontement, par la nouvelle assemblée.

Circonstances aggravantes : d’une part, la « tête de liste » désignée ayant perdu, par la volonté de Paul Giacobbi, la présidence de l’Office hydraulique, a toutes les raisons de ressentir à l’égard de celui-ci une solide rancœur ; d’autre part, plusieurs poids mi-lourds électoraux figurant sur sa liste ou la soutenant ont exclu tout ralliement au président sortant de l’exécutif dont ils ont eu à souffrir les avanies à l’occasion des dernières élections départementales ou même avant.

Par conséquent, comme de nombreux observateurs l’ont remarqué, un ralliement, au second tour, de la liste socialiste à celle que conduira Gilles Simeoni, présente toutes les apparences d’une possibilité.

Il semble que Mme De Gentili ait fait le forcing pour obtenir l’investiture de la rue de Solferino. Même si la vanité joue souvent un rôle important en politique, activité dans laquelle le goût des « honneurs » est une motivation essentielle chez beaucoup, on a du mal à croire que le seul désir d’être en haut de l’affiche ait guidé la fille de l’ex inamovible chef des socialistes en Haute Corse. Une raison politique doit, sans doute, être intervenue.

En prenant la tête de la liste, Emmanuelle de Gentili s’est donné les moyens de décider du sort de celle-ci dans l’éventualité où elle dépasserait la barre lui permettant de rallier une autre liste qui pourrait être celle des nationalistes, si leur score les met en situation de l’emporter.

On risque alors d’aboutir à ce résultat étonnant, au soir du 13 décembre, de voir la Corse figurer parmi les régions perdues par le PS national à cause de la défection du PS régional !
On se demande comment une telle éventualité a pu échapper aux hiérarques socialistes.

Cette incohérence serait sidérante si elle n’était la manifestation du mépris dans lequel la direction actuelle du PS tient la Corse, sans doute considérée comme politiquement incompréhensible.
Car celui-ci n’en est pas à son coup d’essai.

Il y a longtemps qu’il a renoncé à mettre de l’ordre dans des fédérations dont l’une, au nord, flirte depuis de nombreuses années avec les nationalistes et l’autre, au sud, brille par un sommeil aussi profond que prolongé.
Et dans quelle autre ville française que Bastia la direction du PS a-t-elle entériné une alliance avec l’UMP qui, par l’intermédiaire d’un nationaliste qui ne passe pas pour être un gauchiste échevelé, a réussi à faire tomber une municipalité qui était à gauche depuis un demi-siècle ? Exploit qui a valu à la responsable régionale du parti de conserver sa place au sein du secrétariat national.

Pour la Corse, toutes les extravagances sont apparemment justifiées.
Comment mieux conforter les nationalistes dans leur conviction que, décidément, la Corse n’est pas la France ?

France-Corse

Pour consulter tous nos textes et faire connaitre votre point de vue : www.france-corse.fr  

Pour nous écrire :   redaction@france-corse.fr

L’auteur n’a pas autorisé les commentaires sur ce billet

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Migrations
Husain, Shahwali, Maryam... : ces vies englouties au large de Calais
Qui sont les vingt-sept hommes, femmes et enfants qui ont péri dans la Manche en tentant de rallier la Grande-Bretagne ? Il faudra des semaines, voire des mois pour les identifier formellement. Pour l’heure, Mediapart a réuni les visages de dix de ces exilés, afghans et kurdes irakiens, portés disparus depuis le naufrage du 24 novembre.
par Sarah Brethes (avec Sheerazad Chekaik-Chaila)
Journal — Éducation
« On veut comprendre pourquoi le collège n’a rien fait »
Près d’un mois après le suicide de Dinah, 14 ans, ses parents ont déposé plainte pour « harcèlement » et accusent le collège de non-assistance à personne en danger. Plusieurs témoins dénoncent la passivité de l’établissement. La direction dément tout dysfonctionnement.
par David Perrotin
Journal
LR : un duel Ciotti-Pécresse au second tour
Éric Ciotti est arrivé en tête du premier tour du congrès organisé par Les Républicains pour désigner leur candidat ou leur candidate à l’élection présidentielle. Au second tour, il affrontera Valérie Pécresse, qui a déjà reçu le soutien des éliminés Xavier Bertrand, Michel Barnier et Philippe Juvin.
par Ilyes Ramdani
Journal
Étudiants précaires : une petite prime et des bugs
Plutôt que de réformer le système des bourses, le gouvernement a décidé d’accorder une prime inflation de 100 euros aux étudiants boursiers. Les serveurs du Crous n’ont pas tenu le choc, les bugs se sont multipliés et nombre d’étudiants n’ont pas pu faire leur demande dans les délais.
par Khedidja Zerouali

La sélection du Club

Billet de blog
SOS des élus en situation de handicap
Voilà maintenant 4 ans que le défenseur des droits a reconnu que le handicap était le 1er motif de discrimination en France, pourtant les situations de handicap reconnues représentent 12% de la population. Un texte cosigné par l’APHPP et l’association des élus sourds de France.
par Matthieu Annereau
Billet de blog
Précarité = Adelphité
Nous exclure, nous isoler, nous trier a toujours été admis; nous sacrifier n’a jamais été que le pas suivant déjà franchi par l’histoire, l’actualité nous a prouvé que le franchir à nouveau n’était pas une difficulté.
par Lili K.
Billet de blog
Exaspération
Rien n’est simple dans la vie. Ce serait trop facile. À commencer par la dépendance physique à perpétuité à des tiers, professionnels ou non. Peut-être la situation évoluera-t-elle un tant soit peu lorsque les écoles de formation aux métiers du médico-social et du médical introduiront la Communication NonViolente (CNV) et le travail en pleine conscience dans leurs modules ?
par Marcel Nuss
Billet de blog
Handicap, 4 clés pour que ça change !
Engagée depuis vingt ans pour l’égalité des droits de toutes et tous, je constate comme chacun que les choses avancent très peu. Les changements arriveront lorsqu’il sera compris que le handicap est un sujet social dont tout le monde doit s’emparer. Le 3 décembre, journée internationale du handicap : voici 4 solutions pour qu’advienne enfin une société inclusive !
par Anne-Sarah Kertudo