Eau et changement climatique : les alternatives existent ! N°4

Nous poursuivons notre série sur les alternatives de lutte contre le changement climatique par l'eau avec, cette semaine, une plongée au Kenya au cœur du mouvement de la ceinture verte (the Green Belt Movement).

C’est en 1997 que Wangari Maathai fonde le Mouvement de la ceinture verte, the Green Belt Movement (GBM) sous l’égide du Conseil national des femmes du Kenya (NCWK). Persuadée de l’étroite liaison entre les enjeux environnementaux, les questions de gouvernance, de paix et de droits humains, Wangari Maathai a choisi, par la création de cette organisation non gouvernementale, d’encourager les femmes à planter des arbres.

Ce mouvement lutte ainsi contre la déforestation et la dégradation de l’environnement en outillant les femmes pour planter des arbres. Ces arbres permettent la récupération effective de l’eau de pluie en favorisant leur infiltration et leur maintien dans le sol : celui-ci s’enrichit progressivement et devient moins vulnérable à l’érosion.

Green Belt Movement - Kenya Green Belt Movement - Kenya
C’est ainsi que l’eau recolonise l’espace et régénère l’environnement : les cultures sont plus productives et moins fragiles aux aléas climatiques. Le revenu des femmes s’en trouve à la fois renforcé par l’amélioration des productions agricoles mais aussi par leur diversification dans la production de bois à bruler.

Par la mobilisation des femmes et l’encouragement à la reforestation, ce mouvement agit sur de nombreux domaines : augmentation du revenu des femmes, renouvellement et reconstitution de l’environnement par le biais des forêts, protection des milieux naturels menacés.

En 1998 le Mouvement s’engagea contre le défrichage de la forêt de Karura, en partie vendue à des promoteurs immobiliers privés souhaitant y construire des immeubles. Cette forêt, un écosystème unique proche de Nairobi, est pourtant une barrière naturelle à l’érosion en freinant les vents arides du nord. Protégé par les femmes du mouvement de la ceinture verte, le projet a finalement été abandonné en 2003. Ainsi la forêt de Karura poursuit son rôle biologique en freinant les vents arides, fertilisant et protégeant le sol, tout en maintenant le cycle de local de l’eau.

Par la promotion et la préservation des espaces verts et forêts, The Green Belt Movement favorise la régulation du climat par le cycle de l’eau : les arbres et végétaux assurent un maintien de l’eau dans le sol, préserve sa qualité et limite les conséquences des évènements climatiques extrêmes.

Grâce à ce mouvement, on estime à ce jour que plus de 50 millions d’arbres ont été plantés en Afrique pour lutter contre la déforestation. Pour son incroyable travail au sein du Mouvement de la Ceinture Verte, Wangari Maathaï a reçu en 2004 le prix Nobel de la paix.

Planter des Arbres © Lato Sensu productions

Perrine Bouteloup


Une série sur les alternatives sur l'eau et le climat

Le changement climatique est intrinsèquement lié à l’eau, tant par ses causes que par ses conséquences. Les conséquences, nous les connaissons tous-tes : sécheresses, désertifications, inondations et autres catastrophes climatiques sont toutes liées au surplus ou à l’absence d’eau. Concernant les causes, en revanche, notre gestion des cycles de l’eau est rarement considérée comme un facteur du changement climatique. Pourtant, les activités humaines sont responsables de nombreuses perturbations du cycle de l’eau, participant ainsi au dérèglement climatique aux niveaux local et global. Heureusement, ce processus est réversible. 

C'est pour valoriser les alternatives qui existent que France Libertés et Une seule Planète proposent un parcours numérique. Ce format vous permet de naviguer librement entre 11 étapes construites autour de notions clés: rétablir l’équilibre du cycle de l’eau, les alternatives dans le domaine agricole ou en zone urbaine, les zones humides, la déforestation, l’eau comme levier d’action… De nombreuses ressources, vidéos, podcast, montrent que les solutions existent. En partageant les bonnes pratiques, nous avons voulu montrer que chacun peut agir, à son échelle, et être acteur de la lutte contre le dérèglement climatique.

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