Eau et changement climatique : les alternatives existent ! N°6

Sixième numéro de notre série sur les alternatives de lutte contre le changement climatique par l'eau: découvrez cette semaine les arbres fertilitaires au Togo.

Champ de caféier sous arbres fertilitaires Champ de caféier sous arbres fertilitaires

L’Association pour la Promotion des Arbres Fertilitaires (APAF) œuvre dans différents pays d’Afrique pour la vulgarisation de systèmes de culture agro-écologique et agroforestier.

Champ de café et bananiers avec arbres fertilitaires Champ de café et bananiers avec arbres fertilitaires

Au Togo, comme dans de nombreux pays d’Afrique, l’agriculture exerce une pression très forte sur les ressources naturelles : le recours aux engrais, l’extension des espaces cultivés, les cultures monospécifiques ont épuisé les sols. Pour contrer ces effets dévastateurs sur l’environnement, accentués par les impacts du changement climatique et modifiant le cycle de l’eau, cette ONG a choisi de revaloriser une technique ancestrale : l’agroforesterie avec des arbres fertilitaires.

Après plusieurs années de recherches, l’ONG APAF a sélectionné une trentaine d’arbres « fertilitaires », comme le Samanea saman ou l’albizia adianthifolia. Ceux-ci, avec une symbiose racinaire (bactéries-mycorhizes), ont la propriété d’enrichir le sol, d’en améliorer la texture et de favoriser sa structuration, le tout sans entrer en concurrence avec les cultures associées.

Champ de maïs avec arbres fertilitaires Champ de maïs avec arbres fertilitaires
Le projet PAFVI (Programme d’appui aux initiatives d’agroforesterie et de foresterie villageoise) a été mené au Togo par l’APAF et les paysans investis, et financé entre 2001 et 2004 par l’Union Européenne. Une fois identifiés, les paysans togolais partenaires ont produit et multiplié ces arbres (en pépinière ou par méthode de régénération naturelle assistée) et les ont introduits dans leurs champs. Leur mise en place a été réalisée dans deux types de parcelles :

  •  cultures de cacao ou café associées avec des cultures vivrières,
  •  cultures uniquement maraichères ou vivrières.

Au Togo, ce projet a permis la mise en place de 29 850 champs agroforestiers (d’une surface moyenne de 1,5ha) et 2 900 forêts dans 530 villages et hameaux de la région des Plateaux-Ouest et de la région Maritime.

Maïs, bananiers, cacaoyers, taro sous arbres fertilitaires Maïs, bananiers, cacaoyers, taro sous arbres fertilitaires

L’intérêt de ce système se trouve au-delà des arbres fertilitaires, dans la combinaison de différentes cultures sur plusieurs strates. Une première étude, effectuée en 2007 a confirmé ses avantages environnementaux : diversité biologique, amélioration de la recharge des sources et nappes phréatiques, fertilité des sols, mais également des avantages économiques et sociaux. Une seconde, réalisée en 2010 a mis en avant les augmentations de rendements permis par ces associations pour le café, le maïs et le cacao.

Bien que le projet se soit terminé en 2004, les 30.000 familles paysannes bénéficiaires de ce projet ont poursuivi la mise en place de ces techniques, tandis que de nouveaux paysans togolais les ont également adoptées. Aujourd’hui le nombre de champs agroforestier est en extension, marquant la pérennité du projet.

Perrine Bouteloup


Une série sur les alternatives sur l'eau et le climat

Le changement climatique est intrinsèquement lié à l’eau, tant par ses causes que par ses conséquences. Les conséquences, nous les connaissons tous-tes : sécheresses, désertifications, inondations et autres catastrophes climatiques sont toutes liées au surplus ou à l’absence d’eau. Concernant les causes, en revanche, notre gestion des cycles de l’eau est rarement considérée comme un facteur du changement climatique. Pourtant, les activités humaines sont responsables de nombreuses perturbations du cycle de l’eau, participant ainsi au dérèglement climatique aux niveaux local et global. Heureusement, ce processus est réversible. 

C'est pour valoriser les alternatives qui existent que France Libertés et Une seule Planète proposent un parcours numérique. Ce format vous permet de naviguer librement entre 11 étapes construites autour de notions clés: rétablir l’équilibre du cycle de l’eau, les alternatives dans le domaine agricole ou en zone urbaine, les zones humides, la déforestation, l’eau comme levier d’action… De nombreuses ressources, vidéos, podcast, montrent que les solutions existent. En partageant les bonnes pratiques, nous avons voulu montrer que chacun peut agir, à son échelle, et être acteur de la lutte contre le dérèglement climatique.

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