Eau et changement climatique: les alternatives existent! n°8

Notre série sur les alternatives de lutte contre le changement climatique par l'eau vous emmène cette semaine dans les Vosges, à Raon-l’Etape où les citoyens ont réhabilité un micro-barrage pour produire de l'électricité.

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Raon-l’Etape se situe dans les Vosges. Il y a trente ans, l’industrie du papier y était développée et utilisait l’eau de la Meurthe pour produire de l’énergie. Rapidement remplacés par l’énergie issue du nucléaire, ces barrages ont été délaissés. La volonté et les efforts de quelques citoyens, regroupés au sein d’Ercisol, a permis la réhabilitation de ce micro-barrage.

Avant tout, Ercisol évalue le projet en s’assurant de certains critères de sélections : rentabilité, développement des énergies renouvelables décentralisées, limitation maximum des impacts négatifs sur l’environnement et création d’emplois locaux non délocalisables. Le projet démarre ainsi en 2014 avec la création d’une filiale d’Ercisol : HydroRaon. Celle-ci achète le site la même année auprès de la papeterie de Chatelles, venant de faire faillite.

Une fois le site acquis et les fonds regroupés, les travaux démarrent. Le site ayant été délaissé durant de nombreuses années, les travaux sont importants et impliquent notamment construction de toutes les infrastructures permettant d’injecter l’énergie produite sur le réseau. Afin de limiter les impacts sur la nature, une passe à poisson et un système permettant de laisser circuler les sédiments sont implantés. Les travaux se terminent un an plus tard. En revanche l’installation d’une nouvelle turbine, devant favoriser de hauts rendements, a pris plus de temps imposant une fin de travaux en 2017.

Le chantier s’est donc terminé début 2017, amenant le lancement du micro-barrage en avril. Il produit actuellement 800 MWh/an ce qui équivaut à la consommation annuelle de 250 foyers. A terme, le système devrait produire 1 847 MWh/an, et alimenter environ 700 foyers (hors chauffage et eau chaude). Le micro-barrage de Raon-l’Etape remplit donc toutes ses fonctions : EDF s’est engagé à racheter l’électricité produite à un prix préférentiel favorisant la rentabilité du projet, de plus un emploi à temps partiel a été créé.

Pour finir, la réhabilitation de cette microcentrale hydraulique permet de produire de l’énergie à échelle humaine, sans déstructurer le paysage et sans causer un dérèglement du cycle de l’eau. En étant locale et plus respectueuse de l’environnement et du cycle de l’eau, cette initiative citoyenne représente une réelle alternative aux énergies fossiles, mais également aux grands projets de barrages.

Perrine Bouteloup


Une série sur les alternatives sur l'eau et le climat

Le changement climatique est intrinsèquement lié à l’eau, tant par ses causes que par ses conséquences. Les conséquences, nous les connaissons tous-tes : sécheresses, désertifications, inondations et autres catastrophes climatiques sont toutes liées au surplus ou à l’absence d’eau. Concernant les causes, en revanche, notre gestion des cycles de l’eau est rarement considérée comme un facteur du changement climatique. Pourtant, les activités humaines sont responsables de nombreuses perturbations du cycle de l’eau, participant ainsi au dérèglement climatique aux niveaux local et global. Heureusement, ce processus est réversible. 

C'est pour valoriser les alternatives qui existent que France Libertés et Une seule Planète proposent un parcours numérique. Ce format vous permet de naviguer librement entre 11 étapes construites autour de notions clés: rétablir l’équilibre du cycle de l’eau, les alternatives dans le domaine agricole ou en zone urbaine, les zones humides, la déforestation, l’eau comme levier d’action… De nombreuses ressources, vidéos, podcast, montrent que les solutions existent. En partageant les bonnes pratiques, nous avons voulu montrer que chacun peut agir, à son échelle, et être acteur de la lutte contre le dérèglement climatique.

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