Eau et changement climatique : les alternatives existent ! N°10

Vancouver, une ville qui donne sa place à l'eau et au végétal : c'est le zoom de notre semaine pour notre série sur les alternatives de lutte contre le changement climatique par l'eau.

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Dès son élection, en 2009, Gregor Robertson, Maire de Vancouver, initie le plan « Greenest City ». Il sera lancé en 2011, avec l’objectif, en 2020, de faire de Vancouver la ville la plus verte du monde. Ce plan vise 10 objectifs chiffrés au travers de trois priorités : zéro déchet, zéro carbone, des écosystèmes robustes et performants.

En souhaitant impliquer un maximum de citoyens, la ville s’attaque à de nombreuses transformations.

Outre les travaux concernant les transports, l’énergie, l’urbanisme, et la qualité de vie à Vancouver, une partie du projet travaille à la revégétalisation de l’espace urbain et la place de l’eau dans la ville. Dans ces domaines, plusieurs points sont à relever :

  1. le développement d’espaces verts et la reforestation (l’objectif annoncé étant de planter 150 000 arbres supplémentaires entre 2010 et 2020) et l’inclusion d’espaces de production alimentaire locaux ;
  2. la réduction de la consommation d’eau en 2020, en visant une diminution de 33% par rapport à 2006, de l’utilisation d’eau par habitant ;
  3. la mise en place d’un code du bâtiment propre à Vancouver, instauré en 2008, s’appuyant sur la certification LEED. Cette certification reconnait, entre autres, les effets positifs des toitures végétales, notamment dans la gestion des eaux pluviales et la réduction de l’effet d’îlot de chaleur urbain.

Pour réussir les transitions auxquelles Vancouver aspire, les domaines de l’aménagement du territoire et de l’urbanisation sont essentiels mais ces transformations doivent être bien faites. Le développement des espaces verts, la mise en place de toitures et façades végétales doivent être adaptées aux différents contextes. Par exemple, il est nécessaire de prioriser des espèces locales, nécessitant peu d’entretien, étant peu consommatrice en eau et répondant à des besoins bien précis (isolation, production alimentaire, infiltration de l’eau…).

En 2015, un bilan mi-parcours du plan « Greenest City » permettait d’observer plusieurs avancées :

  • 200 bornes ont été installées pour charger les voitures électriques
  • la ville compte aujourd’hui 275 km de pistes cyclables
  • le nombre de kilomètre parcourus en voiture a diminué de 21% par personne depuis 2007
  • 50 % des déplacements sont faits à pieds, à vélo ou en transports en commun
  • 37 000 arbres ont été plantés depuis 2010
  • les habitants de Vancouver consomment 36% de plus de produits locaux depuis 2010
  • 3 nouveaux espaces verts ont été installés en 2014
  • les déchets solides à enfouir ou à incinérer ont été réduits de 18% depuis 2008
  • une réduction de 16% de l’eau totale consommée depuis 2006.

La dynamique actuelle, lancée par la volonté politique, a permis de fixer de nombreux objectifs dans un pas de temps assez court. Parmi les 10 objectifs fixés, certains ont réussi, ou sont en passe d’être atteints. D’autres, comme la réduction des émissions de GES, dépendent de plusieurs acteurs dont les industries et se font plus durs à atteindre.

Vancouver deviendra-t-elle la ville la plus verte du monde ?, une vidéo par radio-canada.ca

Perrine Bouteloup


Une série sur les alternatives sur l'eau et le climat

Le changement climatique est intrinsèquement lié à l’eau, tant par ses causes que par ses conséquences. Les conséquences, nous les connaissons tous-tes : sécheresses, désertifications, inondations et autres catastrophes climatiques sont toutes liées au surplus ou à l’absence d’eau. Concernant les causes, en revanche, notre gestion des cycles de l’eau est rarement considérée comme un facteur du changement climatique. Pourtant, les activités humaines sont responsables de nombreuses perturbations du cycle de l’eau, participant ainsi au dérèglement climatique aux niveaux local et global. Heureusement, ce processus est réversible. 

C'est pour valoriser les alternatives qui existent que France Libertés et Une seule Planète proposent un parcours numérique. Ce format vous permet de naviguer librement entre 11 étapes construites autour de notions clés: rétablir l’équilibre du cycle de l’eau, les alternatives dans le domaine agricole ou en zone urbaine, les zones humides, la déforestation, l’eau comme levier d’action… De nombreuses ressources, vidéos, podcast, montrent que les solutions existent. En partageant les bonnes pratiques, nous avons voulu montrer que chacun peut agir, à son échelle, et être acteur de la lutte contre le dérèglement climatique.

 

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