Eau et changement climatique : les alternatives existent ! N°13

Comment les Cubains ont-ils converti leur île au bio ? Éléments de réponse dans cet épisode de notre série sur les alternatives de lutte contre le changement climatique par l'eau.

 

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Suite à la chute du mur de Berlin et l’effondrement du bloc soviétique, Cuba se retrouve isolée, une situation accentuée par l’embargo États-unien. Cuba entre alors dans une crise économique importante. Pour satisfaire ses besoins alimentaires, la société civile se mobilise et reprend spontanément possession de la terre. C’est ainsi que tous les espaces vacants, en zones urbaines et rurales, se retrouvent occupés par des cultures de fruits et de légumes, ainsi que par l’élevage de petits animaux.

L’État suit cette initiative en mettant à disposition des terrains pour développer une agriculture vivrière et biologique de proximité : utilisation de la traction animale, valorisation du compost, la lutte biologique contre les nuisibles et les insecticides naturels.

C’est ainsi que se développent des pratiques agro-écologiques, la permaculture, l’agroforesterie et le sylvopastoralisme. Chacun produit à son échelle pour les besoins locaux : les écoles et administrations ont leur propre potager et les anciennes fermes productivistes alimentent les hôpitaux, jardins d’enfants et marchés locaux.

La conversion de Cuba est un succès : la création de 400 000 exploitations agricoles urbaines couvrant 70 000 hectares de terres anciennement inoccupées permettent de produire plus de 1,5 millions de tonnes de légumes. La Havane, capitale du pays, arrive à fournir 50% de la demande de fruits et légumes biologiques à ses 2 200 000 habitants. Outre la sécurité alimentaire et les avantages économiques, cette transformation a de nombreux avantages environnementaux : baisse de la pollution du sol, de l’air et de l’eau, et augmentation de la biodiversité.

Le recours à une agriculture respectueuse de l’environnement et la végétalisation des espaces tant en zone rurales qu’urbaines assure le maintien d’une biodiversité et d’un environnement de qualité. Les activités humaines sont mieux intégrées : sans diminuer la qualité de l’eau, les espaces cultivés favorisent son infiltration puis son stockage dans le sol et la nappe, tout en permettant l’évapotranspiration et maintenant le cycle local de l’eau.

Perrine Bouteloup


Une série sur les alternatives sur l'eau et le climat

Le changement climatique est intrinsèquement lié à l’eau, tant par ses causes que par ses conséquences. Les conséquences, nous les connaissons tous-tes : sécheresses, désertifications, inondations et autres catastrophes climatiques sont toutes liées au surplus ou à l’absence d’eau. Concernant les causes, en revanche, notre gestion des cycles de l’eau est rarement considérée comme un facteur du changement climatique. Pourtant, les activités humaines sont responsables de nombreuses perturbations du cycle de l’eau, participant ainsi au dérèglement climatique aux niveaux local et global. Heureusement, ce processus est réversible. 

C'est pour valoriser les alternatives qui existent que France Libertés et Une seule Planète proposent un parcours numérique. Ce format vous permet de naviguer librement entre 11 étapes construites autour de notions clés: rétablir l’équilibre du cycle de l’eau, les alternatives dans le domaine agricole ou en zone urbaine, les zones humides, la déforestation, l’eau comme levier d’action… De nombreuses ressources, vidéos, podcast, montrent que les solutions existent. En partageant les bonnes pratiques, nous avons voulu montrer que chacun peut agir, à son échelle, et être acteur de la lutte contre le dérèglement climatique.

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