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Billet de blog 7 sept. 2018

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L'édito de Patrick Farbiaz: l'écologie grise de François de Rugy

De l'écologie grise à l'autoritarisme Vert de gris ?

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La nomination du président de l’Assemblée nationale au Ministère de la transition écologique en remplacement du charismatique Nicolas Hulot a été vilipendé de toute part. Cependant cette nomination a une part de cohérence avec le personnage, sa fonction et les objectifs qui lui sont attribués.

La cohérence d’abord.

FDR n’a, depuis ses débuts en politique, jamais varié de ligne. Depuis ses premiers engagements, il n’a jamais cessé de prôner un centrisme de gauche modéré, fondé sur pondération et le refus du conflit. Il crée, à moins de 20 ans, un courant de jeunes « écolos démocrates » dans Génération écologie avec son compère François Michel Lambert. Il soutiendra jusqu’au bout Brice Lalonde permettant à ce dernier de gagner un Conseil national décisif en 1993 quand Noël Mamère pouvait espérer l’emporter. Un an plus tard, constatant la dérive trop droitière et sans issue de Génération Ecologie, il rejoindra le groupe constitué par le maire de Bègles, Convergences Ecologie Solidarité, celui ci appuyant alors la candidature de Jacques Delors puis de Lionel Jospin. Puis ayant rejoint les Verts, il deviendra le clone de jean marc Ayrault à Nantes.

En réalité dans toute sa carrière, le nouveau ministre de la Transition Ecologique a toujours prôné une écologie des petits pas, celle précisément dénoncée par Nicolas Hulot. Les écologistes sont comme les chats, on les croit tous de la même espèce et on en découvre des dizaines de variétés différentes.

FDR appartient à une catégorie particulière, l’écologie grise.

Ni verte, ni rouge, ni même rose, cette écologie est une écologie passemurailles qui se confond avec les institutions et le marché   Cette écologie compatible avec le libéralisme, et droite et de gauche, est fondée sur la construction de majorité de consensus. Cette écologie grise, FDR la porte depuis qu’il est entré dans la carrière. Et c’est bien la seule chose à travers ses multiples manœuvres que l’on puisse lui reprocher.

L’écologie grise qu’est ce que c’est   finalement ?  Au nom de la tolérance, elle tolère le glyphosate, les chasses à courre présidentielle, l’huile de palme, la Montagne d’Or en Guyane, j’en passe et des pires, car le seul véritable adversaire de FDR, c’est le « gauchisme » quelle que soit sa forme. DE EELV à Benoit Hamon, de Mélenchon au NPA, FDR n’a eu de cesse de combattre tel Don Quichotte les moulins à vents qu’il s’inventait lui même.  Il transforme en sectes toutes les variantes d’ opposition à ce centrisme libéral qui n’a de cesse de détruire le modèle social.

L’écologie grise se fonde dans ce Parti gris, nommé En Marche, devenu une secte populiste libérale qui au nom d’une coalition regroupant gauche et droite libérale tire sur tout ce qui relève la tête à gauche.  Ce marécage centriste a accouché d’un parti mi chèvre- mi chou, dirigé par un Sauveur bonapartiste qui sous le drapeau du progressisme est un nouveau Guizot, partisan d’une modernisation industrialiste à tout crin de la France sous direction de la commission européenne, c’est à dire l’exacte contraire de l’écologie politique. FDR et son Maitre Macron reprennent le proverbe imagé de l’ancien leader chinois Teng Tsiao Ping : « Peu importe que le chat soit noir ou gris, ce qui importe c’est qu’il attrape la souris ». Le problème, c’est que dans le cas de FDR, le chat, c’est le capitalisme vert et la souris, l’écologie politique; le chat, c’est l’économie carbonée et la souris, la dégradation climatique et la 6ème extinction des espèces. Cette écologie de pisse froid où tous les chats sont gris, s’appuie sur la croissance verte, l’économie verte, le greenwashing.

L’écologie grise est une fuite en avant face à la responsabilité immense qu’il conviendrait de tenir face à la crise climatique, à celle de la biodiversité, aux guerres de l’eau, à la déforestation, à la destruction programmée de la santé environnementale. En fait, l’écologie grise prépare une fuite en avant qui s’appuiera sur les mêmes arguments déjà avancés, comme par exemple « l’économie n’est pas l’ennemi de l’écologie ».

Le nouveau Grand bond en avant que prépare l’écologie grise, faute de prendre les mesures évidentes nécessaires (fin des subventions publiques et privées à l’économie carbonée, sortie du nucléaire, arrêt de l’agriculture intensive chimique…), c’est la géo ingénierie (au motif de prendre des mesures ultimes contre le réchauffement climatique). perspective : Le capitalisme vert construira des moyens de destructions massives qui accélèreront la crise écologique en changeant artificiellement le climat ! Et là  avec ce nouveau Projet Manhattan, nous passerons de l’écologie grise  à l’écologie autoritariste Vert de gris. 

Patrick Farbiaz, Ecologie Sociale

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