Le poète qu'on assassine

"Il faut remettre les conteurs à zéro..."La vie d'Yvon Le Men a basculé lorsque Pôle Emploi l'a avisé qu'il était radié du régime des intermittents du spectacle vivant et l'a contraint à rembourser des années d'indemnités : 29 796 €.

"Il faut remettre les conteurs à zéro..."

La vie d'Yvon Le Men a basculé lorsque Pôle Emploi l'a avisé qu'il était radié du régime des intermittents du spectacle vivant et l'a contraint à rembourser des années d'indemnités : 29 796 €.

"Il faut remettre les conteurs à zéro", comme il l'écrit en exergue de ce livre-cri "En fin de droits", illustré par Pef, paru aux éditions Bruno Doucey, dans la collection Soleil noir et qui sortira le 2 octobre en librairie  mais dont les visiteurs du festival "Étonnants voyageurs" de Saint Malo ont eu la primeur.

Poète est son métier.

Yvon Le Men, né à Tréguier en 1953 dans une famille pauvre, vit aujourd'hui à Lannion. Défenseur acharné d'une poésie, véritable anthropologie du quotidien, il sillonne la Bretagne et bien au-delà, le vaste monde avec "Etonnants Voyageurs" pour partager la poésie avec le plus grand nombre. Intermittent du spectacle depuis 1986, il écrit et dit sa poésie dans les écoles, les médiathèques, sur les scènes.

"Et soudain, ton statut précaire d'intermittent, tu le perds"

"Après 40 ans de vaches maigres" et 20 ans de relative tranquillité, crac ! Tout s'effondre ! L'administration le déclare en fin de droits. Elle l'accuse d'avoir triché, "d'avoir volé dans les caisses du chômage". Il serait directeur de l'Association "Chant Manuel" qui l'emploie, le rémunère... Perdu, éperdu, il veut s'expliquer, on ne l'écoute pas ! Que reste t-il alors ? Les amis, la solidarité de tous ceux qui refusent d'être tués pour l'exemple, celle de tous ceux qui refusent l'obscénité d'une société fondée sur l'exclusion, l'arbitraire.

Ils se sont regroupés dimanche 8 juin , au café littéraire d'Etonnants voyageurs" autour d'Yvon qui a dit ce long poème "En fin de droits" et ils ont crié en silence, émus, contre l'injustice. Puis ils sont repartis, le petit livre bleu sur le coeur, après avoir signé la pétition de protestation... opposant à la force aveugle leur détermination "en espoir de cause"

Contact du collectif : http://www.findedroitdequeldroit.fr/

 

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