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Billet de blog 1 avr. 2014

Hollande est un loup

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Jean Luc Melenchon dans son allocution après ces municipales 2014, nous montre une fois de plus sa profonde conviction dans un socialisme au service du peuple. Lui, trahi par le PS, par le PC (je la fais courte) affiche la mine du perdant, c'est le peuple le grand perdant car de nombreuses villes tombent à droite, tout cela sera à refaire. Melenchon, trahi, insulté, ne peut s'empêcher de partager cette défaite qu'il a annoncée et dont il n'est aucunement responsable.
Cela ne fait que souligner l'humanité, la conviction, la qualité de l'homme me direz vous? Et bien non, ce discours va le desservir encore une fois de plus, ce discours va alimenter ce doute originel. Mélechon fait partie du même sérail, il arbore la même mine triste que ses anciens compagnons battus.

Qui s'attache à juger un homme par la constance de ses positions, par la sincérité de son discours, par la passion dans ses engagements?
Certainement pas les journalistes qui à la conférence de presse de Taubira sont tous les yeux rivés sur leurs claviers s'interdisant à relever ce petit signe annonciateur d'un mensonge, d'un malaise, ce petit tic nerveux révélateur, ce langage corporel libéré de tout symbolisme, l'expression de l'âme.

Non ceux qui transmettent l'information n'ont ni les compétences, ni l'expérience requise pour déceler la fierté egotiste d'une Taubira, la servitude studieuse (dans le sens poussif) d'un Ayrault, la faconde sans aucun scrupule d'un Cahuzac, l'agressivité fielleuse d'un Assouline.
Les électeurs n'ont donc pas les séquences suffisantes pour user du détecteur de mensonge qu'ils utilisent tous les jours, pour jauger un client, un supérieur, un partenaire.

Mais surtout, ce discours révèle que Melenchon ne se résout pas à considérer ses anciens partenaires pour ce qu'ils sont : des parvenus. C'est à dire des politiques qui petit à petit ont perdus foi en leurs convictions, qui au fil d'un parcourt professionnel exigeant compromission, clientélisme, soumission, trahison, ont pris le parti de satisfaire leur ambition, d'assurer leur avenir personnel. Et cela n'importe quels prix.

Ces élections municipales, qui représentent pour certains opportunistes la première marche d'un parcours politique révèlent parfaitement de quoi sera fait le quotidien de ces hommes. Luttes internes, cohalitions contre nature, trahison (I.Brossat). Les révélations de Médiapart sur Icade prouvent que leur avenir sera pire, toujours plus de clientélisme, de conflits et d'intérêts, que cela se transmet aussi à toutes les hautes sphères de l'administration, la cour des comptes, la cour de cassation (Alibert).

Melechon fait l'erreur et c'est tout à son honneur, de considérer Hollande comme un imbécile qui aurait joué le mauvais cheval. Mais revenons un peu sur le parcours de Mister Hollande.
Les études qu'il a suivies, même si elles ne sont pas à la hauteur de leurs prétentions, nous garantissent qu'il est capable d'aller à l'essentiel sur des sujets variés et d'en faire une synthèse. Comment donc un tel homme peut choisir consciencieusement, méthodiquement une politique qui tout aussi surement conduit à l'aliénation du plus grand nombre, au profit d'un petit nombre , au mépris de notre patrimoine écologique.
Cet homme sait que le pacte de responsabilité n'est pas une solution qui permettait de donner à tous un moyen de subsistance. Il sait que le travail se raréfie, il sait que notre consommation à outrance n'est plus viable à cours terme désormais, il sait que les rebelles d'Al Nosra ont utilisés des armes chimiques en Turquie bien avant de s'attaquer aux populations Syriennes, il sait que son ex compagnon du PSI Laurent Gbagbo est injustement emprisonné, il sait......

Mais François Hollande a compris bien avant les élections de 2012 qu'il n'avait pas de foi politique. Je me permettrais une hypothèse en faisant coïncider cette prise de conscience, avec la rupture de son couple et une déception profonde qui en serait l'origine.
Quoi qu'il en soit, et peu importe, Francois Hollande s'attachera à soigner son look plutot que d'approfondir les dossiers. à concubiner comme il sied pour effacer l'image du mari largué second couteau, et se fixera pour objectif le plus haut sans trop y croire, on sait jamais. Et peu importe les moyens.
S'il n'a connu le socialisme que dans les hautes sphères de l'administration et du pouvoir ce n'est après tout pas sa faute. Car les socialistes au pouvoir sont des hauts fonctionnaires de pères en fils, ils font partie des petites affaires entre amis au delà des conflits d'intérets, ils font partie de ceux qui pris la main dans le sac, auront droit à la clémence de leurs pairs et au pire une cellule aménagée. Ce socialisme n'est finalement qu'une façon doucereuse de présenter les choses. Nous et vous. François Hollande n'a donc pas de difficulté à concevoir un socialisme qui ne changerait absolument rien à l'ordre des choses.
En 2008 la French American Foundation le désigne Young Leader. Prometteur donc. Les circonstances font qu'une primaire révolutionnaire est décrétée au PS, l'outsider devient leader (bien vu la FAF), l'opposant est tellement corrompu (bien avant que le plus compromettant ne soit dévoilé). Hollande est président avec pour seul programme son désir et son ambition de réussir. Désormais François Hollande n'aura de cesse que de conserver le plus haut poste auquel il aura pu prétendre, le plus longtemps possible et par tous les moyens.

Donc n'attendez pas de François Hollande qu'il prenne les décisions adéquates pour solutionner les problèmes de la population française, lisez plutôt François Hollande à l'horizon 2017, comme choisissant toujours le partenaire le plus fort, prêt à renier ou trahir les siens. A l'international son choix est fait depuis longtemps : les USA, les yeux fermés. A l'échelle française, le grand patronat. A l'échelle européenne, les grands pôles économiques compétitifs. Et François Hollande en 2017 ne sera pas le candidat de la gauche (qu'il a décrédibilisé) mais du centre, du ventre tel que l'on nommait ceux qui suivaient selon sans rien comprendre et sans conviction en 1789. Donc PRG, PS, MODEM,UDI. François Hollande sera le fossoyeur du Parti Socialiste, les socialistes d'appareil le suivront, les socialistes de coeur méditerons sur leur manque de vigilance et peut être aussi de conviction.

Autant dire que Melenchon, par son départ, par son programme a d'autres ambitions chevillées au corps. Une ambition de gérer l'état pour le bien de tous selon les principes fondamentaux de la république. Une politique qui n'a jamais été menée. Celle que François Hollande n'a jamais choisie et qu'il combattra par tous les moyens avec l'aide des plus forts, les USA, le grand patronat.

l ne reste qu'un pas à faire,celui de considérer François Hollande comme l'adversaire le plus redoutable, fort de sa duplicité, fort de cet appareil d'état savamment confisqué.

Le socialisme (en France) est mort aujourd'hui. Le jeu de domino ne sera certainement pas celui qui euphorise une Nathalie ST Cricq (européennes, sénat) toute à sa dévotion, mais celui que nous imposeront des forces et des circonstances auxquelles nul ne pourra s'abstenir. Après la gauche caviar, le PS atlantiste et fanatiquement libéral ont rendus les français allergiques au mot. Les médias ne présentent qu'une seule alternative et au mépris des règles non appliquées du CSA, obfusquent ce Front de Gauche si proche des attentes de tous ceux qui n'ont pas voté.

Il faudra trouver un autre terme pour désigner la petite flamme qui scintillera toujours dans la tête et les rêves de Jean Luc Melenchon.

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