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Billet de blog 11 avr. 2014

A la recherche des objectifs cachés de François Hollande

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Si le dernier article faisait l’éloge du seul politique investi et lucide, l’objectif était tout autre. J’aurai pu l’intituler à la recherche des motivations cachées de François Hollande. Hollande est aussi générique ici. Il représente ses pairs, les libéraux au pouvoir, mais aussi ceux qui officient et financent les lobbys, les médias, afin que ces hommes soient plébiscités malgré les échecs répétés de leurs politiques.

L’hypothèse est que Hollande n’est pas dupe sur l’échec de sa politique quant aux objectifs affichés et que donc, ses objectifs sont tout autres.

Avant tout considérons ces informations cruciales sur le climat.

  • Le rapport du GIEC alarmant. Le lancement d’un satellite Sentinel dans le cadre du plus long programme européen d’observation de la planète jamais envisagé, Copernicus. Donc un réchauffement climatique alarmant qui ne surprend pas nos politiques. De plus ils sont convaincus de l’urgence, les « grands programmes » ensemble ne sont pas légion (l’absence de mobilisation pour Fukushima est un exemple). Ce qui nous permet de penser que ce projet ne date pas d’hier. Ils sont donc sensibles et surement inquiets. Nous pouvons supposer que tous les membres du conseil européen ont sous les yeux la traduction idoine du rapport for policymakers (les faiseurs de politique) sous les yeux (Pour nous c’est en anglais).
  • La mise en scène d’un Bill Gates philanthrope, lui qui jusqu’à présent s’est distingué à faire l’inverse, à savoir de l’argent. Puisque nous parlions de traduction, il est l’homme qui a créé le système d’exploitation hégémonique qui oblige un français a choisir « démarrer » pour arrêter son système. Vous noterez aussi que cette « gymnastique » cognitive est de plus en plus répandue et obligée. L’homme le plus riche du monde est reçu a l’Elysée et présenté par Pujadas et JP Chapelle sur France2 comme un philanthrope, les mots de don et sacrifice introduisent l’interview la plus pute jamais réalisée. Pujadas et Chapelle savent que Bill gates est étroitement lié à Monsanto, qu’il investit massivement dans la recherche médicale et plus particulièrement sur les vaccins, en Afrique (demain continent le plus peuplé). Il est un des plus grand contributeur de l’OMS mais pas une seule question sur ces sujets [1].

Donc autant d’informations, diffusées ou non, édulcorées et souvent falsifiées, qui confirment que le libéralisme tout crin à une fin, la notre. Nos ressources s’épuisent, l’impact de notre activité dérégulée est aujourd’hui alarmant, il sera demain catastrophique puisque nous serons plus nombreux. Croitre n’est plus prospérer, ce sera la nouvelle donne, et à cette fin certaine devront répondre les biens nommés « faiseurs politiques » qui non seulement sont informés mais se dotent d’outils perfectionnés pour évaluer les dégâts.

Quoi qu’il advienne, deux types de réponses : réguler l’activité afin de tolérer une population importante ou réguler la démographie afin de préserver une consommation croissante. Ensemble ou chacun pour soi, toujours la même question en somme mais avec une contrainte de temps non négligeable pour celui qui choisirai le « vivre ensemble ». Attendre c’est choisir le « sauve qui peut ». La pêche au saumon, avancer c’est perdre du terrain.

Bill (et oui nous sommes de la même famille, mon prénom c’est Renée) s’est déjà posé la question et commence à agir. Bill fait des conférences depuis 2010 sur le réchauffement climatique et la nécessité d’éliminer toute production de CO2 (Niveau 0 dit il). L’équation est simple : population * niveau de vie (services et énergie pour produire ces services) = émission de CO2. Le problème est qu’il plaisante une première fois en mentionnant que dans une multiplication il suffit d’un opérande à 0 pour obtenir 0 (0 * X = 0), puis dans plusieurs interview ou conférences, associe vaccination et réduction de la croissance démographique. Première intervention, sa langue a fourché, deuxième ..pas glop! Voilà quelqu’un d’ informé qui souhaite maitriser la production de nourriture, la santé, sur le continent qui demain sera le plus peuplé de la planète, l’Afrique. La direction a le mérite d’être claire. Coup de chapeau à Pujadas pour le coup de baguette magique.

Notre président a t il choisi?
Donc ceci pour dire que François Hollande ne peut pas miser sur cet optimisme, ce « continuer en attendant l’opportunité qui ne manquera pas de survenir », il sait que les options d’aujourd’hui si elles ne seront pas suffisantes, seront les dernières qui puissent avoir l’ambition de nous soustraire à un ultimatum inéluctable. La population augmente, les ressources se raréfient, les intérêts divergent

Pour son cas personnel, il avance doucement et opportunément dans une hiérarchie d’appareil d’état qui s’élargissant au champ Européen et peut être Mondial (soyons fou, cette société des nations, ce gouvernement mondial) lui donnent des objectifs nouveaux. Les Obama doivent sentir un vent nouveau, une petite brise constante, une alizée. Si l’occasion se présente, il sera là! c’est du déterminisme.

Mais pour nous, que nous réserve t il? Nous, l’électorat, variable d’ajustement dans cet appareil réservé, ceux que l’on consulte via sondages ou élections afin d’établir la cote de ceux qui serviront l’état. Ce nous, François Hollande l’a digéré, intégré. Nous sommes ceux qui l’ont adoubé, qu’il doit servir dans le sens occuper sa place, qu’il doit rassurer dans le sens « vous ne perdrez pas ce que vous possédez », qu’il doit motiver dans le sens « ça pourrait être pire ». Ce nous, il le respecte tellement qu’il n’a jamais eu l’outrecuidance de vouloir, de prétendre lui proposer un autre chemin. Et il ne l’a jamais fait , François Hollande ne fait qu’avec ce qui est.
Ce qui est, c’est une oligarchie qui s’est patiemment construite depuis la fin de la première guerre mondiale, une oligarchie de droite et/ou radical socialiste qui ne sait proposer qu’une politique convenue, attentiste, libérale, réactionnaire, attendue par le marché, dans un appareil d’état dont les codes sont bien compris de tous. Ces gens prennent autre chose que de la cocaïne croyez moi, une substance secrète qui leur permet de bomber le torse et de proposer puis imposer ce qui ne marchera jamais et ainsi,.. de suite. Depuis 20 ans ils réduiront le chômage, depuis 20 ans ils demanderont à tous de faire des efforts, et depuis 20 ans ils se planteront lamentablement mais se succèderont, s’ auto congratuleront, s’adouberont sans coup férir..
Changer de voie, changer de politique, c’est changer les « élites » (Ah si les triples guillemets existaient), changer l’appareil Et cet appareil d’état, c’est le jardin d’Eden de François Hollande, c’est la longue route asphaltée de Forrest Gump, la guitare pour Jimmi Hendrix. Plutôt mourir.

Le seul domaine où Hollande aurait pu manœuvrer c’est l’international. Dans ce domaine il a choisi [2] : atlantisme, sans frein. Lorsque demain notre planète ne pourra subvenir aux besoins de tous, nous serons avec les plus forts, les plus agressifs, ceux qui déclinent mais possèdent la plus grande armée offensive, ceux qui détiennent la monnaie étalon/pétrole. Et c’est dans ce contexte que François Hollande projette notre avenir et son ambition procrastineuse. Alors si il faut être le premier à reconnaitre un CNS fantoche, il le fait, si il faut laisser croupir en prison un Laurent Gbagbo membre du PSI, pas de problème, si il faut muter des parlementaires français rétifs aux exactions des voyous Israeliens, il visite Netanyaou, si il faut mentir pour attaquer la Syrie, pas de problème, si il faut mentir pour déstabiliser l’Ukraine, on sait faire, si il faut créer un conflit communautaire et religieux au Mali, on sait faire aussi, si il faut changer de gouvernement, on garde Fabius avec le commerce extérieur en prime. La c’est clair et c’est net, sans bavure, ce n’est pas le Hollande que Pujadas nous vend. Question indécision vous repasserez. L’homme est déterminé à nous placer du bon côté, celui de ceux qui vont continuer à faire ce qui ne marche pas, dans le but de préserver une minorité au détriment de tous les autres.

Et un jour viendra, où comme aujourd’hui toutes les mesures prises sont obligées par un accord imbécile européen qu’il a signé, François Hollande nous dira qu’il est trop tard, que nous n’avons pas le choix, la nourriture se raréfie, le pétrole est rare, nos centrales sont au point de rupture, le monde est un bordel sans nom, qu’il faut réagir et construire un mur afin de protéger notre civilisation [3].

François Hollande nous dit laissez moi faire pour que rien ne change. Et je suis sur qu’il croise les doigts, tous les matins, pour que dans le grand nulle part où il nous conduit, il y ait une échelle.

notes :

1 – Je précise cela pour noter leur responsabilité, ils ne nous ont pas informés mais surtout nous ont caché ce qu’ils savaient (faites une recherche rapide sur le web, ils savent). Ces exécutants des basses oeuvres ont pour mission de ne jamais diffuser un évènement, de vous couper de la réalité. Les intermittents qui travaillent à leurs côtés pensaient pouvoir s’exprimer sur le plateau. Pujadas ne leur a pas laissé une minute d’antenne. Je conseille aux intermittents de lire « technique du coup d’état » et d’occuper la régie avant de mettre un pied sur le plateau. Mais quand même, la confiance qu’ils accordaient malgré tout à ce piteux relais du pouvoir en dit long.

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2 – Les états unis sont la bonne étoile de François Hollande.

  • Les primaires, sans lesquelles il n’aurait jamais été le candidat des militants socialistes.
  • la chute de DSK au bon moment, au bon endroit (Sarkosy s’en inquiétait)
  • ils ont été les premiers à remarquer cet homme politique prometteur, ce « french young leader » dès 1998 via la French American Foundation (philanthropique il va sans dire).

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3 – Son prédécesseur Georges Bonnet radical socialiste grand procrastineur de ministère pendant 40 ans sous tous les régimes sollicitait l’expertise d’un Riebbentrop en 1938, François Hollande lui aussi saura a qui s’adresser pour le « savoir faire ».

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