Lutte contre le terrorisme et l’immigration. On a oublié l’éducation

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Pour le président du Parlement européen, Antonio Tajani l’Union européenne fait face à trois problèmes majeurs, le terrorisme, l'immigration illégale et le chômage. Il l’avait déclaré mai 2017 lors d’une conférence de presse  à Tallinn, la capitale estonienne. Si le chômage reste une affaire interne à l’UE, le terrorisme et l’immigration sont des phénomènes externes. Certes, mais cela ne veut pas dire pour autant que l’Europe peut négliger ces problèmes du moment qu’ils ont un impact immédiat sur l’économie et la société européennes.

Les Etats-Unis qui affichent un taux d’emploi envié en Europe, sont eux aussi confrontés aux effets de l’intégrisme et de l’immigration.

Jusqu’à maintenant, néanmoins, les réponses apportées à ces maux n’ont pas été basées sur des analyses profondes des causes qui y ont mené. Les migrants et les terroristes ont pourtant un point commun, facile à détecter, L’éducation et la formation. Dans les pays exportateurs du terrorisme et de l’immigration,  en particulier les pays africains et arabes, la situation des secteurs sociaux y compris l’éducation et la formation n’est pas en état de donner naissance à des citoyens capables de se prendre en charge, transformant leurs capacités en projets. L’esprit d’entreprise n’est pas une culture locale. On compte trop sur l’Etat qui doit trouver du travail aux jeunes.

Ces derniers, quand ils ne reçoivent pas leur « part du gâteau », vont manifester leur malaise de différentes manières. Certains chercheront à prendre le large et trouver leur bonheur dans d’autres espaces jugés plus cléments et d’autres iront se faire recruter par des groupes terroristes dont les moyens de financement colossaux leur permettent de séduire des laissés pour compte auxquels ils font miroiter une vie meilleure dans une société parfaitement égalitaire où chacun aura droit à une vie dans la dignité.

L’Europe qui est la plus touchée par ces phénomènes, est appelée à s’investir davantage dans un projet international tendant à limiter les causes de l’immigration et du terrorisme. Il ne s’agit pas uniquement d’augmenter les effectifs des gardes frontières ou d’envoyer plus de soldats dans les zones investies par les terroristes, mais mieux encore d’attaquer le mal à la racine. Contribuer à l’éducation et à la formation de ces jeunes perdus que personne ne semble prendre en charge. D’autant plus que leurs pays, dépassés par la situation semblent manquer de moyens, malgré leur volonté affichée de résoudre tous les problèmes sociaux. Il ne s’agit pas d’un choix, mais peut-être plus d’une obligation du moment où des pays européens, notamment la France ont des intérêts vitaux en Afrique, comme d’autres pays ont les leurs au moyen Orient.

L’éducation est la variable fondamentale qui doit faire l’objet d’une stratégie mûrement réfléchie aux objectifs bien définis. Certains pays l’ont compris et le Maroc, qui a connu un large débat sur la langue d’enseignement et qui a su mettre fin au terrorisme dont il a été victime à plusieurs reprise, entame une nouvelle phase de résolution de ces questions lancinantes. Le dossier est suivi par le roi Mohammed VI lui-même qui, cette semaine encore a réuni tous les départements concernés par la formation professionnelle et l’éducation pour leur demander d’établir, sans délai, une feuille de route capable de donner aux jeunes les moyens qui leur permettaient de mieux s’intégrer dans la société et d’être des citoyens utiles pour leur pays et pour le monde.

D’autres pays peuvent en faire autant, à condition que l’Europe participe à cet effort. Le calcul est simple. Combien coûte la lutte contre l’immigration clandestine et le terrorisme avec leurs drames humains insupportables et combien coûtera une coopération axées sur l’éducation et la formation? La globalisation est une aussi une globalisation des problèmes, les solutions ne peuvent être trouvées sans une réflexion et une participation globales.

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