L’Ethiopie et l’Erythrée enterrent la hache de guerre

Signature de la déclaration commune entre le président érythréen et le Premier ministre éthiopien Signature de la déclaration commune entre le président érythréen et le Premier ministre éthiopien
Evénement exceptionnel pour l’Afrique. Après des décennies de guerre avec ses conséquences ravageuses sur les populations et l’économie de l’Ethiopie et de l’Erythrée, les deux pays ont enfin enterré la hache de guerre pour commencer une nouvelle ère de « paix et d’amitié ».

C’est le 9 juillet que le président érythréen Issaias Afewoki et le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed ont signé, à Asmara, la capitale érythréenne, une déclaration commune mettant fin à l’état de guerre entre les deux pays.

Les signes de détente étaient perceptibles dès juin 2018. Le nouveau Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed venait de mettre fin à un litige frontalier qui remonte à 1998. L’Erythrée avait alors accusé l’Ethiopie de grignoter sur son territoire tout au long des frontières longues de 1000 Km2.

Pour l’Ethiopie, c’est plutôt l’Erythrée qui avait envahi la zone de Badme, au nord-ouest de l'Éthiopie. Le conflit a fait plus de 80.000 morts et malgré un accord signé en 2000, la situation ne s’est pas calmée. En 2002, l’Ethiopie avait manifesté son désaccord avec la décision de la Cour d’arbitrage internationale de La Haye qui avait réparti les territoires disputés entre les deux pays, mais la région la plus contestée, Badme, a été accordée à l’Erythrée, d’où le rejet de la décision par d’Addis Abeba en 2003. Addis Abeba avait estimé que cette dernière n’était pas juste. Plus tard en 2004, l’Ethiopie accepte l’accord frontalier exigeant quand même quelques ajustements, refusés, là encore, par Asmara.

La tension remonte et les troupes bougent encore une fois dans la zone frontalière dès 2005. En 2016, une violente confrontation entre les deux armées fait plusieurs morts, sans que ni l’un ni l’autre des pays ne puisse déclarer victoire.

C’est au bout de ce processus qu’intervient la décision du Premier ministre éthiopien d’accepter les termes de l’accord de paix de 2000 et donc aussi les conclusions de la commission internationale indépendante sur la frontière. Cette décision a été précédée par la visite d’une délégation érythréenne en Ethiopie qui a ouvert la voie au rétablissement des relations diplomatiques le 8 juillet  2018.

Moment historique pour une région qui est considérée comme l’une des plus prometteuses économiquement. Dans leur déclaration conjointe d’Asmara, les deux pays ont décidé coopérer dans tous les domaines, commerce, transports, télécommunications…

Cette paix retrouvée, longtemps désirée par les peuples des deux pays, doit beaucoup à l’implication du prince hériter d’Abou Dhabi, Mohamed Ben Zayed Al Nahyan. Et c’est le ministre éthiopien des Affaires étrangères qui le confirme dans un tweet dans lequel il souligne que les deux pays sont reconnaissants envers les Emirats arabes unis pour les efforts qu’ils ont déployés pour rétablir les relations ente eux.

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