Le nain qui veut devenir géant à tout prix

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La chaîne américaine Al Hurra a diffusé une analyse très intéressante sur dévoilant les dessous de sa montée en puissance. Une puissance  achetée au prix fort, avec les complicités des frères musulmans et les milieux extrémistes. Sami et Ammar, les eux protagonistes de l’émission ont donné pour exemple de cette complicité l’évolution de la chaine télé Al Jazeera qui n’était pas au départ islamiste, mais qui l’est devenue plus tard pour appuyer le soutien de l’Etat qatari aux frères musulmans et les révoltes des pays arabes, connues sous le nom de « Printemps arabe ».

Il est curieux de constater que c’est le pays où les frères musulmans ne sont pas représentés. Ces derniers bénéficient de l’appui médiatique d’Al Jazeera et en retour, ils s’abstiennent de toute action à l’intérieur du pays.

Le Qatar qui fait face à plusieurs défis dont les coups d’Etats. Il y en a eu 12, mais on ne connait que ceux qui ont réussi. A cette menace externe, le Qatar craint aussi les menaces externes, surtout qu’il est inséré entre deux grands pays, l’Arabie saoudite et l’Iran. D’où sa recherche permanente de la sécurité pour laquelle il dépense des sommes astronomiques à travers des investissements eux Etats-Unis, en Grande Bretagne, en France et même en Russie.

Le Qatar emploie ses immenses richesses pour acheter sa stabilité. Il a racheté des parts du Russe Rosneft pour 9 milliards de dollars, le club français Paris Saint Germain et des parts dans plusieurs autres multinationales. Toutefois, le plus grand pari est celui de la rue arabe, auquel elle mobilise sa chaîne Al Jazeera mais aussi la construction de mosquées.

Un regard à 360° sur le Qatar © Vidéo Maroc
Le Qatar finance à coup de milliards la construction de mosquées à travers le monde, et notamment en France où son œuvre religieuse est de plus en plus visible à travers des mosquées géantes dans plusieurs villes. Il supplante ainsi le rôle des pays du Maghreb promoteurs d'un islam, tolérant et respectueux de la diversité.  Le nain emploie tous les moyens pour s’acheter une position de puissance régionale, au point qu’il apparaît comme le vrai leader.

Le Qatar est-il allé trop loin ? C’est ce que semblent affirmer les développements politiques dans la région après le boycott des pays arabes de la région, Arabie Saoudite, Emirats arabes unis et Egypte. Le pays gère trop de contradictions. Allié des Etats-Unis, il a des relations avec l’Iran. Un jeu subtil qui n’a pas manqué malgré tout de mettre le Qatar dans une situation intenable. L'alliance avec la Turquie, en lui permettant de mettre en place une base militaire, a accentué l'irritation des pays de la région.

 

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