Francis Bensimon
Abonné·e de Mediapart

35 Billets

0 Édition

Billet de blog 17 déc. 2018

L'Iran mis en échec au Yémen

La guerre du Yémen dure depuis 2014. Sur le terrain, la situation des rebelles houtis devient de plus en plus fragile. Les loyalistes, soutenus ar les pays de l'Alliance font échec au projet iranien des Mollahs.

Francis Bensimon
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Les forces de la coalition en soutien aux loyalistes yéménites

Le 4 décembre dernier, loyalistes yéménites et rebelles houtis s’étaient réunis à Stockholm, en Suède, pour un début de négociations de paix. La guerre imposée par les rebelles houtis, en sous-main de la république islamique d’Iran dure depuis 2014 et son bilan humain dépasse les 10.000 morts, sans compter les blessés les déplacés, les réfugiés…

Les rebelles qui refusaient même le principe des négociations, gonflés en quelque sorte par leur parrain iranien, se sont résolus à y participer, la situation sur le terrain n’étant plus en leur faveur.

En fait, ils avaient certainement sous-estimé la force du peuple yéménite qui s’est fermement opposé à leur projet par sa résistance, soutenu par les forces de l’alliance. Les Houtis ont été défaits à maintes reprises dans les régions qu’ils tentaient de contrôler. Victoire historique pour les Yéménites loyalistes, dont la détermination, sans faille, a compliqué la tache des rebelles qui ne s’y attendaient vraisemblablement pas. Les pays de l’Alliance, qui ont rapidement compris les intentions de la république islamique d’Iran ont été aussi prompts qu’efficaces dans leur réaction. Ils ont apporté tout leur soutien à un peuple obligé à pendre les armes pour se défendre. Les pays de l’alliance et la résistance du peuple yéménite ont ainsi réussi à réaliser des exploits militaires qui ont complètement perturbé tous les équilibres dans la région.

Guerre au Yémen : intensification des combats à Hodeïda © FRANCE 24

Les Yéménites ont traité la question comme un coup d’Etat ayant pour finalité de renverser le pouvoir légitime et installer, à la place, un régime docile pouvant être exploité pour fragiliser les pays du Golfe, et plus particulièrement l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.

La crise yéménite n’a pas seulement mis en échec les ambitions de l’Iran dans la région mais elle a aussi gagné au coeur du pays des Mollahs qui, ayant installé leurs proxys au Liban et en Irak veulent prendre les pays de l’Alliance en tenaille et leur imposer leur volonté. Néanmoins, le pays chiite, n’a sans doute pas prévu la résistance des Yéménites qui refusent toute ingérence dans les affaires internes de leur pays. D’autant plus d’ailleurs qu’ils connaissent bien le caractère terroriste mondial de l’Iran qui multiplie les attentats en Europe et aux Etats-Unis contre l’opposition qui milite pour une république démocratique et l’Etat de droit.

L’Iran se dit en faveur des négociations entre Yéménites. Ce n’était pas toujours le cas. Il a changé de tactique depuis que les rebelles houtis ont démontré qu’ils ne pourront jamais maîtriser le Yémen.

D’autre, part, les Mollahs qui dirigent le pays sont eux-mêmes confrontés à une crise interne aussi bien politique qu’économique. Les Iraniens sont en colère contre la dégradation de leur pouvoir d’achat: augmentation des prix de produits alimentaires et des loyers, dégringolade de la valeur de la monnaie nationale contre le dollar (plus de 50%), fermeture de commerces… Si bien que le Parlement, dans une proportion des deux tiers, a exigé un remaniement complet du gouvernement.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

Les articles les plus lus

À la Une de Mediapart

Journal
Valérie Pécresse, l’espoir inattendu de la droite
La présidente de la région Île-de-France a remporté le second tour du congrès organisé par Les Républicains, en devançant nettement Éric Ciotti. Désormais candidate de son camp, elle devra résoudre l’équation de son positionnement face à Emmanuel Macron.
par Ilyes Ramdani
Journal — Extrême droite
Chez Éric Zemmour, un fascisme empreint de néolibéralisme
Le candidat d’extrême droite ne manque aucune occasion de fustiger le libéralisme. Mais les liens entre sa vision du monde et la pensée historique du néolibéralisme, à commencer par celle de Hayek, sont évidents.
par Romaric Godin
Journal
Sous-effectif, précarité, règles obsolètes : le tracing est débordé par le coronavirus
L’assurance-maladie et les ARS, chargées du tracing des cas contacts, s’appuient sur un personnel précaire, rappelé en catastrophe à chaque rebond épidémique. Les cas contacts et une partie des cas positifs ne sont plus interrogés. Des clusters passent inaperçus.
par Caroline Coq-Chodorge
Journal
Du local au global, le mouvement climat assume de vouloir « faire école »
Finies les batailles en solitaire : le mouvement climat adossé aux luttes locales théorise désormais de voir les choses en grand. Un effort stratégique indispensable pour contrer l’appétit sans cesse renouvelé des aménageurs et industriels pour les « mégaprojets » et une certaine inertie politique.
par Mathilde Goanec

La sélection du Club

Billet de blog
« Une autre vie est possible », d’Olga Duhamel-Noyer. Poings levés & idéaux perdus
« La grandeur des idées versus les démons du quotidien, la panique, l'impuissance d’une femme devant un bras masculin, ivre de lui-même, qui prend son élan »
par Frederic L'Helgoualch
Billet de blog
Ah, « Le passé » !
Dans « Le passé », Julien Gosselin circule pour la première fois dans l’œuvre d’un écrivain d’un autre temps, le russe Léonid Andréïev. Il s’y sent bien, les comédiens fidèles de sa compagnie aussi, le théâtre tire grand profit des 4h30 de ce voyage dans ses malles aérées d’aujourd’hui.Aaaaah!
par jean-pierre thibaudat
Billet de blog
Sénèque juste avant la fin du monde (ou presque)
Vincent Menjou-Cortès et le collectif Salut Martine s'emparent des tragédies de Sénèque qu'ils propulsent dans le futur, à la veille de la fin du monde pour conter par bribes un huis clos dans lequel quatre personnages reclus n’en finissent pas d’attendre la mort. « L'injustice des rêves », farce d'anticipation à l’issue inévitablement tragique, observe le monde s'entretuer.
par guillaume lasserre
Billet de blog
J'aurais dû m'appeler Aïcha VS Corinne, chronique de l'assimilation en milieu hostile
« J’aurai dû m’appeler Aïcha » est le titre de la conférence gesticulée de Nadège De Vaulx. Elle y porte un regard sur les questions d’identité, de racisme à travers son expérience de vie ! Je propose d'en présenter les grands traits, et à l’appui d’éléments de contexte de pointer les réalités et les travers du fameux « modèle républicain d’intégration ».
par mustapha boudjemai