Emirats-France. Rencontre au sommet à Paris

 

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Cheikh Mohamed bin Zayed, le prince héritier d'Abou Dhabi a rencontré, mercredi 21 novembre, le président français Emmanuel Macron dans le cadre d'un sommet officiel à Paris. Les deux responsables ont discuté de questions de coopération bilatérale et présidé la signature de nouveaux accords.

Un accord pour une coopération renforcée en médecine et un deuxième entre la Banque publique d'investissement (BPI), la banque d'investissement française et Mubadala pour un projet de 300 millions d'euros, avec une marge de 700 millions d'euros supplémentaires pour investir dans les grandes entreprises promouvant l'innovation dans le secteur de la santé.

La France a d'importants contrats de défense avec les Emirats avec lequel elle entretient des liens politiques, culturels et économiques étroits. Avec 3,6 milliards d’euros d’exportations françaises, les EAU sont la deuxième destination d’exportation de la France dans le Golfe. Le volume des

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échanges bilatéraux s'élevait à 4,66 milliards d'euros en 2016 et plus de 600 entreprises françaises sont enregistrées aux Émirats arabes unis.

L’agence de presse des Emirats a rapporté une déclaration de Cheikh Mohamed, assurant que les deux pays « soutiennent les valeurs de tolérance, de promotion du dialogue, de l'interaction et de la coexistence entre les peuples, les civilisations et les cultures, rejetant l'intolérance et la haine et recherchant la paix, la stabilité et le développement au Moyen-Orient et dans le monde ».

Le Yemen devait être un centre d’intérêt important pour les deux chefs d’Etat surtout que les Emirats soutiennent le processus de paix conduit par l’ONU aux côtés de l'Arabie saoudite, des États-Unis et du Royaume-Uni. Ils ont d’ailleurs, mis en place ce mois-ci un comité chargé de s'attaquer à la crise économique et humanitaire au Yémen.

La visite du prince héritier émirati devait par ailleurs infléchir l’attitude des capitales européennes vis-à-vis du prince héritier d’Arabie saoudite Mohamed Bensalmane tenu pour responsable dans l’affaire de Jamal Khashoggi, le chroniqueur saoudien du Washington Post assassiné en Turquie.

On comprend alors pourquoi certaines parties ont bougé pour perturber la visite du prince héritier à Paris. Le Qatar, mais aussi la Turquie, ne verraient pas d’un bon oeil cette rencontre si elle devait déboucher sur un plaidoyer en faveur de MBS. Le Qatar qui bénéficie d’une présence assez forte en France, chercherait ainsi à contrer les initiatives de Cheikh Mohamed Bin Zayed et des Emirats.

L’Iran de son côté est sans doute très attentif aux résultats de cette rencontre au sommet, étant le parrain des chiites Houtis qui livrent la guerre au pouvoir légitime au Yemen et dont les conséquences sont désastreuses pour les populations du pays. Il faut rappeler, à ce titre, que les Emirats soutiennent le processus de paix mené par l’ONU aux côtés de l'Arabie saoudite, des États-Unis et du Royaume-Uni. Ils ont aussi mis en place ce mois-ci un comité chargé de s'attaquer à la crise économique et humanitaire au Yémen.

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