La tragédie grecque, une histoire sans fin

Un "Grexit" a hanté la zone euro jusqu'au dernier moment. Le marathon des réunions 'de la dernière chance' de ce week-end aurait, semble-t-il, abouti à des résultats (temporaires?) et selon Mme Merkel il n'est plus question d'un plan B. Si ces «solutions» survivent jusqu'à la fin de la semaine reste à voir. Les banques grecques ne seront sans doute pas encore ouvert les prochains jours et les Grecs seront en mesure de vérifier le nombre de trous qu'il reste à leurs ceintures. Quoi qu'il en soit, ils sont confrontés à un avenir d'encore plus d'austérité et de plus de pauvreté.

Selon l'accord des lois confirmant des points cruciaux devraient être voté au parlement grec avant mercredi soir. Cela se fera de toute façon. Avec l'aide de l'opposition. En effet, il est certain que certains députés de Syriza vont voter contre ou s'abstenir. La question est de savoir combien ils seront. Le gouvernement n'aura plus de majorité, ce qui va ouvrir la porte à une nouvelle majorité et une extension du gouvernement avec un ou plusieurs autres partis. To Potami y sera certainement représenté. Le parti libéral pro-européen et pro-entreprise, avec ses 17 sièges le quatrième parti en Grèce, est bien vu dans les institutions de l'UE et joui de la confiance de Mr. Schulz et Mr. Juncker. Si Mr. Tsipras reste premier ministre dépend de la dissidence dans ses propres rangs. Si elle est trop grande, il devra appeler à de nouvelles élections. Si Mr. Tsipras et Syriza survivront ces élections est pour le moment écrit dans les étoiles.

Après le vote au Parlement grec - sur la globalité de l'accord, n'a pas manque de préciser Mr. Dijsselbloem – plusieurs autres parlements de pays appartenant au groupe euro devront eux aussi approuver l'accord. Ce n'est que si tout ces obstacles auront été pris qu'on pourra parler d'une «solution». Combien de temps elle tiendra sera alors la nouvelle question qui se posera.

Quel que soit le résultat, l'Europe ne sera plus la même Europe. Ce sera une Europe d'au moins deux vitesses, d'au moins deux camps. Avec ou contre l'hégémonie de l'Allemagne sur la zone euro et par extension de l'UE. En lisant les titres de la presse européenne aujourd'hui on n'a pas besoin de plus d'explications. En Italie toute la presse, à droite et à gauche, se range contre l'Allemagne et parle d'un «diktat». En France, on se demande quelles sont les intentions de l'Allemagne et si la coopération de la France et de l'Allemagne, malgré les paroles apaisantes du premier ministre Mr. Valls, survivra. En Allemagne d'autre part, même le TAZ (Tageszeitung), plus ou moins de gauche et écologiste, soutient Mme. Merkel..

Sur Twitter depuis hier, le hashtag #ThisIsACoup (Ceci est un coup) est devenu l'une des tendances les plus populaires. Les internautes y vont à cœur joie contre l'Allemagne.

Ces derniers temps sur différents forums beaucoup de monde à posé la question pourquoi la Grèce a continué à accepter ces humiliations continus, pourquoi le pays a continué de siéger à la table et accepté de plus en plus de nouvelles exigences de ses créanciers. Pourquoi ne pas claquer la porte de l'euro et poursuivre sa propre voie en recommençant avec une nouvelle drachme?

Ce n'est pas si simple que ça. Le coût pour passer à une nouvelle monnaie est énorme pour un pays en faillite. Samedi, le 11 Juillet, Yanis Varoufakis, le ministre des Finances grec qui exaspérait Mr. Schäuble et Mr. Dijsselbloem et qui a démissioné le jour suivant le referendum de la semaine passée, l'a bien décrit sur son blog. Il a fait une comparaison avec ce que cela a coûté à l’Irak lorsque ce pays en 2003, après l'invasion et la chute de Saddam Hussein, a introduit le nouveau dinar.

 “Pour sortir de l’Eurozone, nous devrions créer une nouvelle monnaie à partir de zéro. Dans l'Irak occupé, l'introduction d'une nouvelle monnaie de papier a pris presque une année, 20 Boeing 747s, la mobilisation de la force d'armée des USA, trois sociétés d'impression et des centaines de camions. En l'absence d'un tel support, le Grexit reviendrait à annoncer une grande dévaluation plus de 18 mois à l'avance : une recette pour liquider tout le capital social grec et le transférer à l'étranger de toutes les façons possibles.”

Son article est intéressant. Non seulement pour cet extrait d'ailleurs. Il est recommandé de le lire en entier. Vous en trouverez d'ailleurs une très bonne traduction sur le blog Mediapart de Monica M. et dont j'ai copié l'extrait.

 

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